Ce mardi 24 octobre 2017 nous avons rencontré Steven (guitare) et Raphaël (batterie) du groupe MOLYBARON à l’occasion de la sortie de leur nouvel album éponyme. 

(Un grand merci à Yann Charles pour la photo du groupe)

Molybaron


Pour une première rencontre avec Amongtheliving, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Raphaël : Je suis Raphaël à la batterie

Steven : Je suis Steven, guitariste et choriste de MOLYBARON.

Pouvez-vous nous raconter l’histoire de MOLYBARON, la rencontre qui a donnée naissance à ce premier opus ?

Steven : L’origine du groupe vient de Gary, le chanteur, qui est Irlandais et vit à Paris. Vers 2013/2014 il a eu envie de monter son propre groupe et d’enregistrer ses propres chansons. Il a commencé par enregistrer de petites démos, et s’est mis en recherche de musiciens. C’est à ce moment-là, fin 2014, que nous nous sommes rencontrés grâce à un ami commun et le courant est tout de suite passé. Nous avions la même mentalité et les mêmes envies. A partir de là nous nous sommes mis à la recherche d’autres musiciens, et quelques mois après nous avons rencontré Seb notre bassiste. Ensuite nous avons recherché un chanteur, et cela nous a pris plus de deux ans. Nous en avons vu un paquet, plus ou moins bons, mais à chaque fois cela ne collait pas au groupe. Au final nous avons poussé Gary à se mettre au chant car il chante juste et bien, et avec du boulot nous étions persuadés qu’il serait le chanteur que nous attendions.
A partir de là nous avons commencé à composer et à nous mettre en recherche d’un batteur. Cela nous a pris également du temps, près de deux ans. Entre temps nous avions écrit les lignes de batterie que nous avons fait enregistrer par un batteur pro au Tennessee.
Nous avions donc l’album enregistré, et nous nous sommes dit qu’il fallait le lancer malgré le fait que nous n’avions pas encore de batteur.
Il y a 6 mois, Raphaël est arrivé, et nous avions enfin notre groupe au complet et prêt à tout défoncer (rires).

C’est étonnant dans une ville comme Paris, et son important vivier de musiciens, d’avoir autant de problèmes à trouver un batteur. Quelle était votre difficulté par rapport à ça ?

Steven : Tu as raison, mais le problème c’est qu’il y a beaucoup de batteurs à Paris, mais de très bons finalement assez peu et ils sont souvent pris par un milliard de projets. La difficulté était d’en trouver un qui soit aussi disponible que nous. De plus les parties de batterie sur l’album ne sont pas si évidentes que ça et quelques batteurs se sont cassés la gueule lors d’auditions. Raphaël a réussi haut la main.

Du coup Raphaël, cela a été compliqué pour toi d’intégrer un groupe qui avait déjà les parties de batteries de composées ?

Raphaël : En fait depuis l’âge de 14 ans je cherche à jouer en groupe et j’avais déjà participé à quelques projets. Je recherchais de nouveaux challenges et en épluchant des annonces de recherche de batteur je suis tombé sur la leur. En écoutant l’album je me suis dit qu’il y avait un sacré niveau tant sur l’exigence que sur la technique. Ça m’a carrément branché. 
Je me suis donc rendu à l’audition, et c’était la première fois que je jouais au métronome (au clic). Ils ont apprécié mon jeu et voilà.

Steven : Il ajoute en live un plus et une énergie que l’on n’avait pas avant justement. Il ajoute de petites choses ici et là qui font la différence. Actuellement nous sommes en train de travailler sur les nouveaux morceaux, et nous sommes maintenant 4 à composer avec Raphaël qui apporte sa patte sur les nouvelles compos.

Vous êtes à ce point perfectionnistes pour jouer au métronome ?

Steven : En fait, étant donné que l’on utilise pas mal de samples, on joue tous avec le « clic » dans nos retours pour être calés. Mais cela ne nous empêche pas d’improviser sur scène tous autant que nous sommes.

Un mot sur l’origine et la signification du nom MOLYBARON. Il n’y aurait pas un truc avec THIN LIZZY et un certain breuvage dans le pot?

Steven : (sourire) Il y a effectivement un truc à voir avec Thin Lizzy. A la base le groupe ne s’appelait pas comme ça, il s’appelait Oculus Sinister mais on a vite trouvé que cela faisait un peu trop bourrin, trop black pour nous. Du coup on a commencé à en chercher un autre. On a commencé à chacun balancer des noms, des mots, des titres de films que l’on aimait bien. J’étais dans une phase MASTODON, et je le suis toujours d’ailleurs complètement accrocs, et j’ai balancé The Last Baron, un titre du groupe que j’adore. Gary a beaucoup aimé le son de Baron comme mot et on s’est dit qu’il fallait que l’on rajoute quelque chose. Gary, en gros fan de Thin Lizzy, aurait aimé qu’il y ait un nom de femme un peu comme Molly Hatchet. Du coup on a viré un L à Molly et on l’a collé à BARON pour devenir MOLYBARON. Voilà l’histoire du nom.

Moly Molybaron

Pouvez vous nous dire comment Chris Brush est arrivé sur votre album pour les parties percus ?

Steven : Vu que l’on était en recherche d’un batteur, c’est Gary qui s’est occupé de cela. Etant irlandais, c’était plus facile pour lui de communiquer en anglais. Il a dû taper « batteur professionnel » sur un moteur de recherche et voilà (rires). Cela se fait par mail, nous ne sommes pas allés là-bas. C’était plus simple pour lui de communiquer avec un batteur qui parle couramment sa langue.

