Entretien avec Lady Cylew pour parler de la sortie de MOT3L, le dernier opus de CYLEW qui sera dans les bacs le 15 Décembre prochain. Une bien belle rencontre d’une Artiste, avec un grand A, talentueuse et charmante .

Vendredi 1er décembre 2017 – Hard Rock Café Paris


lady cylew


C’est la première fois que l’on se rencontre, explique moi un peu ton parcours de chanteuse franco-américaine et globetrotteuse s’il te plait.

Lady Cylew : J’ai commencé la musique assez tôt, aux Etats-Unis, et, à mon retour en France, c’est devenu une sorte d’échappatoire, un lien qui me reliait à ma vie la bas. J’ai vraiment eu le déclic ici, notamment en voyant les CRANBERRIES  et cette nana à la guitare. Je me suis mise à la guitare et à écrire des chansons. C’est quelque chose qui ne m’a pas quitté depuis.
J’ai également fait partie de plusieurs formations, avec les difficultés liées à cela comme les influences diverses, pas forcément les mêmes envies et perspectives, ce qui m’a orienté plutôt vers une démarche « solo », mes chansons en étant la ligne conductrice.
Maintenant cela fait presque 10 ans que je joue avec Arno et Kriss, et c’est devenu assez évident et presqu’un besoin pour moi de faire évoluer le projet vers un groupe à part entière.
Du coup Mot3L est le fruit de cette maturation.

Parle-moi un peu des musiciens qui t’entourent dans CYLEW, comment as-tu su que c’était les bons ?

Lady Cylew : Il y a déjà le temps que l’on a passé ensemble. Quand tu t’aperçois que ces gens ci portent le projet avec la même énergie que toi, c’est une façon de faire évoluer Cylew. Quand tu as des moments de doute, de fatigue, c’est important de pouvoir s’appuyer sur des gens en qui tu as confiance.

C’est un beau cadeau que vous nous faites et qui tombe à pic pour se retrouver sous le sapin. Peux-tu m’expliquer le titre Mot3L ?

Lady Cylew : En fait le chiffre 3 nous poursuit. Nous sommes 3 membres fixes, c’est notre 3éme album et on l’a fait en 3 ans. Nous tournions autour de ce chiffre qui est devenu un symbole (rires).

Es-tu consciente que cet album va rendre les auditeurs complètement accrocs à CYLEW ?

Lady Cylew : (rires) Cela me ferait une impression bizarre, mais je l’espère. C’est vrai que pour l’instant nous avons de bons retours, cela fait vraiment plaisir. Mais nous avons les pieds sur terre et nous attendons de voir ce qui se passera à la sortie de l’album.

Tu es franco-américaine, tu vis en France à plein temps. As-tu encore des connexions aux Etats  Unis ?

Lady Cylew : Oui je vis à Paris.

Pourquoi avoir choisi de sortir Mot3L en France plutôt qu’aux Etats Unis ?

Lady Cylew : Je pars du principe que vivant en France, il faut défendre notre scène. Après si nous devions partir nous le ferions, mais aujourd’hui cela n’a pas de sens de le faire.
Déjà cela demande beaucoup de moyens, cela implique des changements importants pour tout le monde. C’est également une grosse prise de risque. On va défendre l’album ici déjà, après on verra.

Il y a beaucoup de mélancolie dans tes compositions comme sur Immaculate ou Sun par exemple. Est-ce un trait de caractère chez toi ?

Lady Cylew : C’est vrai que c’est ce qui m’inspire et me touche. Ces cotés sombres de la musique me font frissonner et c’est souvent dans des périodes un peu compliquées que j’écris et je crée. Donc oui, on peut dire ça.
Maintenant on peut dire que j’ai beaucoup évoluée à ce niveau, probablement avec l’âge et aussi du fait de côtoyer Kriss et Arno qui eux n’ont pas du tout ces cotés sombres et mélancoliques. Cela contrebalance au sein du groupe.

On sent que tu es à fleur de peau en écoutant tes compos. La musique est clairement  une sorte d’exutoire pour toi. As-tu fais la paix avec toi-même aujourd’hui ?

Lady Cylew : Oui, c’est marrant mais au début j’avais besoin d’être seule pour faire avancer le projet, mais c’est un énorme poids qu’il  est difficile de porter. Je ne suis pas quelqu’un qui cherche à prendre toute la lumière, et sur scène je ne conçois pas d’être seule.
J’aime avant tout la collaboration, le partage.




Comment compose-t-on un album comme Mot3L ? En tant que chanteuse  es-tu la parolière exclusive ?

Lady Cylew : Oui, c’est la seule chose qui n’est pas partagée.

Tu es multi instrumentiste il me semble, comment procèdes tu pour écrire tes textes. Tu composes des mélodies et tu te bases dessus ou l’inverse ?

