orden ogan seeb


C’est à Paris que nous avons récemment rencontré Seeb, l’un des membres d’Orden Ogan, qui sort son nouvel album, Gunmen. Le chanteur/guitariste nous en dit plus sur sa confection et le parcours de ce groupe de power metal qui monte, et que l’on pourra retrouver sur les planches du Petit Bain, en compagnie de Rhapsody Of Fire, 15 octobre prochain.

Entrons directement dans le vif du sujet. Comment avez-vous abordé la création de Gunmen, votre nouvel opus ?

Pour réaliser notre précédent album, Ravenhead, nous nous sommes en premier lieu focalisés sur les refrains, à partir desquels nous avons écrit le reste des chansons. Cette fois-ci, nous avons bossé de façon différente et avons travaillé chaque morceau dans sa globalité. Cela est sûrement dû au fait qu’auparavant, nous écrivions constamment, mais chacun de notre côté, et nos idées étaient alors plus diffuses. Les choses ont changé quand je suis devenu producteur à plein temps. Il est maintenant plus simple pour moi de réunir tout le monde pour travailler. C’est donc en septembre l’année dernière que nous avons décidé de nous enfermer tous ensemble dans une pièce pour nous consacrer à la composition de Gunmen. Timo, le directeur de notre maison de disques, a d’ailleurs tout de suite noté la différence. Il m’a appelé après l’avoir écouté et m’a dit que notre enthousiasme et notre cohésion se ressentaient à travers la musique. Entre l’écriture et l’enregistrement, Gunmen nous a demandé quasiment dix mois de travail.

Vous avez pourtant fini de composer les titres à la fin de l’année dernière…

C’est exact. Etonnamment, nous avons écrit le disque assez rapidement. Il faut dire que, par le passé, je me suis toujours chargé de l’intégralité, ou presque, de la composition, ce qui était très chronophage. Mais notre line-up est maintenant stable depuis plusieurs années, ce qui a amené Dirk (batterie) et Tobias (guitare) à participer de plus en plus à la réalisation de nos opus, et plus particulièrement à celle de Gunmen. Nous avons énormément tourné depuis qu’ils ont intégré le groupe. Ils sont maintenant totalement imprégnés de la musique d’Orden Ogan, ce qui facilite le processus de création. Dorénavant, nous avons tous la même vision. Les autres membres du groupe savent pertinemment le résultat que je souhaite obtenir, et ils me font totalement confiance, que ce soit sur le plan musical ou de la production. Je suis toujours celui qui prend les décisions finales et qui fait le tri parmi les idées proposées – et crois-moi, beaucoup d’entre elles sont stupides ! -, mais Gunmen est indéniablement l’aboutissement d’un réel travail collectif. J’essaie d’être le plus à l’écoute possible et je n’hésite pas à expérimenter. Ainsi, je m’aperçois qu’une idée qui ne me plaisait pas au départ s’avère finalement pertinente. Aujourd’hui, je peux vraiment compter sur tout le monde et je me sens soulagé.

D’autant que tu es maintenant le seul membre originel du combo…

Oui, mais cela fait bien trois albums que notre line-up est stabilisé. Notre histoire donne l’impression que nous avons souvent changé de personnel, mais, à mes yeux, Orden Ogan existe réellement depuis 2008, date à laquelle nous avons sorti Vale. Avant cela, nous étions un groupe amateur qui ne savait pas vraiment dans quelle direction aller et dont la musique n’avait rien à voir avec ce que nous proposons depuis près de dix ans. Cette entité a d’ailleurs officiellement splitté en 2006, pour se reformer avec des musiciens différents et une nouvelle approche. J’ai cependant décidé de conserver le nom Orden Ogan, qui est une sorte d’hommage à ces années de galère, où nous passions nos heures perdues à répéter dans un garage. Je reconnais qu’il aurait peut-être été plus judicieux de changer de patronyme, ne serait-ce que pour en avoir un qui soit un peu plus facile à mémoriser ! (Rires) Quoi qu’il en soit, j’ai toujours été le moteur du groupe, celui qui cherchait à l’imposer et à en faire ce qu’il est devenu aujourd’hui. Bien sûr, perdre trois musiciens en 2010, juste après la sortie de Easton Hope, n’a pas été une partie de plaisir. Mais, comme je l’ai dit, Niels (basse) et Dirk sont parfaitement intégrés, et je ne me sens pas “seul” en tant que membre le plus ancien.



Une fois n’est pas coutume, tu as produit Gunmen. Penses-tu qu’un jour tu auras envie de bosser avec un producteur extérieur au groupe ?

Non, je ne crois pas. Nous essaierons peut-être de confier le mixage à quelqu’un d’autre, mais pas la production. Pour ma part, j’apprécie beaucoup le travail d’Andy Sneap (Arch Enemy, Accept) et il est l’une des rares personnes, avec Colin Richardson (Machine Head, DevilDriver), à qui je pourrais confier mes compos pour les mixer. Pour le reste, à savoir déterminer la longueur d’un morceau, la place d’un refrain ou encore l’ajout d’un instrument, je pars du principe que personne ne peut savoir mieux que moi la manière dont Orden Ogan doit sonner.