Comment se construit un album comme celui-ci ? Qui fait quoi et comment fonctionnez-vous en terme de répétitions ?

Steven : En fait c’est plus du genre j’arrive avec un riff, les autres vont rebondir dessus et on jam pendant un certain temps avec. On l’enregistre si elle est vraiment bien et on laisse décanter un peu dans nos têtes. Gary ayant un home studio il va réenregistrer ses parties et on les retravaille au fur et à mesure. Nos morceaux évoluent énormément du début à la fin. Nous avons une écriture très instinctive et qui coule toute seule. Nous avons un feeling ce qui est vraiment important dans notre processus de création. On a tous envie de créer en fait.

Raphaël : Personne n’arrive avec un titre complètement fini, et on est tous ouvert d’esprit avec peut-être ce côté un peu perfectionniste c’est vrai. C’est une qualité qui peut aussi se transformer en défaut quand on ne sait pas s’arrêter.  Mais avec ma « petite » expérience de nouveau au sein de MOLYBARON, le processus de création est vraiment commun et nous sommes tous à l’écoute les uns des autres.

Steven : Il n’y a pas de leader qui impose ses idées.

Vos influences sont bien marquées et remarquablement bien assimilées. Vous avez tous les mêmes ou ce fut un vrai boulot de concessions pour la réalisation de ces compos ?

Raphaël : Pour ma part j’ai commencé la batterie à 11 ans (Raphaël a 22 ans), et je suis venu au rock avec des groupes comme les WHITE STRIPES, puis dans le métal extrême avec MESHUGGAH. Comme tous les membres du groupe, je ne suis pas fermé et j’écoute un peu de tout. C’est important d’écouter plein de choses différentes pour assimiler et absorber divers styles.

Steven : En fait nous sommes tous au service de la chanson sans essayer d’imposer notre style aux autres. Il n’y a pas de concessions, nous sommes juste d’accords pour que cela sonne le mieux possible malgré nos influences différentes. Personnellement j’ai grandi avec METALLICA, ACDC, SLAYER et PANTERA. Je suis également un immense fan de GHOST et MASTODON. J’aime également beaucoup DILLINGER ESCAPE PLAN. Gary quant à lui est très THIN LIZZY, U2, MUSE (surtout les deux premiers albums), il adore ROYAL BLOOD aussi. Il est comme nous ouvert à beaucoup de choses comme la musique de film également.

Il y a un côté cinématographique dans votre musique vous ne trouvez pas ?

Steven : Gary et moi sommes fans de cinéma. J’ai un master en cinéma, je suis monteur en cinéma. Gary est graphiste, et le cinéma occupe une grande place dans nos vies.

C’est intéressant ce que tu dis car on comprend, à posteriori, cette vision « cinémascope » des morceaux de l’album, de leurs histoires,  et notamment le clip Moly que vous avez sorti récemment.

Steven : C’est vrai. Pour le clip Moly, c’est dommage que Raphaël n’ai pas pu être là pour le tournage, car il est arrivé une semaine avant.  Probablement que notre intérêt pour le cinéma à Gary et moi nous a fortement influencés sur l’approche de la conception des morceaux.

Parlez-moi un peu de la vidéo Moly. Synopsis, réalisation, implication du groupe.

Steven : En fait on a confié le boulot à Brice Hincker, qui est le batteur de SMASH IT COMBO, qui est également réalisateur. Il est venu nous filmer et a monté le clip. Nous avons juste modifié quelques trucs comme l’ajout des planètes, etc..
On a filmé le clip à Calais. Le synopsis c’est Gary qui l’a écrit, c’est assez conceptuel et chacun y voit ce qu’il veut.  Il n’y a pas de grand message ou concepts.

 Les thèmes que vous abordez sur cet album ne sont pas vraiment joyeux, et on ressent une certaine fatalité et urgence dans votre musique. Qu’en pensez-vous ?  

Steven : C’est Gary qui écrit les paroles en général. Il est dans l’actualité mais sans donner de leçons.

Raphaël : Il est plus dans l’émotion que dans le prêche.

Vous êtes passés en première partie des PSYCHEDELIC FURS en Août dernier à l’Elysée Montmartre. Comment s’est présentée cette opportunité ?

Steven : C’est grâce à Roger (Réplica). Pour la petite histoire nous avons rencontré Roger pour de la promo, et nous lui avons posé la question des concerts et de la marche à suivre pour être programmés. Il nous a directement proposé cette date pour la semaine suivante à l’Elysée Montmartre en ouverture des PSYCHEDELIC FURS. Gary, qui ne connaissait pas la salle, a répondu : « Yes, sure ». Et quand on est sorti je lui ai dit « Gary, c’est l’Elysée fuckin’ Montmartre…. » Et lui qui me répond : « And ? I don’t know, is it à good place ? ». Quand il a vu les photos il est parti en stress (rires).

Ce fut un moment intense que l’on n’oubliera pas c’est clair.

Quelles sont les inspirations d’un groupe comme MOLYBARON ?

 Steven : D’être écouté. Et si possible de pouvoir en vivre. Mais surtout d’être écouté pour que les gens se rendent compte que cet album est vraiment bon.

Raphaël : De tourner.

Je vous le souhaite, et je suis persuadé que l’on va se revoir.

MOLYBARON – Molybaron

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