Rencontre avec Nicolas Defer à l’occasion du drum show de Brian FRASIER MOORE du 1er juillet 2018 sur le bateau théâtre LE NEZ ROUGE.

(Crédit photo @Smiling Cat Pictures)



Nicolas, comment souhaites-tu te présenter ? Tu n’es pas un inconnu, raconte moi un peu ton parcours.

J’ai découvert la batterie il y a 10 ans dans un environnement favorable à la musique puisque mon père (basse) et mon frère (guitare) partagent également cette passion commune. J’ai démarré la batterie à leur côté et je suis aujourd’hui un batteur indépendant, j’accompagne librement des groupes et des artistes français ou internationaux de styles différents.
Mon jeu plutôt polyvalent me permet d’être souvent sur scène, en studio, sur des plateaux TV ou, à l’occasion, de participer à des shows de batterie comme celui que nous venons de faire avec Brian.
En parallèle je travaille avec certains sponsors du milieu de la batterie ce qui m’amène à voyager et à vivre une autre facette du metier toute aussi intéressante.

Comment t’es-tu retrouvé à faire cette démonstration lors de cette soirée évènement ?

J’ai été invité par Sofiane pour ouvrir la soirée à ses côtés (je le remercie encore pour cette superbe opportunité). Avec Sofiane, nous nous sommes rencontrés au Zenith de Paris à l’occasion des 25 ans de Taratata il y a un an environ. Nous y étions aux cotés de Julien Doré (en tant que percussionnistes). Partageant tous les deux cette même passion pour la musique, on est resté en contact. Dans la continuité de mes drum clinics avec Aaron Spears et Damien Schmitt, Sofiane m’a proposé de faire partie de son projet de Drum Show avec Brian. J’ai évidemment accepté l’invitation!

Comment as-tu choisis les 5 morceaux que tu as présenté et pourquoi ?

Les 5 morceaux choisis sont tous différents et reflètent finalement bien mon évolution musicale.
Ils sont avant tout « drumless » c’est-à-dire sans batterie, c’est donc à moi de composer les parties en fonction de la musique choisie.
Il y a une chanson de Greg Bissonette et deux morceaux de Kaz Rodriguez sur lesquels je fais référence en majorité à mes influences de base, le rock/metal/progressif. On y retrouve aussi quelques inspirations Gospel plus récentes.
Je m’intéresse beaucoup ces derniers temps aux rythmes africains. J’ai voulu partager avec le public cette évolution en jouant une chanson de Richard Bona et un morceau de Damien Schmitt. Ces morceaux sont à retrouver en vidéo sur ma chaine Youtube et mes réseaux sociaux (@NDeferDrummer).

Qu’as-tu ressenti au moment de faire ta démonstration devant Brian FRASIER MOORE ?

De l’excitation! On travail dur pour en arriver là, alors autant profiter à fond le moment venu. Connaissant Brian depuis 2-3 ans maintenant (nous nous sommes rencontrés plusieurs fois à Paris, Londres et Los Angeles), c’était pour moi un moment particulier car même si l’on s’apprécie humainement nous n’avions alors encore jamais eu l’occasion de partager la scène ensemble. Ce fut un grand moment et j’en garderais un très bon souvenir.


nicolas defer


A-t-il été abordable pour te prodiguer des conseils ? si oui peut-on en savoir plus ou c’est personnel ?

Ceux qui connaissent Brian savent que malgré son statut et son CV incroyable il reste quelqu’un de très accessible et à l’écoute.

Comme on échange déjà régulièrement ensemble, il n’avait pas spécialement de conseil à me prodiguer, mais par contre il m’a dit avoir bien apprécier ma nouvelle orientation de jeu, à savoir l’inclusion des rythmes africains dans mes derniers morceaux.
Si ce genre d’évènement est un des moyens de partager ma passion avec le public, c’est toujours intéressant de se mesurer à des batteurs tels que Brian!

