Au mois d’octobre je vous avais annoncé l’arrivée en notre belle capitale du groupe islandais de black métal atmosphérique AUDN. Un des meilleurs album de l’année et une découverte prometteuse, j’en suis persuadée.
Les islandais se sont produits le dimanche 3 décembre 2017 en première partie de GAAHL ‘s WYRD + THE GREAT OLD ONES  au Petit Bain à Paris. 
Hjalti Sveinsson  (chant) et  Andri Bjorn Birgisson  (guitariste) se sont prêtés au jeu de l’interview pour AMONG THE LIVING


Audn

Vous sortez de scène, est-ce votre premier concert à Paris ?

Hjalti : oui on est ravis c’est notre premier concert sur un bateau aussi. Le public a été top, le son aussi. J’aurai aimé avoir plus de temps pour découvrir Paris. On repart ce soir à minuit.

Andri : c’est super c’est aussi mon premier concert sur un bateau pour notre première grosse tournée.

 

AUDN a été créé en 2010 vous êtes tous des membres d’origine ?

Andri : oui nous sommes des amis avant tout et les membres de AUDN en second.

Hjalti : on a démarré à trois avec Adalsteinn  le guitariste et  Sigurdur le batteur à jouer pendant trois ans dans une cave puis Andri est venu et là les choses sont devenues plus sérieuses. Hjalmar le bassiste a vite intégré le groupe.

 

Comment se retrouve t-on en première partie de GAAHL ?

Hjalti : en étant invité à un mariage (rires)  où il était invité également.

Andri : c’est aussi simple que cela (rires)

Hjalti : en fait ce n’était pas supposé arriver aussi vite. On avait émis l’envie de faire une tournée avec lui et ça s’est concrétisé en quelques jours.

 

En tant que groupe Islandais, quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez pour  vous exporter ?

Andri : la difficulté majeure c’est l’océan (rires) mais aussi en Islande c’est compliqué car les voies ferrées n’existent pas chez nous, on doit conduire beaucoup.  Les sites sont difficiles d’accès.

Hjalti : Par contre l’Islande a les meilleurs tarifs aériens pour le Danemark, la Suède, ou la Norvège, c’est ce qui nous fait sortir du pays le plus facilement.

Andri : la principale chance que nous avons eue en ce qui concerne AUDN c’est  d’avoir rencontré les bonnes personnes surtout. C’est notamment d’avoir joué à EISTNAFLUG festival  à Neskaupstadur en Islande. C’est là que tout à commencé.

 

Ce soir comment avez vous choisi la set list ?

Hjalti : notamment du dernier album, c’est ce qu’on a envie de jouer.

 

Votre premier album éponyme vous a permis de trouver votre son ?

Hjalti : oui le premier album a été un « gros chantier ». Sur le second, on capture l’auditeur d’une meilleure façon.

Andri : le résultat final est beaucoup plus peaufiné sur notre dernier album, la post-production est plus organique. La manière d’écrire est différente également.

Hjalti : plus complexe et mature, enfin je trouve (rires).

Hjalti Sveinsson et  Andri Bjorn Birgisson !

 

Vos thèmes sont toujours épiques et fantastiques ?

Hjalti : oui mais avec un coté plus personnel et aventureux.

Andri : épique je dirais. Nous sommes assez portés sur l’univers Geek en général. Nous avons tous des groupes et des sources d’inspiration différentes dans le groupe mais HAM est notre préféré.

 

 « FARVEGIR  FYRNDAR » sorti cette année, est toujours inspiré par l’Islande et sa nature avec des textes plus émotionnels amenés par la mélancolie et la dépression ?

Hjalti : on parle de la dépression qui nous submerge à travers notre musique. Les textes ne sont pas faciles à expliquer mais notre musique le fait à merveille. Notre musique exprime ces moment difficiles que nous vivons.

Andri : il y a eue une grosse vague de suicides dans la scène métal l’an dernier. Du fait de notre situation géographique, le manque de lumière est réel mais n’est pas le seul facteur. En Finlande  notamment, ils ont les mêmes soucis. Je pense que les gens doivent parler plus entre eux, devenir plus ouverts. Parler de la dépression n’est pas chose facile mais cela aide à aller au fond choses. Il faut faire l’effort d’aller chercher ces sentiments difficiles pour les exprimer.

 

J’ai l’impression que c’est un thème récurrent en Islande ? Est ce que c’est quelque chose qui touche les islandais plus particulièrement ?

Hjalti : L’Islande est un petit pays qui fait beaucoup parler de lui, les gens s’y intéressent de plus en plus. Nous essayons de partager notre culture le plus possible, même entre nous, c’est important. Plus personnellement, on essaye de ne pas se perdre dans notre art  et dans nos vies.  La culture underground et métal est riche. J’observe les gens qui viennent aux concerts et nous avons tous la même connexion  entre nous. Au delà des pays. Une certaine propension à la noirceur et aux difficultés de la vie. Si tu cherches à te cacher cela grandi en toi.

 

SOLSTAFIR était en concert à Paris il y a quelques jours et Addi a parlé ouvertement de la dépression avant de chanter un titre.

Andri : il a perdu un ami de la dépression récemment. Il en a parlé à EISTNAFLUG aussi.

Hjalti : je ne sais pas si c’est plus dur pour les islandais mais être jeune en Islande n’est pas évident en ce moment. Les loyers sont de plus en plus chers. Il y a beaucoup de tourisme et tout se transforme en RB’N’B mais on a beaucoup de chance car c’est un pays très sûr, sans pauvreté.

 

Andri, que pourrais tu dire à propos de la nature islandaise ?

Andri : un trait de caractère des islandais est qu’ils restent dans leur coin et veulent être tranquilles. Ce ne sont pas des gens d’une nature ouverte.

 

J’ai été ravie de constater que ce soir, vous êtes d’heureux musiciens, on se retrouve en Islande prochainement alors ?

Avec plaisir, on va jouer à ORATION MMXVIII du 7 au 9 mars 2018  mais pas à Reykjavik Deathfest  (NDLR : du 17 au 19 mai) et l’on sera à EISTNAFLUG 2018  (du 11 au 14 juillet 2018) ce sont des expériences totalement différentes !

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