Au Download Festival, Among The Living part à la rencontre de Frédéric Duquesne, à la guitare au sein de Mass Hysteria depuis 2014. Se définissant lui-même comme n’étant pas un « ancien ancien » du groupe, il discute des projets de la formation et du processus de création de ces albums au son éclectique.


fred duquesne


Mass Hysteria monte ce soir sur la Mainstage 2 du Download Festival. Qu’est-ce que vous avez envie de transmettre au public ?

 On veut toujours transmettre quelque chose de positif, où qu’on aille, où qu’on puisse jouer, et quelque soit la taille de la scène. Aujourd’hui, on va avoir de petits artifices supplémentaires par rapport à d’habitude. Tu connais les textes de Mouss, c’est toujours quelque chose qui va un peu de l’avant.

On sent une rage et une colère dans les thématiques que vous abordez. D’où est-ce que cela vous vient ?

Celaa dépend des albums. Il y a des albums qui sont beaucoup plus funs et dansants, et d’autres qui sont un peu plus noirs, comme le dernier. Mais ça reste une rage positive. On se prend au sérieux, mais pas trop non plus, pour que ça reste fun. Chacun va puiser dans sa vie personnelle. On n’est pas révoltés contre la société. Enfin, on l’est un peu, et on essaye de le mettre avec des petites fleurs autour. Ce n’est pas Satan qui va te parler.

Qu’est-ce qui vous révolte de façon spécifique ?

On est révoltés, mais on ne le dit pas forcément très fort. Ça devient un peu has been d’être contre la société. Si on prend le dernier album, il est arrivé à un moment où Mouss venait de perdre ses parents. Il y a quelque chose de très tragique dans les paroles, et de très beau aussi, avec beaucoup de parallèles imagés.
On a écrit un titre qui s’appelle L’Enfer Des Dieux, qui s’est trouvé synchro avec l’attentat du Bataclan. C’est un texte que nous avions écrit avant, mais les attentats l’ont mis en valeur, même si c’est horrible à dire. Tu imagines bien que ce n’était pas fait exprès. A d’autres moments ça danse, on sort les paillettes et les boules à facettes. Nous sommes un groupe très large en termes de signaux.


duquesne fred mass hysteria

Photo @Alain AFO


Le dernier album de Mass Hysteria fait preuve d’une réelle maturité musicale et thématique. Comment s’est passée sa composition ?

 C’est très simple, nous sommes restés un an dans un local de répétition. On s’est mis d’accord sur douze titres, et après on a créé des machines, avec un autre gars dans un autre studio. J’ai mis tout ça en forme dans mon propre studio.
Mouss est arrivé avec ses textes, et nous avons travaillé tous les deux pendant encore un mois ou deux supplémentaires. On est assez à l’ancienne, avec le besoin de jouer ensemble dans un local au lieu de créer directement les sons sur un ordinateur. On a tous les vieilles valeurs du rock n’roll, vu que nous n’avons pas vingt balais. C’est quelque chose que l’on veut garder, et on veut que ça se sente sur la bande-son.

Comment est-ce que l’on s’intègre dans la scène metal lorsque l’on produit un son si éclectique, avec du rap et des musiques électroniques ? 

Mass Hysteria est arrivé il y a vingt-cinq ans. A ce moment-là, la scène, c’est le crossover, avec Rage Against The Machine, et tous les premiers croisements qui arrivent du hip hop. C’est donc entré dans les fans qui suivent le groupe depuis toujours. Maintenant, si Calogero se mettait à mélanger de la variété, du trap et du hardcore, ce serait chelou ! En France, ce n’est pas très facile d’imposer ce genre de mélange.

Souvent, on définit Mass Hysteria come du nü-metal. Que penses-tu de cette appellation ?

Le nü-metal, c’est connoté de l’époque des années 2000, avec Limp Bizkit. Mass Hysteria, c’est du metal avec de électronique, sans qu’il y ait vraiment de noms. On est dans pas mal de trucs, et on a une formule qui fonctionne bien. Il y a toujours un texte, et des punchlines qui font un peu mal. On n’est pas dans une performance de chant extrême.

Pourquoi ce choix de chanter en français, assez atypique dans la scène metal ?

C’est avant tout l’envie d’un mec qui veut écrire en français. De toute façon l’anglais il s’en fout, il ne sait pas écrire ni chanter en anglais. Pour Mass Hysteria, le b.a.-ba c’est le français. Mouss ne réfléchit pas en anglais. Encore aujourd’hui, quand tu vas jouer en Auvergne, en Bretagne ou dans les Pyrénées, les gens ne parlent pas anglais. Moi je ne parle pas bien anglais. Mouss chante dans la langue de son pays et il le fait très bien, c’est pour ça que ça marche. C’est un choix pur et dur.

Vous avez déjà partagé la scène de nombreux artistes. Quel serait le groupe avec lequel vous aimeriez partager une scène ?

Il y a eu Metallica aux arènes de Nîmes, avec qui nous avons déjà joué. Ça, c’est fait. Et puis, il y a AC/DC. Mais c’est un peu tard, car le groupe n’est plus vraiment entier, il ne reste que Angus. Si ça arrivait, on serait très contents, mais il n’y aurait pas l’explosion générale. Quand tu as fait AC/DC et Metallica, après tu peux être tranquille.

Quelles sont vos influences actuelles ?

On a plein d’influences ! On écoute de la musique électronique. Moi j’écoute Carpenter Brut et Perturbator. Par contre, je trouve que dans le métal ça se mort la queue, donc je m’ennuie un petit peu. C’est un peu creux. C’est une parole de vieux con, mais c’est quand même un peu vrai. C’est pour ça qu’il n’y a pas de nouvelle vague qui arrive, depuis l’effondrement du disque. Après tu as le metalcore, mais ils ne rempliront pas Bercy.
J’écoute un peu autre chose, de la pop aussi. Et puis d’un seul coup on se fait tous un Slayer, c’est par période !

Quels sont les projets à venir de Mass Hysteria ?

Là, on joue ce soir, et la semaine prochaine on rentre en studio pour faire le prochain disque. On passe tout l’été dans le studio. On va avoir chaud et on ne part pas en vacances ! Mais on est ravis de faire ce que l’on fait. Après, on se repose un peu au mois de septembre. Ensuite, on repart en tournée un petit peu avant Noël, pour 2019 et 2020.

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