Bloc Party – Middle Kids
Le Zenith – Paris
Mardi 16 Octobre 2018


Amsterdam, Paris, Berlin, Bruxelles, Dublin, Londres, mieux valait-il être du nord de l’Europe pour croiser la route des anglais de Bloc Party pour cette tournée exceptionnelle proposant de jouer leur album phare dans son intégralité. Six dates, c’est peu. Pour autant, cette rareté n’aura pas fait le plein, à Paris en tous les cas, car le Zénith est en configuration réduite, rideaux tirés sur les derniers rangs. Pourtant ‘Silent Alarm’ sorti en 2005, puisqu’il s’agit de cet opus, a plusieurs fois été certifié platine. Allez comprendre. Embarqué dans l’aventure, Middle Kids, trio australien qui œuvre dans un rock chatoyant, popisant, certains parlent d’ « indie pop rock ». Globalement, le tout reste cohérent avec la tête d’affiche. Prêt à écouter une alarme silencieuse ? Entrez-donc au Zénith avec nous.



20h00, les australiens se présentent devant une salle peu remplie. Ils soulignent que c’est leur première fois à Paris, plaisantent sur le fait qu’en tant qu’Australiens, ils ne peuvent pas prendre leur voiture pour aller dans un autre pays, qu’ils sont contraints de prendre l’avion.

Leur musique est agréable, un brin mélancolique, servie par un son correct, peut-être un peu fort parfois, en particulier sur la voix. Les rythmes sont variés, pour preuve le titre ‘Edge Of Town’.

Le trio aura convaincu son auditoire avec les 25 minutes accordées si l’on s’en réfère aux applaudissements du public qui sont plutôt fournis.


 


Après une bande d’introduction et quelques vivas dans la foule, la séance démarre entre pénombre et quelques projecteurs blancs puissants placés à hauteur d’homme qui brûlent d’un grand blanc la scène que les musiciens ont investi avec ‘Compliments’. En fond de scène, se devinent de grandes tentures. Les premiers rangs peuvent y voir la pochette de ‘Silent Alarm’. Le reste du Zénith profite de cette ambiance ésotérique de début de concert.

Et même si dans l’immédiat, la foule écoute, calme et attentive, elle avait réservé un accueil chaleureux à l’arrivée de Kele Okereke et sa bande.

Un « bonsoir » et les premiers applaudissements des fans concluent cette entrée en matière lancinante et très mélancolique. C’est peut-être pour cela que le chanteur précise avant de lancer ‘Plans’ que le groupe va basculer dans quelque chose de plus joyeux. Tout est relatif, le titre gardant cette patte très mélancolique. Mais plus rythmé que le précédent. ‘Luno’ amène un surcroît de pêche à ce début de concert et à une salle en configuration réduite certes mais motivée. Chaque titre est salué par des spectateurs heureux.

Un premier bel échange intervient sur ‘Price Of Gasoline’. Son introduction est immédiatement saluée et applaudie par le public. Soutenu par des stroboscopes, un éclairage en demi-teinte – comme cela sera le cas sur l’ensemble du concert – ce titre plus syncopé, plus énervé, avec ces « We’re Going Win This » fédérateurs permet aux fans de se lâcher.   Quelques rouges ou violets colorent les tentures, rompant avec l’éclairage blanc et ce morceau reçoit une belle ovation. « Merci Paris » dira Kele, sobrement.
La communication est aussi minimaliste que l’habillage lumineux, ce qui n’empêche en rien une belle union entre le groupe et ses fans. Vu des gradins, la fosse a d’ailleurs fière allure, remplie tout à fait honnêtement pour avoir un beau concert.




Les premières notes, si ce n’est la première, de ‘The Pioneers’ déclenchent à nouveau une réaction spontanée de la part de la salle. Habillée de rouge, fendue de blanc, la chanson est restituée sous un éclairage élaboré, « sombre » et sobre. C’est beau mais peut-être peu reposant. Quelques tableaux plus franchement éclairés permettraient assurément de reposer les pupilles…et de profiter pleinement des membres du groupe !

« What a lovely day it has been today » indique Kele avant que les anglais ne lancent le trés joli “This Modern Love”. La chanteur motivera la foule par un « C’mon Paris » avant le changement de rythme du morceau. « Lève tes mains » proposera-t-il en français à un Zénith qui l’accompagnera immédiatement dans ses applaudissements.

