Interview du groupe DEFICIENCY à l’occasion de la sortie de leur 3ème album : The Down Of Consciousness.  Avec Laurent GISONNA  (Lead Guitare/Chant), Vianney HABERT (Basse) et Jérôme MEICHELBECK (Guitare Rythmique).


 

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Copyright Yann CHARLES


Que de chemin parcouru depuis le MOTOCULTOR en 2015, la première fois ou je vous ai vus en live pour la sortie de votre second album The Prodigal Child. Comment ça va pour DEFICIENCY aujourd’hui ?

Vianney : ça va plutôt bien. Nous sommes passés par de nombreux festivals, à partager l’affiche avec de prestigieux groupes comme TESTAMENT, MACHINE HEAD et plein d’autres groupes comme ceux-ci, et que l’on admire aussi. Ce fut une tournée pleine d’enrichissement pour nous et de belles rencontres.
Laurent : Donc aujourd’hui on se porte plutôt bien, et on est confiant après cette longue parenthèse entre les deux albums. On est pressés de retourner sur la route rencontrer notre public.

Aujourd’hui, quel est le modèle économique de DEFICIENCY ? Vous travaillez tous ?

Gérôme : On bosse tous à coté, oui.

Vianney : On arrive tous plus ou moins à s’arranger avec nos contraintes respectives pour pouvoir se libérer quand il le faut.

The Prodigal Child était un concept album, qu’en est-il de The Dawn Of Consciousness ?

Laurent : C’est la même chose, c’est encore un concept album. D’ailleurs on ne fait que ça (rires). Pour ma part, vu que j’écris les paroles et la musique, c’est la façon la plus simple pour moi de travailler. J’aime bien savoir d’où je pars et où je vais. J’aurai vraiment plus de mal à travailler sur dix titres avec des thématiques toutes différentes les unes des autres, que sur un concept album ne traitant que d’un thème. Même si cela demande plus de boulot sur les à-côtés, je pense que c’est une ligne de conduite que l’on va conserver longtemps.

Tu es le seul à composer les textes ?

Laurent : oui, en partie, avec ma compagne également.

Vianney : Du fait que ce soit le seul chanteur du groupe, et que l’on n’a pas de backing vocal dans le groupe (il faudrait que l’on apprenne à chanter avant – Rires), c’est donc naturellement que c’est lui qui compose les paroles. Comme il l’a souligné, c’est aussi lui qui apporte en général le gros de la musique. Il a une meilleure vision de l’ensemble. Après on retravaille tout cela ensemble lors des phases de répétitions, en affinant et en amenant chacun nos parties.

Jérôme : Sur The Dawn Of Consciousness on a un peu moins répété, du fait aussi que l’on ait un nouveau batteur qui habite un peu trop loin de nous. C’est donc difficile de répéter tous les week ends. C’est une approche différente, mais fondamentalement cela n’a pas changé grand-chose au mode de fonctionnement du groupe.

Quelles sont tes sources d’inspiration aujourd’hui ? Les thèmes abordés dans l’opus comme le consumérisme, la corruption, la violence, l’égoïsme (que l’on voit représentés sur la pochette), si je ne me trompe pas, c’est un message que vous voulez faire passer ?

 

Laurent : Les thèmes que tu évoques sont en filagrammes, mais ce n’est pas forcement cela que l’on veut dire avec The Dawn Of Consciousness. Pour moi DEFICIENCY n’est pas un groupe qui a un message, qu’il soit politique ou social, mais plus des questions existentielles que l’on se pose. Avec l’album précèdent (Prodigal Child) le thème traité était l’origine de l’humanité, avec une incursion dans la science-fiction pour les réponses. Avec ce nouvel album, l’homme sait désormais d’où il vient et qui l’a créé, et il réagit différemment en fonction des six émotions primaires partagées par tous les êtres humains, quels que soient leur civilisation et leur emplacement. Ce sont donc ces six émotions qui sont traitées dans l’album et qui évoquent certains des thèmes que tu as perçus.

Quelles sont tes lectures ?

Laurent : J’ai assez peu de temps pour lire, entre mon boulot et ma famille, mais sinon j’aime bien Thomas Allen, la science-fiction et les thèmes ésotériques.


Vous œuvrez pour un Thrash résolument moderne alliant agressivité à des passages plus « progs » et mélodiques, comment cette évolution est-elle intervenue dans DEFICIENCY ?

Laurent : Naturellement. C’est un peu une assimilation de nos influences à tous. On ne s’impose pas de barrières stylistiques, c’est notre manière de composer.

