Entretien avec Chris et Geoff, respectivement chanteur et guitariste de DREAMCATCHER, à l’occasion de la sortie de leur prochain album « Blood On The Snow » qui sortira le 13 octobre 2017.

 dreamcatcher


Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?

Chris : Je suis Chris le chanteur de DREAMCATCHER, à l’origine de la formation du groupe qui, lui, s’est créé en 2001. DREAMCATCHER a sorti une première démo en 2006, puis un premier opus en 2012 et vient de sortir son dernier né Blood On The Snow (Sortie le vendredi 13 Octobre).

Geoff : Je suis Geoff, le guitariste du groupe.

Qu’elles sont les principales difficultés auxquelles un groupe comme DREAMCATCHER est confronté ?

Chris : DREAMCATCHER a eu au fil des années pas mal de changements de line up, en fonction de la vie et des envies des uns et des autres. Mon ami Geof est avec nous depuis 2007, tu peux même dire que tu es un membre historique (rires).
Il faut être clair aujourd’hui, au-delà de nos productions, de nos images et vidéos, et à l’instar de la plupart des groupes français, voire même pour une partie des groupes étrangers, nous sommes des amateurs, des artisans. Nous sommes tous au mieux des semi pros. Les difficultés sont de deux ordres. Il faut en premier lieu concilier notre vie de famille, notre vie professionnelle et notre activité musicale. Et l’autre difficulté majeure est économique.
C’est un milieu où il n’y a pas d’argent, ou il n’y a que des passionnés et pas mal d’aprioris. La difficulté réside à trouver des gens qui nous fassent confiance, trouver des dates, de se faire accepter. Personne ne nous attend, on doit faire nos preuves.

Geoff : Il y a eu un gros changement en 2008, et aujourd’hui nous avons deux nouveaux musiciens dans le groupe, depuis 3 ans pour l’un et quelques mois pour l’autre. La difficulté est aussi dans la gestion des départs, des envies des musiciens quant à leurs influences, de tenir un projet commun stable.

Quelle est le modèle économique de DREAMCATCHER ? Vous travaillez tous ? Y a-t-il des  professionnels dans le groupe ?

Chris : ll y a Vincent le bassiste qui joue dans WORMFOOD et dans un autre groupe de Blues. Il est dans le milieu, il a un studio d’enregistrement et cela lui permet d’en vivre. Pour les autres on bosse tous.
Geoff : Avant nous avions un guitariste (Denver) qui vivait de sa musique




Parlez moi un peu de la conception de ce nouvel album, qui fait quoi et comment travaillez-vous ?

Geoff : Sur les précédentes productions c’est Chris qui amenait à la fois la musique et les textes. Mais pour Blood On The Snow il nous a laissé la chance de plus nous exprimer. Il amène toujours les textes. On travaille pas mal en répet avec les parties de tout le monde pour construire les morceaux. Cela peut partir d’un riff par exemple. Le premier album avait cette particularité d’avoir beaucoup d’empreintes différentes, et c’est ce que j’ai aimé en intégrant le groupe. Et j’ai voulu que l’on ressorte cela dans ce nouvel opus voire même qu’on aille plus loin.

Chris : La musique peut amener les paroles. On a la chance d’être tous au même endroit, ce qui favorise le mode repet et c’est une bonne chose. On n’arrive jamais en repet avec des morceaux tout fait.

Avez vous déjà un retour des fans sur les nouvelles compositions?

Chris : On n’a pas encore de recul sur Blood On The Snow car il n’est pas encore sorti. Mais au regard du matériel que nous avons déjà diffusé, nous avons des retours plutôt positifs, notamment au niveau de la production de l’album.

Geoff : Le retour « concert » des nouvelles compos sont plutôt bonnes. On nous dit que la patte DREAMCATCHER est bien là, et qu’il y a de l’évolution. 

Vos influences sont très marquées (Iron Maiden, Thrash Old School), pensez-vous que c’est un atout ou parfois un inconvénient ?

Chris : Le côté « Old School » est assumé, on ne va pas faire de la « modernité » pour le  plaisir d’en faire. Quelque part on s’en fout, c’est un peu ça DREAMCATCHER. On fait ce qu’il nous plait sans tenir compte des modes.

