Download Festival Paris 2018 : Jour 4
Lundi 18 Juin 2018
(Photos Alain AFO)

 

Cette quatrième journée de festival semble avoir été rajoutée suite à l’annonce du passage en France des Guns N’Roses, tant la programmation est éparse. En opening, Volbeat, groupe Danois aux mélodies entraînantes, se place sur la Mainstage en attendant le clou de la soirée.

Heavy Metal sympathique mais sans surprise, le lineup sévit depuis 2001 avec un son assez actuel teinté de rythmiques parfois rockabilly. L’on pourrait leur reprocher des chansons qui peinent à se distinguer entre elles, aux sonorités trop répétitives. Néanmoins, la formation fait son job et reste une première partie très correcte pour les Guns.



Sur une scène annexe, Seether prend place et séduit avec un live de qualité.  Emblématique de la décennie passée, ce groupe de rock “emo” Sud-Africain des années 2000 n’est pas désuet 20 ans après, chose rare. Au contraire, le charisme légèrement dark de Shaun Morgan perdure, et apporte au festival quelques agréables réminiscences de l’adolescence de chacun.



Entre rock de teenager énervé avec Fake It, titre phare du groupe, et reprise de l’hymne Broken originellement chanté en duo avec Amy Lee, chanteuse d’Evanescence, la setlist est percutante et tient la route pour un live sans temps morts. Les quelques ballades rock sensibles ne laissent pas de marbre, teintées d’un style post-grunge particulier qui distingue la formation de ses comparses florissants durant la même décennie. Un show résolument fait pour ravir les fans de Skillet, Papa Roach, et Puddle of Mudd.

Last but not least, place aux Guns N’ Roses, sans doute l’élément le plus légendaire du Download Festival 2018. Comme à leur habitude – on ne change pas les rockstars – l’attente se fait longue, trop longue, ponctuée par une intro vidéo en 3D passant en boucle. Il faut dire que ce Not In This Lifetime Tour a de quoi faire couler de l’encre, et les gaillards le savent très bien ! Eux qui affirmaient encore très récemment ne jamais, de leur vivant, envisager une réunion scénique suite à une vieille brouille vingt-cinq ans auparavant.


guns


Cette reformation que l’on n’osait plus espérer se révèle plus qu’à la hauteur. Pour cette venue dans l’hexagone, le public se veut hétéroclite et intergénérationnel. A croire que les Guns ont marqué les esprits et l’imaginaire collectif, y compris celui des plus jeunes ! It’s So Easy. Les premières notes du tube résonnent alors que les gaillards débarquent sous des applaudissements qui s’étendent à des kilomètres.

Axl Rose fend la scène de son insolence fastueuse et démesurée dont on n’a jamais assez, incarnant à la perfection le mythe des rockstars des eighties dont le groupe est issu. Certes, plus empâté, plus âgé, mais avec une voix inchangée qui gravite dans les aigus comme pour conquérir des sommets toujours plus hauts. Dynamique, le bougre parcourt la scène en bandana, jean denim lacéré et lourde croix de diamants, son look de rebelle de luxe comme marque de fabrique.

Slash, guitar hero inégalable, reste stoïque sous son haut de forme et habille chaque chanson de ses solos virtuoses. Il est épaulé par son comparse Duff McKagan, bassiste sculptural et athlétique, resté fidèle à lui-même face au passage du temps. Le concert gagne des airs de revival, époque Use Your Illusion. Malgré une sympathique présence de quelques tubes plus récents issus de Chinese Democracy, la focale se fera sur les hits du groupe, durant l’âge d’or de celui-ci. Welcome to the Jungle, Estranged, Civil War, Sweet Child O’ Mine… La setlist est complète, dense, et comble l’audience électrique.

Dans un autre registre, on saluera la cover magistrale de Black Hole Sun, hommage digne de ce nom à Chris Cornell par un Axl qui se débrouille définitivement vocalement dans une variété de style impressionnante. Puis, moment balade avec November Rain, titre obligatoire sur lequel chacun a déjà versé une larme. Axl s’installe au piano, sur un semblant de Harley Davidson rutilante en guise de siège, le summum du luxe kitsch made in Hollywood.

Le final simplement grandiose sur Paradise City, feu d’artifice en prime, est la preuve que les Guns ne reculent devant rien. Après plus de trois heures de show magique, hors du temps, les drapeaux noirs affublés de la légendaire croix aux cinq crânes très glam s’agitent inlassablement sous une nuit d’été, qui restera un souvenir gravé dans l’âme de plus d’un festivalier.

 

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