Rester soi-même est plus important que la technique (que tout le monde doit avoir) a-t-il dit, qu’en penses-tu ?

Il a totalement raison! A l’heure d’aujourd’hui, notre génération, notamment avec l’aide de Youtube, repousse sans cesse les limites. Tout est plus facilement accessible qu’avant, le niveau technique a donc énormément augmenté.
Par contre, être soi-même au sens « avoir sa propre identité » tant au niveau du feeling, du son et de l’attitude est surement la chose la plus difficile qui soit, mais néanmoins nécessaire pour se différencier des autres.. Cette identité se construit avec le temps et les choix que l’on fait.

Il a également insisté sur le comportement exemplaire qu’un musicien doit donner de lui-même. En avais-tu conscience ou n’est ce pas si primordial selon toi ?

Bien sur! Être professionnel ne concerne pas uniquement le temps passé derrière l’instrument.. Surtout quand on sait le temps que les musiciens passent sur la route, en tournée.. Par exemple être à l’heure, être disponible, faire son travail dans les temps sont des valeurs essentielles si on veut avoir une chance de vivre de sa passion. Ces conseils ne s’appliquent d’ailleurs pas uniquement au métier de musicien.

Brian FRASIER MOORE a dit venir du milieu « chrétien » (church) qui a influencé sa manière de jouer de la batterie, qu’est-ce qu’il a voulu dire ?

Il parle du courant Gospel dans lequel beaucoup de musiciens américains évoluent dès leur plus jeune âge, encore aujourd’hui. Aussi, ils sont rapidement confrontés au contexte de la « jam », jouent de plusieurs instruments etc.. Ce n’est pas un hasard si certains des « Gospel Drummers » sont aujourd’hui reconnus comme des références mondiales (Tony Royster Jr, Aaron Spears, Eric Moore..)

Et toi, de quel « mouvement musical » viens-tu ?

Du Rock et du Progressif! Mes parents ont toujours écouté des groupes tels que The Police, Scorpions, Rush, Toto.. Cela m’a forcément influencé dans mon orientation musicale. J’ai eu ensuite différents projets Heavy Metal notamment avec mon frère guitariste.

Quels univers as-tu découverts plus tardivement ?

Le Hip-Hop, le Rap, le Reggae, la Pop etc.. Chaque style de musique a ses singularités et permet d’enrichir son propre vocabulaire musical. Ca permet aussi de vivre des ambiances et énergies différentes.. Je suis toujours curieux d’apprendre de nouvelles choses.

Je suis étonnée qu’il n’ait pas parlé des dérives de ce milieu professionnel, ou bien l’a-t-il évoqué ?

Il a sans doute préféré parler de choses positives ce soir là..!

As-tu une petite anecdote à nous raconter concernant ce soir là ?

Pas spécialement, par contre je retiens le cadre atypique de la masterclass, à Paris sur une péniche : la magie du lieu, ambiance theatre/cinéma, m’a donné la sensation d’entrer en scène tel un acteur pour son one man show!

Quelles sont les principales difficultés pour devenir musicien professionnel ?

Concernant notre génération et au vu de contexte actuel je dirais qu’il  n’y a pas de chemin tout tracé à suivre, on doit developper notre identité de musicien sans négliger la partie business et communication du métier qui sont aussi nécessaires pour avoir des opportunités.
Il faut souvent être a l’initiative et prendre les risques soi-même.



Quelles qualités faut-il selon toi acquérir impérativement pour être un bon batteur ?

Je dirais que le tempo doit être solide et le groove l’objectif principal. La technique est importante mais doit toujours être au service de la musique.

Parlons un peu technique : Quel est ton matériel de prédilection ?

