Leprous+ Agent fresco + Alithia + Astrosaur

Paris, le Trabendo, le 06/11/2017

 


Qu’on se le dise, les prémisses des frimas hivernaux n’auront pas raison de la chaleur qui, ce soir, s’est échappée du Trabendo lors d’un concert de très haute voltige. Les beaux gosses norvégiens de Leprous nous ont en effet fait l’honneur d’une petite visite dans une salle un tantinet plus grande que le Divan du monde  (RIP) où ils avaient sévis il y a quelques temps déjà. Afin d’accompagner dignement ce grand groupe, les Islandais d’Agent Fresco venu  une fois de plus nous inonder les oreilles de leur excellent Destrier, Alithia qui nous propose sur cette tournée une surprise de taille puisque Marjana Semkina de I Am The Morning viendra grossir les rangs du combo avec son chant délicat et sa sublime rousseur.

 Afin de nous ouvrir l’appétit ou plutôt les oreilles, le trio Norvégien (décidemment) de rock instrumental Astrosaur aura l’honneur de nous accueillir en chanson pour une petite demi-heure qui commencera vraisemblablement plus tôt que prévu (bien dommage d’avoir raté la moitié du set moi qui pensait arriver à l’heure). Leur musique instrumentale puissante, qui n’est pas sans rappeler celle de Frames (en plus burné tout de même) et de Tides From Nebula, et ponctuée de solos et de noise, est un régal pour un groupe qui a la dure tache d’ouvrir pour une si belle affiche. Avec un demi dieu derrière la console de son la musique prend une autre dimension. Dommage qu’il n’en soit pas de même pour les éclairages qui, quel que soit le groupe, resteront d’une nullité affligeante, alternant compulsivement entre les stroboscopes et les contres jours hasardeux aux teintes flashy.



On passe tout de suite à Alithia et leur musique elle aussi résolument prog, virant limite sur le Djent à certains moment et présentant comme intérêt sur cette tournée de mettre en lumière la belle chanteuse Russe qui, bien qu’elle brille par son incontestable beauté slave, sera d’une discrétion vocale des plus dommageables. La grosse demi-heure de set du combo, impeccable, maîtrisée, aux compos complexes, fait la part belle à leur discographie fournie et en particulier à To The Edge Of Time leur dernier opus, sans oublier Thirteen Revelations. Une seconde partie sympathique mais en demi-teinte.



On passe tout de suite aux choses (très) sérieuses avec les Islandais d’Agent Fresco qui n’en finissent pas de grandir dans le cœur des parisiens notamment grâce à la qualité de leur musique et plus précisément leur album Destrier, premier opus avec le chanteur danois Arnor Dan, et surtout avec leurs prestations à couper le souffle. Apres avoir créé la surprise avec leur premier show français au Klub il y a plus d’un an, après avoir retourné la Maroquinerie  en première partie de Coheed and Cambria, c’est maintenant en ouverture de Leprous que le groupe va pouvoir s’exprimer. Groupe 2.0 en réalité puisque le bassiste original ne pourra être présent de la tournée pour cause d’heureux évènement (la naissance de son enfant) et on comprend aisément qu’il ait choisi de rester avec sa dulcinée pour ce moment de grâce. Qu’importe, lorsque l’on s’appelle Agent Fresco et qu’on a le vent en poupe il n’est pas bien difficile de trouver un remplaçant compétent et motivé et c’est chose faite en la personne de Nicolai du groupe VOLA.

 

Le combo va retourner totalement le Trabendo en laissant une part très large aux belles chansons de Destrier sans oublier de nous glisser non pas une quenelle mais bel et bien un titre du prochain album dont on ne connait toujours pas la date de sortie, et à la première écoute, il faut reconnaître que c’est bon et qu’on en redemande ! Les lights restant toujours aussi immondes, le boulot au son de Chris Edrich est merveilleux et transcende les compos du groupe. Le public ne s’y trompe pas et c’est dans la foule qu’Arnor finira de chanter la dernière chanson pour notre plus grand plaisir. Cette joie et cet amour est tellement communicatif et ne cesse de prendre de l’ampleur au fur et à mesure que la notoriété du groupe grandit dans notre hexagone. De la drogue musicale, voilà ce que c’est !



Bon voilà, le moment tant attendu est arrivé, les beaux gosses tout de costards vêtus de Leprous envahissent le stage sur air de violoncelle et commencent en douceur avec Bonneville, titre qui pourtant fini dans un joyeux bordel, et c’est bien ce qu’attend la foule qui est déjà chauffée à blanc. La voix d’Einar Solberg semble être au rendez-vous et, est-il besoin de le préciser une nouvelle fois, la précision de l’ensemble de la prestation est chirurgicale, voire un peu trop à mon gout. Un son parfait, pas de fausse note malgré l’exigence des compositions, une occupation quasi savante du stage, une setlist bien léchée (et qui vraisemblablement change tous les soirs à en croire Jay leur tour manageuse). Pas étonnant que la foule, compacte (si le Trabendo n’est pas sold out, on n’en est pas loin…), démarre au quart de tour ! Le line up interchangeable  qui gravite autour d’Einar et Tor ne semble pas déranger plus que cela les fans du groupe qui viennent voir Leprous plus comme une entité qui produit de la bonne musique que comme un groupe avec un véritable esprit (personnellement, je n’ai rien contre le principe de fidélisation). La setlist d’une 15 aine de titre, particulièrement axée sur leur dernier bébé Malina, enflammera les passions lors du triple rappel Echo, Mirage et Slave, pour laisser un public vidé, épuisé d’avoir tout donné durant ces 90 minutes de « leçon » de show.



SETLIST Leprous :

Bonneville
Stuck
The flood
From the flame
Illuminate
The price
Captive
Restless
Rewind
The weight of disaster
Malina
Echo
Mirage
Slave

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