Lady Cylew : En fait non, je suis un peu autiste et je me mets devant le piano ou à la guitare et elles arrivent comme ça. Cela part d’une émotion qui va donner des sons et ensuite je crée mon texte.


On sent bien que tes influences sont multiples et sans barrières. Comment définis tu ton style ?

Lady Cylew : Cela reste globalement Rock Pop, mais j’avoue que je m’en fous un peu. Il faut que la chanson procure de l’émotion, le reste ne m’importe pas. Il faut que cela colle. Sur cet album il y a des textes que j’ai écrit il y a 20 ans, c’était le bon moment. 

Je trouve que MOT3L est plus dans l’urgence à l’image d’un titre comme Stalking My Prey, plus intense que Black Lace Prophecy, bien que les thèmes ne soient pas plus graves. Quels messages veux-tu faire passer à travers tes compositions ?

Lady Cylew : il y a toujours un fond dur, de combat, malgré la mélancolie. Je suis toujours intéressée par des moments de vie, positifs ou négatifs, qui nous sortent grandi.

Rassure-moi, tu es optimiste? Tu vas vers la lumière j’espère ?

Lady Cylew :  Oui Oui (rires) je suis quelqu’un de plutôt positif.

La scène musicale en général, et rock en particulier,devient de plus en plus compliquée à vivre pour les groupes émergents. Quel regard portes-tu sur ce milieu.

Lady Cylew :  Je ne pense pas que l’on puisse dire que c’était plus facile avant, il y avait certainement d’autres problèmes. Aujourd’hui il y a des outils qui permettent de communiquer rapidement et massivement, mais avec d’autres contraintes. Du coup il y a beaucoup trop de choses qui passent et il est difficile de dégager d’une masse de talents celui que l’on va suivre. La difficulté c’est de se faire entendre, et gérer internet et les medias c’est chronophage. Je pense qu’avant il y avait un premier tri déjà et que l’on avait peut-être un peu moins de choix, mais plus qualitatif.
C’est difficile aujourd’hui car, nous sommes trop sollicités à tous les niveaux. Tu ouvres Facebook et tu es agressé par un paquet de pub.

Pour rebondir sur ça, les réseaux sociaux aussi incontournables qu’aliénants, et qui ont changé le mode de « consommation » de la musique (à l’image de Spotify et Deezer), comment un groupe comme CYLEW voit cet accès presque jetable aux nouvelles productions ?

 Lady Cylew :  C’est vrai que l’on fait partie d’une génération qui aime écouter un album entier et entrer dans l’univers de l’artiste. Nous achetions nos disques, nous les déballions dans le bus pour en lire le livret, et tout ça. Aujourd’hui c’est vrai qu’une fois qu’un album est sorti, tu n’es plu dans le Buzz et c’est difficile de le faire vivre. Je n’ai pas de solutions à ça, c’est comme ça maintenant.
Apres il y a des avantages à Spotify ou autres, car on peut découvrir des artistes dont on n’aurait jamais soupçonnée l’existence sans ça.
Je pense quand même qu’il y aura toujours des gens qui écouteront la musique comme on le fait. Avant il devait bien y avoir des personnes qui n’achetait que des Best Of ou Hits, c’est un peu la même chose.

Aujourd’hui quelles sont les principales difficultés auxquelles est confronté CYLEW ?

Lady Cylew :  Le chant en anglais a été un problème assez important sur les deux premiers albums lorsque l’on a démarché les labels, va savoir pourquoi ! Aujourd’hui nos principales difficultés vont être de tourner et d’avoir de la visibilité.

Vous ne rentrez pas dans les « cases », ou vas-tu aller chercher ton public aujourd’hui ?

Lady Cylew :  En France, même si tu fais un rock « mainstream », à partir du moment où tu joues « amplifié » tu entres forcement dans une catégorie qui n’est pas variété. D’office on te met dans une niche. Le but de cette promo est aussi d’accéder à un milieu un peu plus métal, même si on n’est pas vraiment hard rock, je pense que le public est curieux et plus ouvert que d’autres pour notre genre de musique.

Qu’écoutes-tu en ce moment ?

Lady Cylew :  Et bien j’ai découvert au trabendo il y a deux ans un groupe allemand qui m’a beaucoup plu, EISBRECHER. Ils passaient en première partie de OOMPH. Je trouve que c’est le mélange parfait de RAMSTEIN et de DEPECHE MODE (rires).

 

Un grand merci Lady Cylew et c’était vraiment très agréable de te rencontrer enfin.

Lady Cylew : Merci à toi.


One Comment

  1. Castre says:

    Très bon album. A quand la tournée ? La chanteuse me fait penser à la chanteuse dé Cranberries ! Enfin du rock efficace par un groupe français

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