Entretien avec Matt responsable de la programmation du INTERCEPTOR Festival

Du 5 au 8 Octobre 2017 à Bordeaux


interceptor

Photo by @Philippe BAREILLE


  • Bonjour, pouvez-vous vous présenter pour Among The Living ?

Bonjour, moi c’est Matt. Je m’occupe de la prog du festival. Je travaille pour une salle à Bordeaux qui s’appelle la Rock School Barbey et on a monté ce festival avec le Void, une autre salle de la ville. Nous avons décidé d’unir nos forces et nos amitiés pour faire ce festival, malgré la différence de prog des deux salles mais toujours avec ce même amour du live et du son des deux équipes.

  • Bordeaux semble plutôt boudée comme ville concernant les concerts de Métal (comme le sud en général). As-tu une explication ?

En fait c’est un problème tout bonnement matériel. Les grosses tournées ne passent pas dans nos villes car c’est peu rentable et aussi parce qu’elles ne connaissent pas vraiment les endroits. Le bassin de population n’a pas les mêmes moyens qu’à Paris par exemple et c’est difficile d’appliquer les mêmes tarifs ici (comme en Espagne par exemple ou c’est encore pire). En même temps il y a un paquet de concerts à Bordeaux, tu peux facilement en trouver un par soir. La scène rock au sens large se porte bien dans la région.

  • Pourquoi choisir de faire un Fest Extrem ? C’est par amour du genre ?

Carrément oui. Et encore on est soft (rires).

  • Il y a une « cohabitation » de genres particulière sur votre affiche non ? Comme avec SWANS ou BABY DEE par exemple.

Tu sais un groupe comme SWANS est plutôt fédérateur de genres. Tu te retrouves avec beaucoup de fans de divers styles qui écoutent ce groupe. BABY DEE est un peu un ovni c’est vrai mais le personnage est vraiment excellent et ce n’est pas incohérent sur l’affiche.. Peut-être que musicalement certains ne vont pas kiffer, mais la découverte vaut le coup et c’est aussi ça l’essentiel.

 Pourquoi ce nom ?

 Il fallait que l’on se mette tous d’accord sur un nom et celui-ci nous a semblé bien cool. C’est le nom d’une bagnole, celle de Mad Max et c’est vraiment trop classe (rires). Elle trace, elle est noire et un peu dégueu, cela colle bien à l’affiche.

  • Comment se monte et se conçoit un festival pareil ?

C’est en mode associatif. On a réuni les deux structures pour ce fest. Cela se conçoit assez rapidement, elle est encore en construction d’ailleurs. En fait on fait ça un peu à l’arrache et cela fonctionne plutôt bien (rires).

  • Financièrement comment faites-vous, vous avez des sponsors ?

Non nous n’avons pas de sponsors. On bénéficie d’un peu d’argent public mais après je ne pourrai pas trop te dire. Il y a des gens dont c’est le boulot de s’occuper de ça et ils le font très bien.

  • Il y a une explosion des Festivals aujourd’hui, de toutes tailles. Le modèle économique des groupes ayant changé et les forçant à tourner pour vendre, comment vous placez vous sur ce marché étant en Indoor ?

Cela rejoint ce que tu disais tout à l’heure concernant la difficulté de faire venir des groupes dans le sud. Si tu ne réunis pas tout ça sur un festival c’est compliqué d’avoir tous ces groupes d’un point de vue économique. C’est un format qui n’existait pas vraiment à Bordeaux.

  • Comment avez-vous monté l’affiche ?

Aux coups de cœur. Comme nous sommes une bande de potes avec cette même envie de live, du coup on échange nos envies, on invite des potes musiciens, et l’affiche se monte petit à petit comme ça.

  • Il y a pas mal de groupes étrangers. Ce sont des groupes qui tournent en ce moment ?

En fait non. La plupart on les a fait venir pour l’événement. Cela fait environ 8 mois que l’on bosse sur le festival et si on voulait tel ou tel groupe il fallait l’inviter.

  • Avez-vous eu des refus catégoriques ou des déceptions ?

Pas vraiment. Enfin il y a bien deux groupes qui m’ont déçus quant à leurs attitudes, mais dans l’ensemble ça va.

  • Pourquoi avoir choisi cette période de l’année ?

C’est une période peut être un peu risquée mais bon, en même temps cela arrive après les fest d’été et du coup ça permet de continuer sur la lancée. De plus les jauges des salles étant de petit volume, on a un taux de remplissage plutôt bon. On invite même nos potes à se dépêcher de prendre leurs places pour ne pas se retrouver sur le carreau.

  • Vous avez imaginé faire ce fest en extérieur ?

Ce serait bien, c’est un fantasme oui. Il y a des terrains et des espaces c’est sure, et une certaine volonté politique aussi. Certains élus se posent la question du « pourquoi » il n’y a pas de festival comme cela dans la région, et ce n’est pas faute d’avoir essayé et fait des demandes dans ce sens-là.

  • La pérennité du festival dépendra du succès de cette première édition ?

Si on remplit c’est sure à 400% que l’on remettra le couvert. Si ce n’est pas le cas, on en tirera des leçons pour corriger le tir. Il y aura des gens de toute la région qui viendront, avec des gens de Nantes, Bilbao, etc… Je ne suis pas vraiment inquiet.

 


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