Geoff : On ne renie pas nos influences mais on s’en nourri plutôt. Maintenant nos influences au sein du groupe sont très différentes entre les musiciens. Moi par exemple je suis plus axé sur le Death, Chris sur Maiden, Djo sur Pantera et cette scène-là, et Nico notre batteur plutôt axé sur Meshuggah et Dream Teather, cela te montre le panel très large d’influences au sein du groupe. La difficulté est donc d’amener nos influences sans pour autant se départir du style DREAMCATCHER.

Chris : Un autre exemple d’adaptation des uns aux autres, c’est mon chant. A une époque je devais être dans une certaine recherche de « performance », chantant très haut et à la limite de mes capacités vocales. Tout simplement parce que je voulais faire mon petit Dickinson (rires).
Du coup on a redescendu tous nos morceaux d’un demi ton, ce qui leur a apporté une profondeur et une grosse aisance pour moi et mon chant.

Tu prends des cours de chant, tu es coaché ?

Chris : J’en ai pris au début, mais plus depuis des années. Aujourd’hui je pense que je sais ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire. Je me suis « auto coaché » (rires).

Geoff : Quand on a fait les maquettes de cet album, nous avons exploré différentes techniques de chant. Je voulais le faire un peu plus growler, poser une voix plus grave. Même si on n’a pas retenu cette option, cela nous a fait réellement travailler sur le positionnement de la voix ce qui a été bénéfique lorsque nous sommes rentrés en studio pour l’enregistrement final.

Quels sont les thèmes que vous abordez sur Blood On The Snow, ainsi que vos sources d’inspiration ?

Chris : Sans être un concept album en soit, il faut bien dire que les thèmes abordés ici sont liés.  Le groupe s’appelle DREAMCATCHER, non pas parce que l’on trouvait ça joli comme nom, mais bien par la passion que j’ai de la culture amérindienne.  Dans l’opus il y a 3 morceaux rattachés à ce thème là avec Blood On The Snow qui parle du massacre de Wounded Knee, Dreamcatcher qui traite de la difficulté d’un indien à intégrer sa culture dans le monde moderne et Mother Earth qui a aussi un côté écologiste. Nous avons aussi un thème récurrent avec celui des films d’épouvante et l’horreur. Le lien c’est le sang en fait. Thématique que l’on retrouve sur la pochette de l’album.



Vous dédiez cet album à la mémoire de Guillaume Barreau Decherf, qui faisait partie des victimes de l’attentat du Bataclan en novembre 2015. Pouvez-vous nous dire quelle relation vous aviez avec lui qui était un grand fan de Iron Maiden, et qui a d’ailleurs salué sa mémoire lors de son passage au Download.

Chris : En fait c’est parti d’une initiative personnelle l’hommage à Guillaume par Iron Maiden. C’est mon drapeau qui était sur scène. Après avoir rencontré le staff de Maiden à qui j’ai expliqué la démarche de cette initiative, ils ont fait le nécessaire sans problème.
Avec Guillaume notre amitié remontait à plus de 25 ans. On s’est connu à l’époque ou il faisait de la radio et moi je débutais mes premiers groupes. On s’était promis d’aller au bout de cet album. Nous avons joué un morceau acoustique de DREAMCATCHER à ses funérailles, et pour nous c’était quelque chose d’important et qu’il fallait faire.

Quelle est la principale critique que tu pourrais faire de cet album?

Geoff : Il y a toujours des détails perfectibles,mais globalement nous sommes vraiment très contents. 

Chris : Peut-être de réduire le process de création qui a pris vraiment du temps.

Geoff : Pour le prochain on fera probablement différemment.

Quel est votre meilleur souvenir « live » en tant que groupe ou juste fan de métal ?

Chris : Il y en a tellement. Mais probablement le Clive Aid organisé par DREAMCATCHER, concert caritatif donné pour lutter contre la sclérose en plaque. Nous avons remis le chèque à l’association Clive Aid en main propre à Clive Burr (premier batteur de Iron Maiden ayant succombé à la maladie en 2013). Tu rencontres à la fois ton héro d’enfance et en plus tu as l’impression de servir à quelque chose. Mais sinon, l’histoire du drapeau pour Guillaume ce fut une grosse émotion.

Geoff : Pour ma part, mon premier concert de Maiden fut une énorme claque pour moi. Mais tellement d’autres aussi.


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