Interview HELLFEST 2017 

Morgan BERTHET du groupe KADINJA mais aussi de KLONE & MYRATH
(avec le support d’Emmanuelle Neveu)



Pour ma 2ème interviews de cette édition 2017 du Hellfest, j’ai enchaîné un dialogue sans langue de bois avec Morgan BERTHET le batteur du groupe KADINJA et de MYRATH mais aussi de KLONE (il a travaillé en live ou studio avec Frontal, Eths, Adagio, Headcharger, Kells, The Mars Chronicles, Vice Versa…). Diplômé de la International Music Academy  de Nancy,  il a joué auprès des plus grands groupes et a développé des masterclasses et des vidéos pédagogiques pour l’apprentissage de la batterie. Morgan a collaboré avec de grandes références  métal et compte déjà une belle carrière du haut de ses 32 ans. Il possède surtout une personnalité forte, directe et attachante.  Ouvert d’esprit et de cœur, il nous a donné son avis sur les choses et nous a presque fait croire que son talent s’était cultivé sans effort !

Tu viens de jouer avec MYRATH sur la mainstage, comment cela s’est passé ? 

C’était super cool. Avec les autres musiciens, on n’avait aucune idée du monde qu’il y aurait à cette heure là, avant midi et de l’ambiance liée à cet horaire également.  C’était blindé, on a été super bien reçu, c’est une bonne expérience.

Afin de financer  votre premier album avec KADINJA, vous avez procédé à un crowdfunding. Pourquoi ?

Evidemment parce qu’on avait besoin de pas mal d’argent. Un projet musical est toujours coûteux. C’était aussi un bon moyen pour tester le support du public, cela nous a permis de jauger combien de personnes étaient prêtes à nous aider avant même d’avoir sorti quoi que ce soit. On a été contents de la réponse globale.

Vous avez pu récupérer assez d’argent pour gérer tous les frais inhérents au coût de l’album ?

Je  ne me rappelle plus la somme exacte mais c’était assez pour faire notre album. Par contre, pas pour gérer tous les frais.

Est-ce que cette manière de procéder est la seule possible de nos jours pour un jeune groupe afin de sortir un album ?  

Je me rends compte que cela est très mal vu et mal considéré. Je ne comprends pas pourquoi. La réalité des musiciens, c’est que les groupes se cassent la gueule car le marché du disque se casse la gueule. Si l’on a des fans qui peuvent et qui veulent nous aider et qui achètent encore des CD, ce n’est pas une sorte de vol comme j’ai pu l’entendre dire. Le mec va repartir avec son CD qu’il aura surement au final payé moins cher que ce qu’il aurait payé en magasin sans passer par le crowdfunding. Il existe une sphère qui pense qu’un groupe doit se payer son disque seul quoi qu’il en coûte. En général ce sont des petits groupes qui disent cela car les autres savent ce qu’il faut mettre et combien c’est colossal. On est obligé de passer par le crowdfunding de nos jours ou bien faire un crédit à la banque. Humainement, faire participer les gens qui sont intéressés cela reste une belle aventure. Etant fan moi même j’ai pu précommander et participer à des projets. J’ai été content d’être de la partie.

J’imagine que les liens que vous partagez avec vos fans sont  différents par rapport au crowdfunding ?

Certainement. En tout cas j’essaye. Je sais que tous les groupes dans lesquels je joue essayent d’instaurer une bonne relation avec les fans, répondre aux mails, être présents  et disponibles autant que possible. C’est aussi notre boulot et une marque de respect et je pense que notre public nous le rend bien.

Est-ce que tu te vois faire un meet and Greet comme certains groupes très connus et que penses-tu de cette manière de procéder ?

Ca c’est malheureux, parce que j’ai l’impression qu’à un moment on ne peut pas y échapper alors que c’est un peu à vomir ce système. En même temps j’avais vu avec les interviews de gros artistes qui disaient que c’est leur moyen parce qu’ils sont payé pour le faire. C’est peut être un peu moche comme ça, mais ils se réservent à 100% pour les gens à ce moment là.

Parfois tu es en pleine tournée, ou tu es crevé tu sais que tu vas allez voir les fans mais tu n’es pas vraiment là, t’es crevé. Moi je le vivrais mal de faire ce genre de business. Je ne suis pas pour.

Quels sont tes projets pour cette année ?

Avec KADINJA on va faire la première partie du groupe américain « Animal’s as Leaders»  grosse référence Djent, le 1er juillet et après on a pleins de dates mi septembre. On est toujours en train de bosser sur l’album d’après.

Comment arrives-tu à mener à bien tous tes projets ?

Mon secret ? c’est de ne répéter avec aucun groupe (rires). Cela limite la perte de temps. Avec Kadinja et Myrath qui sont d’excellents musicos chacun répète chez soi. Au bout d’un moment, quand tu as 50 dates par an tu répètes plus trop. La difficulté c’est de surtout bien organiser son temps.

Vous avez tous des passifs différents dans KADINJA et le Djent (NDLR : style de métal extrême technique et progressif natif des 90’s dont les prémices sont attribuées à Meshuggah,  en constante évolution) fait partie d’une niche musicale, n’est-ce pas trop dur de pouvoir se démarquer des autres groupes du même style ?

Surtout avec Kadinja car le Djent évolue depuis une dizaine d’année et ce style progresse.  En prenant en compte un éventuel effet de mode où des groupes pullulent à un moment, il est de toutes manières difficile de se démarquer. Ceux qui réussissent (parfois pour des raisons inconnues) ont tout de même bien galéré. C’est dur pour tout le monde.

Qu’est-ce que ca procure comme sensation de passer de MYRATH à KADINJA ?

C’est cette ouverture musicale qui me plait, celle où tu changes ta manière de jouer, ce n’est pas le même stress, pas la même frappe, pas le même groove. C’est marrant, mais je suis certain que cela m’ennuierai de n’avoir qu’un groupe et qu’un seul style. J’aime jouer des choses différentes. Me dire que ce qu’on me propose en guitare batterie, je n’aurai pas fait ça comme ça et expérimenter d’autres façons. C’est passionnant.

Il me semble que Quentin Godet, jeune guitariste de talent qu’on a pu voir chez ZUUL FX entre autres, est passé par KADINJA ?

Effectivement et je t’annonce qu’il est revenu dans le groupe mais dans un registre différent.  La bassiste est partie il n’y a pas longtemps du coup il prendra la basse a partir du 1er juillet. C’est une exclu. Je suis ravi qu’il puisse réintégrer le groupe, il est jeune mais est déjà expérimenté et reconnu comme guitariste hors pair, c’est un mec super qui va apporter de la fraîcheur dans KADINJA.


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