Entretien avec KRIMH (Kerim Lechner) batteur de SEPTICFLESH

KRIMH (Kerim Lechner) est à seulement 28 ans, un batteur incontournable et indispensable de la scène métal extrême et actuellement occupe le poste chez SEPTICFLESH. D’une personnalité humble et sympathique, il ne laisse rien au hasard et gère tout avec rapidité, méthode et détermination. Il nous a accordé quelques minutes avant le concert de samedi 20 janvier 2018 au Trabendo.


Krimh


KRIMH tu es batteur officiel sur l’album actuel CODEX OMEGA, bien que tu sois dans le groupe depuis 2014. Que penses-tu avoir apporté  au groupe de death sympho qu’est septicflesh ?

J’ai mon caractère, et c’est toujours agréable d’avoir un nouveau membre qui ramène de l’air frais dans un groupe, de l’énergie nouvelle. Je peux emmener le groupe vers un niveau différent et apprendre d’eux également. Je suis ravis de pouvoir m’investir  aussi bien musicalement que créativement. Nous sommes une équipe très forte et soudée et nous avons tous la même envie d’évoluer positivement. J’essaye d’être professionnel autant que possible, faire des  plaisanteries et qu’on puisse s’amuser c’est le but. On se  soutien également.

Tu es multi-instrumentiste, de quels instruments joues-tu ?

Je joue principalement de la guitare, de la basse, de la batterie évidemment. Le truc avec moi c’est que si tu me laisses 2h avec un instrument, n’importe lequel, je vais réussir à t’en sortir une musique, mais sans théorie à son propos. Je ne dis pas que je sais jouer de tout mais j’ai une forte sensibilité pour la musique.

Tu participes à beaucoup de projets (Harakiri for the sky, Mondstille, Redemptor) n’as-tu pas peur de te perdre en chemin ?  

Pas du tout car lorsque je débute un projet, je vais jusqu’au bout puis je passe à un autre. Je choisi après mure réflexion. Si je dis OK pour une cession d’enregistrement, j’aurai le temps de m’investir puis de finir ce que j’ai commencé. J’ai beaucoup de sollicitations et j’ai éprouvé le besoin d’être plus méticuleux dans mes choix.

De 2006 à  2009 tu as fait partie de THORN OF IVY (black métal symph) puis de 2009 à 2012 avec DECAPITATED et BEHEMOTH. Quelles sont les comparaisons que tu peux faire quand à la façon de jouer avec chacun de ses groupes et SEPTICFLESH ?

Tous les groupes dans lesquels j’ai joué ainsi que mon projet solo sont complètement différents. Honnêtement, si tu me demandais à l’instant de monter sur scène pour autre chose que SEPTICFLESH j’en serais incapable. Mon cerveau ne peut tout retenir et ça a l’air bête mais tous ces groupes sont différents avec une approche tellement personnelle qu’il faut que je me la réapproprie à chaque fois. Avec BEHEMOTH, c’était un jeu très old school, tu joues un peu toujours la même chose en boucle, facile à mémoriser. Avec mon projet solo KRIMH, c’est plus groovy comme jeu, avec SEPTICFLESH, c’est un peu de tout avec des moments rapides et des passages groovy difficiles à combiner. Qu’importe le projet j’ai juste besoin de m’habituer au style  et j’essaye de ne pas mixer tous les styles à la fois.

Ton projet solo a débuté en 2013, il comporte trois albums : Explore (2013) – Krimhera (2014) et Gedankenkarussell (2017). Tu en es où en ce moment ?

J’ai toujours voulu faire ma propre musique et j’ai commencé sans pression bien avant de débuter dans DECAPITATED. Lorsque je les ai quitté c’est à ce moment là que je me suis lancé dans ma propre production. C’était le bon moment. J’ai écrit tous les titres et j’ai joué de tous les instruments car j’avais le temps pour m’y consacrer et ce n’était qu’instrumental. Puis, j’ai continué à composer dès que j’en avais le temps et l’inspiration. Je n’ai aucune pression d’un label donc c’est parfait. Je travaille à mon rythme, je vais jusqu’à poster mes enveloppes moi même.  En ce moment je n’ai pas le temps de penser à cela car c’est très strict et professionnel avec SEPTICFLESH. Par exemple, ma prochaine étape ce sont les visas pour les US à gérer, c’est une grosse machine.

Tu as envoyé une vidéo qui a fait le tour du monde pour postuler chez SLIPKNOT suite à l’éviction de Joey Jordison. Peux tu me raconter les détails ?

En fait j’ai posté cette vidéo spontanément mais je n’ai jamais pu les contacter. Pour moi, ce groupe est une institution alors je me suis dit « essayons, pourquoi pas » et la vidéo a explosé toutes les vues. Il y a eu des milliers de personnes qui m’ont connu par ce biais. On m’en parle souvent. Ils ne m’ont pas pris, aucun problème, l’impact de cette vidéo a été bénéfique pour moi.



KRIMH

Quels sont tes batteurs de prédilection ? 

Il y en a beaucoup, difficile de répondre mais allez je me lance : Joey Jordison ex SLIPKNOT, Nick Barker ex Dimmu Borgir, Mario Duplantier de Gojira, Tomas Haake de Meshugga.

Quels exercices pratiques-tu pour gagner en vitesse ?

Je n’en ai pas vraiment, je ne focus pas énormément sur la vitesse (il n’y en a pas trop dans SEPTICFLESH) mais j’essaye de jouer consistant. Je travaille les choses difficiles mais sans m’épuiser car il faut garder l’énergie pour les concerts. Je travaille ma concentration également sans forcer. On doit apprendre à écouter son corps et faire en fonction, chaque jour est différent.

Combien d’heures par jour pratiques-tu la batterie ?

Je suis incapable de jouer plus de 2h max car c’est trop intensif et épuisant mentalement et physiquement. Je fais du sport à côté.

Est-ce que le fait de pratiquer la batterie à haut niveau est un challenge à long terme ?

Oui je le ressens même à mon âge. Si je ne fais pas d’exercices complémentaires du fait d’être en tournée et d’un manque de temps ou d’organisation, tu peux être sure que je le sens passer. Mon corps a des faiblesses. Par exemple, au niveau des genoux, je dois compléter par de la course à pieds. Imagine la difficulté de trouver du temps en tournée c’est se lever, manger, arriver à la salle, installer, faire les interviews, jouer, désinstaller, repartir et next. Je ne veux pas passer pour un gros blasé mais c’est intense.

Es-tu attentif à toutes les préparations au concert ?

Oui,  je travaille beaucoup et j’aime tout savoir lorsque j’arrive à un endroit. Tout le processus chaque jour et les personnes qui travaillent avec nous, c’est important pour moi de connaître tout. Ca me permet d’anticiper les éventuelles sautes d’humeur dues à tout et n’importe quoi. Parfois, j’aimerai passer plus de temps avec notre public mais souvent ce temps est compté et after show je ne peux accorder le temps nécessaire à certains et j’en suis vraiment désolé.

Que pourrais tu donner comme conseil à un jeune qui débute ?

La première des choses est la passion et avoir le plaisir de jouer sinon cela n’a pas de sens. Il faut travailler énormément, avoir de la patience et une bonne dose de chance et j’en ai eu beaucoup. Il y a de la concurrence et se maintenir au top est un autre challenge. Le meilleur conseil que je donnerai est de ne pas oublier l’essence même du jeu le plaisir.

Emmanuelle NEVEU pour AMONG THE LIVING, JANVIER 2018

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