Cet acte 3 de Laurie et Isaac de SLAVES, nos jeunes  anglais alternatifs préférés, à l’humour « pince sans rire » vient de sortir chez Universal Music et c’est par une belle journée de septembre que nous allons les rencontrer encore…. GO !


La dernière fois que l’on s’est vus vous m’aviez dit ne pas être amis, est-ce toujours le cas ?

Isaac : oui on en l’a jamais été, on ne sait pas trop ce qu’on est finalement.

Laurie : on est frères alors.

Depuis un an votre carrière a décollé ?

L : je suis devenu producteur également et j’ai eu un petit garçon Barth. Il est devenu une partie de l’équipe, on le voit sur la pochette.

Votre sens de l’humour en déroute plus d’un, est-ce typiquement anglais ?

I : à l’image des shows TV pour les plus jeunes tu vois ? nous sommes plus sarcastiques bien sur, j’adore ca.

L : on est très influencés par les grands humoristes anglais et leur stupide sens de l’humour. Je pense que si les gens veulent nous connaître, il faut passer par là.

Pensez-vous que ce sens de l’humour sarcastique et un peu décalé peut vous aider à aborder des sujets sérieux ?

 I : oui. Rire de certaines choses ou circonstances peut permettre d’en parler.

L : Isaac écrit les textes, et est assez inspiré. Notamment sur les thèmes Instagram et les réseaux sociaux où les gens postent leur vie et ce n’est pas une réalité comme sur le titre « the lives they wish they had ».

Sur cet album, on retrouve le son garage-Band et des thèmes assez forts, est-il plus « rageux » que le précédent ?

I : aucune rage je t’assure mais de l’énergie et de l’inspiration à revendre. La rage est incontrôlable et je suis un quelqu’un qui se contrôle. Certains textes sont plus personnels par contre. Je m’inspire de tous les gens que je rencontre sur ma route et de la vie des gens autour de nous.

L : cet album est plus dynamique que le précédent qui était assez sombre. Nous restons un garage-band. Je n’ai plus de rage mais de profondes convictions à présent, je comprends plus de choses.

Effectivement, le clip de « Cut and Run » est assez énergisant. Transformés en Véronique et Davina sur un son de guitare déjanté, le décalage est saisissant et nous inspire à faire du sport avec vous !

L : (rires) c’est bien, on a toujours voulu faire une choré pour un de nos clips et ce titre s’y prêtait tellement bien. On a eu l’idée en tournée et on a concrétisé.

I : c’est plus difficile qu’il n’y paraît par contre on a du refaire des prises de multiples fois, c’est un métier.

Aimez-vous choquer les gens ?

I : on aime provoquer des émotions mais pas choquer

L : on aime surprendre mais pas choquer

Qu’aimeriez-vous changer le plus dans nos vies modernes ?

I : il faudrait réformer l’Ecole.

L : l’éducation et spécialement en Angleterre. On devrait développer l’Art enseigné aux jeunes enfants. Je pense que cela les ouvrirait davantage sur le monde. On ne pratique plus les choses, on passe des examens. La créativité est très importante d’autant plus que de nos jours les ordinateurs remplacent tout. Je pense que la créativité ne peut être remplacée par un programme informatique, ça sonnerait forcément faux.



Laurie, tu dessines beaucoup et est photographe, qu’en est-il de ton projet d’exposition ?

L : je l’ai réalisé tu sais, en galerie à Londres en 2017 et j’en refais une en 2019.

De quoi pensez-vous que les gens ont besoin de nos jours ?

I : de notre dernier album !! plus sérieusement je crois qu’on a besoin d’être tous plus à l’écoute les uns des autres, en toutes circonstances, dans les conversations aussi. Savoir écouter c’est important.

L : les gens ont besoin de bonheur et d’amusement.

Quelle est votre définition de l’homme anglais moderne ?

I : je t’avoue que c’est perturbant. Je crois que l’on perd notre identité. Ça peut être bien et mauvais.

L : notre pays est en plein changement et les habitants se retrouvent dans une situation gênante d’insatisfaction permanente. Il y a un renouveau des groupes musicaux ce qui est un signe pour nous. J’adore l’Angleterre mais c’est un peu embarrassant d’être assimilé au Brexit, c’est très négatif, on se sent un peu honteux. Les traditions et l’art de vivre anglais sont tenaces et l’union Jack envoi de nos jours un mauvais message de nationalisme.

Comment vos vies ont-elles été affectées par votre succès ces deux dernières années ?

L : C’est devenu plus qu’une  « carrière » que nous avions espérée, c’est une façon de vivre à plein temps et elle nous a fait voyager autour du monde et m’a entrainé vers la production d’autres groupes aussi. Le rythme est presque routinier, nous ne sommes jamais vraiment éloignés de nos proches très longtemps.

I : on est reconnaissants de cette chance, on se remplit d’émotions, ce qui nous donne notre force, la façon de pouvoir nous exprimer, nous sommes chanceux et respectueux de ce que nous avons pu accomplir.

Dans quel pays pensez-vous que le public est le plus authentique ?

L : la Russie. Certainement en raison de leur régime politique, le public est rempli de fans old school. Ils connaissaient tous les paroles des chansons par exemple, c’était très intense. Le public en général est fervent pendant nos concerts, au-delà des barrières culturelles.

Dans quel pays pensez-vous que votre duo marche le mieux ?

L + I : L’angleterre ! Nous sommes tellement anglais dans ce que nous sommes et ce que nous faisons, il y a plein de détails et références typiques comme sur le titre « Magnolia » sur lequel nous ne parlons pas de fleur évidemment.

Vous n’avez pas ressenti le besoin d’inviter des « guests » sur cet album ou j’ai raté quelque chose ?

I : non, pas cette fois, on ne voulait collaborer avec personne. C’est un back to basics nécessaire pour nous. On voulait faire l’exercice d’un pur album en duo pour voir si l’on se sortait de l’exercice sans influences majeures.

Vous avez envie de tenter des side-projects prochainement ?

I : on expérimente beaucoup de choses mais pas au stade d’un projet personnel. J’aime observer au studio.

L : je produis des groupes divers, du rock, du rap, c’est un métier très intéressant à plus d’un titre.

On vous voit prochainement en tournée sur Paris ?

Au Trabendo le 29 octobre 2018 !!!


Emmanuelle NEVEU, AMONG THE LIVING, septembre 2018

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