Est-il plus facile pour toi de produire ta propre musique ou celle des autres groupes ?

Je dirais que cela revient à peu près au même. Quand je travaille sur mes propres compos, je prends les décisions plus rapidement car je n’ai pas besoin de demander son avis à qui que ce soit, pas même à mes musiciens. Mais il y a cependant un piège quand tu es à la fois compositeur et producteur, car le premier a tendance à prendre le pas sur l’autre. Par exemple, quand j’ai confié le mastering de l’album To The End à un ami, il m’a appelé en catastrophe pour me dire que les parties de clavier sur la cinquième piste étaient beaucoup trop fortes. En fait, je les avais rajoutées juste avant de tout lui envoyer, sans m’apercevoir que le résultat était atroce ! (Rires) Ce genre de déconvenue intervient quand tu es trop concentré sur quelque chose et que tu n’as plus le recul nécessaire pour l’apprécier correctement. Heureusement, ces petites erreurs ont tendance à disparaître avec l’expérience…

Quelle a été la partie la plus difficile à maîtriser en studio ?

Pour moi, le fait d’être à la fois producteur, chanteur, guitariste et claviériste ! (Rires) Cela fait beaucoup de choses à gérer, je ne vais pas le nier. La situation peut devenir rapidement stressante et frustrante quand tu as l’impression que tu ne pourras pas tout faire. Ceci dit, j’ai maintenant plus d’expérience et, pour Gunmen, tout avait été très bien planifié à l’avance. Cela aurait dû me mettre à l’abri d’un éventuel coup de stress. Mais à la fin de l’année dernière, on m’a proposé de mixer le nouvel album de Rhapsody Of Fire, ce qui ne se refuse pas ! Cela devait se faire principalement en janvier, donc en plein milieu de l’enregistrement de notre propre disque. En plus, ROF a dû ré-enregistrer des parties de guitare, ce qui nous a fait prendre du retard sur le planning, et donc sur celui d’Orden Ogan… J’ai jonglé entre les deux projets pendant plusieurs semaines, pendant lesquelles mes nuits ont été très courtes et mes nerfs à fleur de peau ! (Rires) Au final, je suis fier du résultat obtenu sur les deux albums, donc le jeu en valait la chandelle.

Gunmen est-il un concept album ?

Non, pas vraiment. Le seul fil rouge est l’univers “dark western/fantasy” dans lequel se déroule la plupart des actions. J’aime travailler autour d’un thème et jouer avec le vocabulaire qui s’y rapporte. Cependant, certains titres ont une trame plus métaphorique, comme “Vampire In Ghost Town“. Cette chanson parle d’un type qui vit une relation compliquée avec une fille qui a de mauvaises intentions, et qui pompe l’énergie des gens, comme un vampire qui suce le sang de ses victimes. Ce mec fait alors des efforts pour changer, mais, au final, il se retrouve tout seul, d’où la référence à une ville fantôme.

Sur Gunmen, on peut entendre un bon équilibre entre les mélodies, les refrains entraînants, les parties symphoniques… N’est-il pas trop compliqué de combiner tous ces éléments ?

Non, dans la mesure où nous savons que ce que nous faisons. Nous savons où nous voulons aller et traçons sans mal le chemin que nous devons emprunter pour parvenir à un résultat satisfaisant. Avoir des doutes et essayer différents trucs n’est jamais bon signe, mais, heureusement, nous n’en sommes pas encore là !

Vos racines sont définitivement ancrées dans le power metal classique, mais Gunmen n’est pas dénué de modernité…

Chaque musicien a ses propres influences qui remontent généralement à son adolescence, voire à son enfance. Par exemple, quand tu écoutes un album de Blind Guardian, tu comprends que le groupe a été influencé par Queen. Nous ne dérogeons pas à la règle. Dirk écoute beaucoup Meshuggah et Periphery, j’aime le death metal… Quand nous avons grandi, le metalcore était aussi très à la mode. Nous avons été imprégnés de plusieurs courants musicaux, ce qui explique pourquoi il nous est facile d’incorporer des éléments provenant de différents horizons sans passer pour des Aliens.

Selon toi, avez-vous trouvé votre propre style ?

Je pense que nous l’avons trouvé dès le début ! Depuis quelques temps, les journalistes ne me parlent plus de Blind Guardian pendant les interviews, signe que les choses ont évolué ! (Rires) Quand nous avons sorti notre premier album, le Rock Hard allemand nous a comparés à Blind Guardian, alors que Metal Hammer nous a rapprochés de Running Wild. Or, ces deux groupes n’ont rien à voir entre eux ! Cela prouve finalement que notre musique est unique !



Un grand merci à Philippe Bareille de Music Waves pour les photos.

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