Entretien en compagnie de Frédéric et Stéphane, les deux guitaristes de Sinsaenum. C’est en pleine effervescence du Download Festival que nous évoquons ensemble le superband international, aux thématiques nihilistes propres au death metal. 


Sinsaenum frédéric leclercq stephane buriez


Pourriez-vous vous présenter, et préciser votre rôle au sein de Sinsaenum ? 

Frédéric : Frédéric Leclercq, je suis dans le groupe depuis le début. C’est moi qui l’ai créé, je suis le guitariste.

Stéphane : Je m’appelle Stéphane Buriez, je suis également guitariste.

Vous êtes ce que l’on peut appeler un superband. Comment se passe le processus de création, en sachant que vous venez tous d’univers différents ? 

Stéphane : Il n’y a pas d’univers différents. On fait tous du metal, que ce soit du death metal ou d’autres genres de metal. C’est ça qui nous a réuni. On aime tous la même chose, sinon on ne ferait pas ce groupe-là.

Frédéric : Pour le premier album, j’ai tout composé. Après, j’envoie toujours les morceaux aux autres membres pour avoir leur aval. Vu qu’ils ont des personnalités fortes musicalement, le morceau va prendre une autre tournure. Pour le nouvel album, j’ai encore composé la majorité des morceaux, mais les autres membres ont participé. On a tous collaboré. C’est bien, parce qu’il n’y a pas de questions d’ego dans ce groupe. Ca a commencé parce que c’était un projet que je voulais faire depuis super longtemps. Je continue à être le principal compositeur, mais nous avons bien compris vers où l’on se dirigeait.

Sinsaenum a été créé il y a deux ans. Quels sont les changements principaux qui sont arrivés dans le groupe depuis ses débuts ? 

Stéphane : Sur cet album, Attila, l’un des chanteurs, ne pouvait pas être là. Il a cependant essayé d’être présent sur le processus de création et a fait des backing vocals. Le lineup n’a pas changé. Peut être que la méthode de travail s’est transformée, car maintenant nous arrivons plus à nous réunir pour travailler ensemble.

C’est assez atypique d’avoir deux chanteurs dans un groupe de metal. Comment vous est venue cette idée ?

Frédéric : Ce n’était pas prévu comme ça. Je voulais avoir un seul chanteur à la base, je n’avais pas pensé à deux. Pour moi, deux chanteurs, c’était plus dans les groupes de hip hop ou de hardcore ! Je voulais travailler avec Sean, avec qui j’avais déjà tourné. Au même moment, Joey pensait à Attila. Je le connaissais aussi, et c’est vrai qu’il a vraiment une voix particulière. Comme ça a vraiment bien fonctionné, il a fait tous les morceaux et il a participé au premier album.


Stéphane buriez


Votre nouvel album va sortir le 10 Août. Que pouvons-nous en attendre ?

Stéphane : De la haine, de la noirceur, et tout ce que l’on peut attendre pour un album qui s’appelle Repulsion For Humanity ! Le titre résume bien ce qu’il y a dans l’album, notre haine du genre humain et de l’homme au sens large du terme.

Musicalement, est-ce que l’on reste dans la même lignée que votre album précédent ?

Frédéric : Le premier album, je l’ai écrit sur une période assez large. J’ai pris mon temps. Il n’y avait pas de but, si ce n’est celui d’écrire des morceaux de death comme je l’entendais. Je voulais vraiment que l’on puisse cocher toutes les cases du « manuel » du death.
Comme je viens d’un groupe qui n’était pas de ce genre-là, je ne voulais vraiment pas souffrir de critiques. Maintenant que nous sommes établis, je ne me pose plus la question de comment ça va être perçu. Ça reste très violent, mais il n’y a pas de cahier des charges, on a juste écrit des morceaux, qu’ils soient rapides, lents, ou avec du synthé par-dessus. On ne s’est pas inscrits dans un genre particulier.

Sinsaenum s’inscrit tout de même dans un death metal traditionnel, avec des thèmes abordés assez noirs. Est-ce que les paroles ont été composées dans cette optique-là ?

Frédéric : Oui. Forcément, l’être humain n’est pas exceptionnel. Tous les niveaux de haine abordés finissent par tourner en rond. Que tu parles de serial killers ou que tu parles de mort, tous les sujets se recoupent. Parfois, on trouve une interprétation aux morceaux seulement après, une fois que c’est fait. Certains parlent de livres, ou de films d’horreur.
Par exemple, nous avons un titre qui s’appelle Nuit Noire, qui est tiré d’un livre français du même nom. C’est le journal intime d’un tueur. On s’enfonce vraiment dans le cerveau du personnage, ce qui va te ramener à toi-même. Tous ces travers nous intéressent.  

Je trouve ça stupide, tous ces gens qui passent leur temps sur les réseaux sociaux à juger les autres. Je trouve qu’on ne sert à rien, et si on me demande de détruire l’humanité, je n’hésiterai pas une seule seconde à dire oui. Autant transformer toute cette haine et cette violence en musique.
C’est quelque chose qu’on sait faire, comme ça on ne pète pas les plombs. On essaye de transformer cette violence en nous en quelque chose de positif. Ce n’est pas du chiqué, dès que je me lève le matin je ressens ça. Ce n’est pas pour « faire méchant ».

Enfin, quels sont les projets de Sinsaenum à venir ?

Stéphane : Avec la sortie de notre nouvel album, nous allons faire une tournée, chose que nous n’avons pas pu faire sur l’album d’avant. On part en tournée Européenne à partir du 28 Septembre, où nous allons jusqu’en Russie pour un mois.
Cela sera notre préoccupation principale pour les mois à venir. Il y aura également pas mal de dates en France, y compris à Paris. Nous avons voulu que la France ne soit pas délaissée durant cette tournée, comme il y a quand même trois français dans le groupe. On prépare un spectacle qui va vous ratatiner la gueule !


One Comment

  1. […] métal résolument moderne. Avec la même équipe, et sous la houlette du magicien Francis CASTE, Frédéric Leclercq bonifie son projet sans contrainte et au gré des influences de chacun pour un rendu à la hauteur […]

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