Download Festival Paris 2018 : Jour 2
Samedi 16 Juin 2018
(Photos Alain AFO)

 


La deuxième journée du Download Festival sera assez pauvre, pourvue de groupes aux prestations majoritairement décevantes. Seul Avatar, programmé dans l’après-midi, saura se distinguer de ce triste constat.

Groupe de heavy metal suédois aux notes death qui sévit depuis bientôt 20 ans, Avatar est un concept unique et musicalement incroyable, associant mise en scène théâtrale et mythologie. Bienvenue au Royaume d’Avatar, temple fictif et chimérique, à la scène scindée de bannières rouges et or aux couleurs du blason du groupe. Jonas Jarlsby, alias Kungen – le Roi – guitariste impérial, fait son entrée sur scène en couronne et sceptre. Hail to the King! Entre cirque, freakshow, et décorum médiéval, Avatar est une révélation.



Johannes Eckerström, vocaliste au look de monsieur Loyal et au makeup de clown triste, est habité d’une vitalité sans faille. Agitant sa canne à pommeau tel un gentleman sombre, il évoque tour à tour Brandon Lee « The Crow » et le fameux Joker, aussi débridé et sans limites que ses alter egos virtuels. Entre rockstar et personnage, tour à tour sinistre et joyeux, Johannes fait preuve de reconnaissance chaleureuse face à un public qui le lui rend bien, ses « citoyens » d’Avatar Country.

Force de headbanging incessant, les musiciens infatigables enchaînent leurs tubes catchy, pas si éloignés de leurs voisins Ghost. Avatar, c’est un concept groovy, dansant et entraînant, ponctué de passages en deathgrowl très plaisants. Un groupe doté d’un imaginaire si riche reste trop rare, et donne envie de s’y égarer le temps d’un live.

En guise d’opening pour The Offspring, têtes d’affiches les succédant, NOFX délivre un set sympathique, très coloré et fun. Au menu, déconnade, punk rock et déguisements – Fat Mike, guitariste en robe rose, est un show à lui tout seul ! A cinquante ans, les bougres s’éclatent comme personne. Cela en serait presque contagieux, si on ne déplorait pas un certain manque de musicalité dans leurs tubes pourtant entrainants !



Le punk vieillirait-il mal ? Question ouverte suite au live affligeant des Offspring, loin, très loin de leurs débuts de qualité. Dexter Holland, frontman peroxydé, s’est empâté en l’espace de quelques années. Autrefois novateur et énergique, The Offspring tombe de son piédestal pop punk Californien, où il fut érigé à juste titre dans les mid-nineties. Des faussetés dans la voix, Dexter ne fait qu’écorcher les excellents Self Esteem et The Kids Aren’t Alright. Les hymnes adolescents du groupe, autrefois joyeusement régressifs, en perdent leur portée planétaire de façon décevante.

Désormais l’ombre d’eux-mêmes, The Offspring ne parviennent pas à nous propulser vingt ans en arrière… Les tubes sont sans saveur, meublant un show longuet qui n’a pas – ou plus – lieu d’être. Le comble étant probablement une reprise d’AC/DC incongrue, avec un Whole Lotta Rosie manquant cruellement de justesse vocale, pour meubler un set sans inspiration. Désormais habitués des festivals estivaux, The Offspring ne s’écoutent plus jouer en live. Il faudra ressortir les cassettes de l’époque pour profiter de leurs tubes catchy.

Tête d’affiche de cette deuxième journée de festival, Marilyn Manson a la capacité de prouver qu’il est possible d’être encore plus médiocre que The Offspring, ce qui n’est pas chose facile. Monstre sacré que l’on ne présente plus, grand ponte du métal indus et symbole fort de la communauté goth des années 2000, Manson en aurait-il assez de la scène ? Le bonhomme semble avoir fait le tour de son personnage, qu’il a usé au fil des années.



Assez chancelant, pitoyable, grotesque, le chanteur débarque sur une scène dépouillée avec un manque d’entrain plus que visible. Chaque chanson d’une monotonie assez révoltante est suivie d’une pause, Manson allant et venant entre les coulisses et la scène. Tourmenté, il semble en pleine altercation avec ses musiciens et son équipe. L’on semble assister à une répétition de l’artiste, en pantalon et chemisette noire sans charisme, loin du Manson de la décennie passée. Aucune provocation, aucune subversion ici. Il ne reste donc plus grand chose…

Seuls les deux derniers tubes de son dernier album Heaven Upside Down, Say10 (y lire Satan, en toute évidence) et Kill 4 Me, ont de l’intérêt musical, avec une composition catchy et mélodique. Il est surprenant de voir à quel point le bonhomme attire encore des hordes de groupies, malgré cette déchéance indéniable. Le temps d’une chanson, le frontman en fait monter une sur scène munie d’une pancarte – moment gênant et absurde, loin de l’idée que l’on peut se faire d’un vrai show rock n’roll. Malgré ce live sans intérêt, Manson reste soutenu corps et âme par une fanbase dense, fidèle et aveuglée, qui ne faiblit pas.  


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