Le moins que l’on puisse dire, c’est que Serious Black ne fait pas les choses comme tout le monde. A la base connu pour être un “All-star band”, le groupe s’est bien vite retrouvé sans sa star, Roland Grapow (Masterplan, ex-Helloween) qui n’avait finalement pas de temps à lui consacrer. Qu’à cela ne tienne, le combo a ensuite débauché Bob Katsionis (Firewind) qui a, à son tour, raccroché les gants juste après l’enregistrement de Magic, son nouvel opus, dans les bacs depuis un peu plus d’un mois. Toutes ces mésaventures n’ont pas freiné Serious Black qui, malgré ses quelques déboires, a quand même bien su tirer son épingle du jeu. Retour sur la carrière de ces faiseurs de power metal, avec leur chanteur, Urban Breed…


Urban breed

 

Vous avez sorti trois albums en trois ans. On peut dire que vous n’avez pas perdu votre temps ! Personnellement, je ne trouve pas cela si spectaculaire. Il y a 20 ans, c’était le rythme que les groupes s’imposaient naturellement et je trouve dommage que cela ait aujourd’hui disparu. En ce qui nous concerne, nous pourrions être encore plus prolifiques, vu la technologie qui s’offre aux musiciens à l’heure actuelle et le nombre de compositeurs que nous avons dans nos rangs.

Aviez-vous prévu d’aller à une telle cadence quand vous avez démarré Serious Black ?
Non, cela s’est fait assez naturellement. Nous avons dû réaliser notre premier album, As Daylight Breaks, assez rapidement car nous avions des dates à assurer. J’ai rejoint le groupe en septembre 2014 et le disque est sorti en janvier 2015 ! Après cette première tournée, nous ne pensions qu’à repartir sur les routes et il nous a fallait pour cela sortir un second opus. Comme nous avions déjà de nombreux titres à notre disposition, nous n’avons pas tardé à entrer en studio pour mettre en boîte Mirrorworld. Et ainsi de suite…

 

Au fil des années, Serious Black est devenu un vrai groupe, qui s’est progressivement démarqué de l’étiquette “All-Star band”. Etait-ce le but recherché ?
Complètement ! Malheureusement, Roland a rapidement quitté nos rangs, ce qui a un peu décrédibilisé notre démarche. Nous prenons l’entière responsabilité de son départ, car nous aurions dû lui dire que nous voulions tourner intensivement avant qu’il ne s’embarque dans ce projet. Quand nous lui avons fait part de nos plans, il nous a clairement dit que Masterplan était sa priorité et qu’il ne pouvait pas se permettre de passer autant de temps sur les routes avec nous.

A l’époque, cela donnait effectivement l’impression que vous aviez utilisé sa notoriété pour promouvoir votre premier album…
J’en suis conscient. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé, mais nous ne l’avons pas fait exprès.

Selon toi, qualifier Serious Black de “All-star band” est-il toujours approprié ?
Je ne sais pas trop… Ce qualificatif nous a clairement aidés au départ et la contribution de Roland, bien que furtive, nous a été très bénéfique. Mais nous sommes maintenant au-delà de ça. Quand nous nous voyons, quand nous répétons, nous ne pensons pas en ces termes. Bien sûr, nous ne cherchons pas non plus à cacher notre passé, ou à le renier, ce qui aurait pu être une solution quand nous avons été quelque peu critiqués après le départ de Roland. Mais je pense que cela n’a plus vraiment d’importance aujourd’hui… Nous faisons de la bonne musique, c’est le principal !

Vous connaissiez-vous tous avant de fonder le groupe ?
Je suis en fait le seul déporté (Rires) ! Non seulement je suis arrivé le dernier, mais je n’avais jamais rencontré personne avant. Tous les autres s’étaient déjà croisés avant d’intégrer Serious Black. Pour ma part, je suis très content de faire partie de cette équipe. Nous sommes maintenant liés par une amitié très forte qui nous donne véritablement des ailes.

 

Niveau tournée, vous avez été plutôt gâtés puisque vous avez ouvert pour HammerFall, puis Gamma Ray, avant de vous produire en tête d’affiche. La chance vous a rapidement souri…
On peut dire que nous avons été chanceux, mais nous préférons penser que nous avons beaucoup bossé pour obtenir ces avantages. Bon, je reconnais que, parfois, travailler dur ne mène pas forcément au succès, mais tu as quand même plus de chance de l’atteindre quand tu travailles d’arrache-pied.