Jérôme : On joue au feeling.

 

Un mot sur l’artwork de la pochette. C’est quelque chose que vous maitrisez ou vous avez fait appel à quelqu’un ?

Laurent : Ah non on ne maitrise pas du tout, nous on fait de la musique (rires). On a confié ce travail à Ludovic Cordelieres de Rusalkadesign qui avait déjà fait la pochette de notre opus précèdent. Pour nous c’est un des meilleurs en France. On adore son univers et ses idées. Il est tout à fait capable de sortir le meilleur de l’écoute de l’album avec son style et sa patte.

Vous avez sorti un clip sur le titre « Newborn’s Awaking », avez-vous d’autres projets de vidéos ?

Laurent : Dans l’immédiat non, mais dans quelques mois pourquoi pas.

Jérôme : Pour le précèdent album on s’était limité à un seul clip, mais il est vrai qu’aujourd’hui c’est très important de se montrer pour la promotion d’un album. Alors on va probablement l’envisager.

 


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Vous avez mis combien de temps à composer et finaliser cet album ?

Laurent : On a déjà mis énormément de temps à défendre notre album précèdent. Sachant que l’on bosse tous et que nous ne pouvons faire des concerts que le week end en règle générale, avec la cinquantaine de dates que l’on a faites cela nous a pris pas mal de temps. Donc tu comptes d’un an et demi à deux ans de tournée et une année de composition et d’enregistrement et voilà.

Jérôme : On avait déjà quelques idées émergentes, et on a décidé de lever le pied. Fin 2015 on a arrêté les concerts pour se consacrer au nouvel album. Nous avons également changé de batteur ce qui a retardé aussi les choses.

Vianney : On a tout fait pour sortir un produit bien fini sans se mettre de contraintes et de pressions quand à une date buttoir.

Comment appréhendez-vous la scène métal aujourd’hui, et en particulier la française ?

Laurent : La situation des groupes en France est de plus en plus compliquée je trouve. Il y a beaucoup de groupes qui jettent l’éponge non pas parce qu’ils n’ont plus la foi, mais parce qu’ils n’y arrivent plus. Je suis vraiment surpris de la manière qu’ont les gens de consommer la musique aujourd’hui, avec les sites de type Deezer et autre. On ne se rend pas compte du boulot qu’il y a derrière chaque titre, et je trouve cela plutôt négatif. Mais il faut bien faire avec aujourd’hui. 


Vous avez un manager ou gérez-vous tout tous seuls ?

Laurent : Nous nous gérons seuls. Nous voulons garder le peu d’indépendance qu’il nous reste (rires).

Jérôme : Ce n’est pas toujours facile mais nous fonctionnons comme ça. C’est aussi un problème de moyen il faut bien l’avouer. Un manager il faut aussi le payer (rires). On ne fait pas de bénéfice avec DEFICIENCY. Aujourd’hui on se gère bien.

 

Des projets de tournées ?

Laurent : Oui il y a des choses en cours. On a nos premières dates et après cela va décoller.

Jérôme : Comme je le disais on joue essentiellement le week-end, et on essaye de caler parfois deux concerts sur ces deux jours. On a déjà fait une tournée de 8 jours c’est vrai.

 

Vous êtes prêt à tourner plus si l’occasion se présente ?

Vianney : Comme disait Jérôme, on l’a déjà fait. Et si l’occasion se représentait, je pense qu’on n’hésiterait pas.

Laurent : Perso, en ayant un peu côtoyé le monde « pro », je ne suis pas sure de vouloir y entrer complétement. Aujourd’hui on fonctionne par passion et j’aurai un peu peur que cela se transforme un peu en obligation.

Jérôme : On prend énormément de plaisir dans le groupe et à faire des concerts. C’est ce que l’on veut faire. Mais en même temps on arrive à s’en sortir sans trop de problème, c’est un bon équilibre. Aujourd’hui on pourrait dire que l’on est vraiment à l’équilibre. On ne gagne pas d’argent mais on n’en perd pas non plus. Si on peut continuer comme ça c’est parfait.

 

Une dernière question, quels sont vos albums de chevet en ce moment ?

Laurent : J’ai beaucoup aimé le dernier BODYCOUNT

Jérôme : Moi j’écoute beaucoup l’album d’un groupe de potes qui s’appelle OPHIDIAN SPELL. C’est du prog un peu sympho. C’est très très bien.

Vianney : Pour rester chauvin je dirais le dernier GOROD et KRONOS. Mais aussi OPHIDIAN SPELL.

 


 

 

 

 

 

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