Les lumières violettes associées aux spots jaunes ne donnent pas le plus bel effet scénique qui ait été vu mais le titre est plus que plaisant et c’est ce qui intéresse le public.

Très beau par contre de voir tous ces bras levés, applaudissant, la scène crachant une lumière assez forte qui éclaire la salle. L’essence d’un concert est exactement là, quand groupe et public se rejoignent. Quant à la pluie de confettis qui intervient, elle est du plus bel effet et appréciée à juste titre, arrivant finalement à contretemps, au milieu du concert. La pression reste là avec le titre suivant et le public qui scande des « hey ! hey ! » en rythme avec le battements des lumières. Kele se joint à lui.

She’s Hearing Voices’, plus âpre, plus lancinant, voit Kele motiver le Zénith, histoire de maintenir tout le monde éveillé. Dans cette opération « communication », il est bien seul. En effet, côté bassiste, Justin Harris est très très statique et Russell Lissack, côté guitares, est un peu plus mobile sans que cela soit la grande effusion non plus.

Les titres s’enchaînent assez vite finalement, un espace pour respirer pourrait être opportun mais le Zénith n’en a cure et répond aux sollicitations de Kele sur Blue Light. « I can’t hear you ! I still can’t here you ! ».




Arrive ‘Banquet’ qui est accueilli selon son rang : un classique du répertoire des anglais et même au-delà. Gros succès. Le public déploie une belle énergie, chante les paroles – les « cause I’m on fire ». Pour ne rien gâcher à la fête, ce soir, le son est vraiment bon ! Même Kele lâchera en français s’il vous plait un « zut, c’est incroyable » face à la réaction des spectateurs !

Positive Tension’, plus âpre, permet à nouveau un bel échange entre le Zénith et le groupe quand Kele lance « Paris ! » et que la salle répond « It’s fuckin useless ! ».

« Paris, we’re having fun. Are you having fun ? » s’enquiert le chanteur avant de dire qu’à propos de fun…et de lancer ‘Helicopter’, plus musclé et dont les fans chantent spontanément les paroles.

Sur scène cela ne bouge pas trop mais il y a une énergie indéniable que reçoit le public, énergie qui n’aura eu de cesse de monter tout au long de cette première partie. Il est d’ailleurs difficile de dire quel titre aura préféré le public.

Peu avant 22h00, la pause rappel intervient, ‘Silent Alarm’ a été parcouru dans son intégralité. Vous avez noté ? Dans l’ordre inverse, non pas des aiguilles d’une montre, mais du disque. La salle fait du vacarme, tape des pieds et le groupe revient sous une ovation.

« Encore ? Encore une fois ? » demande Kele avant de réveiller le Zénith avec ‘Little Thoughts’. Bloc Party aimant la pénombre, c’est dans une certaine pénombre que le groupe jouera ‘Two More Years’. ‘Skeleton’ se prendra un peu les pieds dans le tapis au démarrage avant que ‘The Prayer’, plus ésotérique, ne termine cette première passe de rappels.

La seconde passe démarre par ‘The Love Within’ avec ses étranges sonorités et avec un Kele dansant, libéré de sa guitare pour quelques instants, ce qui donne un peu de mouvement dans cette prestation.

Bloc Party a beau changer de registre sur ces derniers titres, le Zénith est toujours là, heureux et motivé.

L’heure et demi de concert proposée aura ravi les fans présents, les anglais ravivant une vague de nostalgie remontant à treize ans maintenant ! L’exercice « album joué en entier » devenu à la mode récemment aura été plus que réussi pour les anglais de Bloc Party et leurs guitares aériennes, acerbes parfois, délivrant une pop loin d’être acidulée !

Un seul regret, l’absence de la délicieuse sucrerie ‘I Still Remember’. Une autre fois peut-être.


 

(intro bande) Every Time Is the Last Time

Compliments

Plans

Luno

So Here We Are

Price of Gasoline

The Pioneers

This Modern Love

She’s Hearing Voices

Blue Light

Banquet

Positive Tension

Helicopter

Like Eating Glass

Encore:

Little Thoughts

Two More Years

Skeleton (Aborted then Restarted)

The Prayer

Encore 2:

The Love Within

Octopus

Flux


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