J’ai souvent changé de marques à mes débuts. En ce moment je joue principalement sur Tama ou DW en batterie.
J’utilise en général un kit composé de 4 fûts (10,12,14 et 16’’) avec une ou deux caisses claires ainsi qu’un pad en complement (pour gestion des loops). J’utilise aussi une double pédale Tama Speed Cobra.
Concernant les Cymbales j’endorse TRX, dont les différentes séries me laissent toujours la possibilité d’adapter mon set selon les styles.

Pour quelles raisons ?

Car c’est le matériel qui correspond le mieux à mes besoins du moment et je représente également certaines de ces marques (TRX, Cympad, Earbay).

De quelle manière t’entraines-tu (fréquence, enchainement) et pourquoi ?

N’ayant pas de batterie à Paris je travaille principalement sur pad, autrement je m’arrange pour faire régulièrement des sessions avec des amis musiciens. Je fais également beaucoup de jam sessions les soirs ce qui me permet de jouer avec d’autres musiciens, élargir ma culture musicale etc.

As-tu une hygiène de vie particulière ?

C’est toujours difficile de gérer son temps de sommeil et de manger à des heures régulières cependant je m’arrange toujours pour faire du sport au moins trois fois par semaine.

Quels sont les musiciens qui t’inspirent (tous genres confondus)

Je citerais premièrement les batteurs qui m’ont influencé (et par conséquent leurs groupes respectifs) à mes débuts : Mike Portnoy, Simon Phillips, Jeff Porcaro, Neil Peart, Stewart Copeland..
Plus récemment je dirais entre autres Aaron Spears, Kaz Rodriguez, Brian Frasier Moore, Davy Honnet, Larnell Lewis, Damien Schmitt, Thomas Lang.. Ce sont ceux qui m’inspirent en tant que musicien mais aussi en tant que personne, par leur état d’esprit, leur humilité, leur vision des choses, leur manière de gérer leur carrière et leur vie de manière générale.. J’apprends continuellement à leur contact.
Mais je ne néglige pas non plus l’apport de tous les musiciens avec lesquels je travaille au quotidien.
J’aurais pu également citer d’autres artistes ou groupes mais la liste serait longue..!

Quel rêve aimerais-tu voir se réaliser ?

Faire des tournées mondiales avec des artistes que j’aime. Le plus grand plaisir serait de réaliser ça avec mon frère guitariste à mes côtés.

Quel rêve aimerais-tu réaliser pour quelqu’un ?

Rendre fiers ma famille qui m’a supporté dès le départ dans ma démarche.

Avec qui aimerais-tu (ou aurais-tu aimé s’il est décédé) le plus travailler et pourquoi ?

Michael Jackson sans hésitation. C’est l’artiste ultime, les chansons sont incroyables, les shows également avec des moyens à la hauteur de son talent.. De quoi en apprendre tous les jours et repousser ses limites pour être toujours au niveau. Sans compter que ce serait faire partie d’une équipe d’élite (musiciens, danseurs..).

Penses-tu que le milieu professionnel français est différent par rapport à l’international et en quelle mesure ?

Oui assez différent, je le vois notamment lors de mes voyages aux Etats-Unis. Ce sont deux mondes différents chacun avec ses atouts et ses inconvénients.
J’aime l’aspect multi culturel qui permet de belles rencontres musicales en France. Du côté des Etats-Unis, j’aime comment les initiatives sont supportées rapidement et efficacement.
Dans les 2 cas le musicien a les moyens de réussir mais avec des axes et un timing different. Grace à internet et aux réseaux sociaux les choses vont plus vite et tout semble possible aux audacieux, ou qu’ils soient.

Est-ce que travailler à l’international t’attire ?

Oui complètement et je compte bien continuer d’évoluer dans ce sens à l’avenir!

Sur quels projets personnels travailles-tu actuellement ?

Des projets personnels avec mon frère Matt, des sessions avec différents artistes ici en France (live et studio), je prépare également de nouvelles vidéos et pleins d’autres choses (dont je ne peux pas encore parler) à découvrir très bientôt!


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