Quand vous avez fondé Serious Black, vous aviez déjà tous une carrière bien entamée. Que cela vous a-t-il fait de repartir de zéro avec un nouveau projet ?
C’était très excitant, mais aussi très intéressant. J’étais très curieux de voir où tout cela allait nous mener. Quand tu commences à travailler avec des gens nouveaux, tu ne sais jamais quel résultat cela va donner. C’est comme en chimie. Quand tu mélanges deux produits, tu sais ce qui va se passer, mais si tu en changes un, tu risques de tout faire exploser ! Mais nous nous sommes très bien entendus dès les premiers instants et passons vraiment du bon temps ensemble en tournée.



Vous ne vivez pas tous dans le même pays. N’est-il pas trop compliqué de travailler ensemble ?
Pas du tout. Je pense même que si nous vivions tous dans la même ville, nous bosserions de la même façon ! Il est tellement facile de s’échanger des pistes aujourd’hui que la distance n’est plus du tout un problème. S’envoyer des mails et des fichiers est même plus rapide que de prendre le métro pour faire écouter un morceau à quelqu’un ! (Rires) Répéter, en revanche, est moins aisé. Avant de démarrer une tournée, nous nous retrouvons quelques jours avant pour reprendre nos marques. Nous sommes alors très concentrés, ce qui ne serait pas forcément le cas si nous nous retrouvions toutes les semaines. Et puis quand tu sais que tu vas partir sur les routes dans trois mois, tu ne vas répéter tous les jours en attendant que le périple débute. Ca ne sert à rien !

En matière de composition, avez-vous changé vos habitudes pour réaliser Magic, votre nouvel album ?
Oui, mais cela n’était pas voulu. Par exemple, la chanson “Serious Black Magic” est née en tournée. J’avais une idée de refrain en tête et je l’ai chanté à Bob. Il a pris sa guitare et a créé une mélodie. Un autre morceau a été écrit dans une chambre d’hôtel, sans instrument, et a été matérialisé plus tard. Nous avons finalement bossé continuellement, de façon plus spontanée. A un moment donné, je me suis rendu à Minneapolis, chez Jonah Weingarten, le claviériste de Pyramaze. J’ai écrit six titres avec lui et trois se sont retrouvés sur le disque de Serious Black, ce qui a donné un peu de piment. Pour ma part, j’ai appris, au fil des années, à être un peu plus organisé. Je n’avais pas l’habitude de prendre des notes, gardant ainsi tout dans mon esprit. Magic étant un concept-album, qui suit une “storyline” bien établie, j’ai dû me faire violence et être un peu moins brouillon (Rires). Le travail sur les textes a d’ailleurs était un véritable challenge pour moi. En temps normal, je suis assez libre d’écrire ce que je veux, au rythme qui me convient. Cette fois-ci, je ne me suis pas éparpillé, de manière à vraiment coller à l’univers de l’album.

Aviez-vous conservé du matériel issu des sessions de travail de vos précédents opus ?
Nous en avons toujours sous le coude ! Mais ce ne sont jamais des morceaux inférieurs, que nous ne trouvions pas assez bons pour figurer sur un album. Nous faisons toujours en sorte que nos disques forment un ensemble cohérent et il arrive que certaines chansons ne collent pas à l’ambiance générale. Parfois, il s’agit d’un arrangement qui n’est pas satisfaisant. Dans ce cas, je le laisse de côté et après quelques temps de réflexion, je parviens à en faire quelque chose.

 

Comme tu viens de l’indiquer, Magic est un concept-album. Sur quoi avez-vous travaillé en premier : la musique ou le thème du disque ?
Tout est parti du morceau dont je parlais tout à l’heure, “Serious Black Magic“, qui est véritablement le moteur de l’album. Il a vraiment donné le ton et nous a finalement obligés à orienter le reste des titres d’une façon particulière. De ce fait, Magic est très émotionnel par rapport à ses prédécesseurs. Il en “impose” plus car ce fil rouge lui donne indéniablement plus de poids. Il n’est pas simplement une nouvelle offrande, il est bien plus que cela. En le réalisant, nous nous sommes imposés nos propres challenges et, crois-moi, nous avons mis la barre très haut !

Etiez-vous intéressés par la magie avant de bosser sur l’album ?
Pour ma part, je suis plutôt un homme de science. J’ai toujours trouvé que la religion, la mythologie et tout ce qui s’y rapporte étaient des thèmes très intéressants. Ils nous apprennent beaucoup sur l’être humain. Je pense que la religion, si elle est extrêmement bien étudiée, peut nous aider à comprendre l’autre et les raisons de ses agissements. Pour moi, la magie est un fantasme, ce n’est pas réel. Dans le titre “Binary Magic“, je compare la magie à la vie. Nous ne savons pas vraiment ce que c’est… Peut-être est-ce la combinaison de plusieurs éléments chimiques, qui sait ? C’est là, cela s’offre à nous, mais ce n’est peut-être qu’une illusion. Nous pourrions très certainement trouver une réponse empirique à cette question, mais, après tout, cela en vaut-il la peine ?

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