BRING ME THE HORIZON –  FEVER 333
Le Zenith – Paris
Mercredi 21 Novembre 2018

Bring Me The Horizon, du metalcore déceptif


Ce n’est nul part ailleurs qu’au Zénith que le groupe anglais est programmé pour sa date parisienne. Impressionnant pour du metalcore, de remplir une des salles majeures de la capitale ! En attendant le boys band, la première partie est assurée par Fever 333. Le groupe de rapcore – dérivé de hardcore teinté de hip-hop – made in USA en 2017, est le projet dernier né de quelques seconds couteaux de l’univers rock gueulard. L’on y trouve notamment les gaillards de The Chariot, Letlive et Night Verses, réunis dans un genre de superband.

Jason Aalon Butler, frontman déchainé, réussit son entrée en scène théâtrale de manière bien ficelée. Une note fictionnelle gagne le groupe dès l’intro, enveloppant le chanteur cagoulé et masqué d’une vague de brouillard envoûtante. Jusqu’à ce que Butler se libère soudain de ses voiles noirs, sous des lumières clignotantes et blafardes.
Sans crier gare, un live électrique se met en route, porté par des musiciens pêchus aux gestes saccadés. Fever 333 est synonyme d’une rage criarde à souhait, presque punk. Des paroles politisées, révolutionnaires, s’imaginent sans peine venir se greffer sur une telle hargne musicale. Résolument actuel, ce rap métal énervé façon Body Count vole la vedette sans peine à Bring Me The Horizon.



Les pontes du metalcore alternatif britannique font leur entrée, submergés par un raz-de-marée de hurlements venant d’un public toujours plus dévoué. Pour les néophytes de ce genre musical plébiscité par la communauté adolescente, Bring Me The HorizonBMTH pour les intimes – peut s’interpréter comme la relève de Bullet For My Valentine, en tout aussi médiocre. Ces deux groupes, et tant d’autres avec eux, partagent en commun un fil conducteur ponctué de thématiques teenage, incluant scarifications et peines de cœurs, style emo, frange lissée et jeans lacérés. Sans oublier une dose de mièvrerie corsée, indissociable de l’existence même de ce sous-genre musico-narratif.

Quant à la prestation live du groupe de Sheffield, une chose est certaine : la niaque de leurs débuts semble édulcorée, perdue dans le passage du temps. Sans personnalité, le groupe peine à obtenir une identité. A force de ne pas se démarquer, il en devient irritant, déceptif. Il est pourtant évident que ces gaillards proprets savent à qui s’adresser, engendrant une fascination chez leur jeune audience captivée de bout en bout.

A force d’écouter cette musique dénuée de charme, molle et répétitive, l’on se demande si le metalcore ne serait pas le nouveau mal du siècle. La formule est plus que réchauffée : couplets en chant guttural, refrains pop et mélodieux… Une construction musicale qui n’a plus lieu d’être depuis Linkin Park.

Méconnaissable, le frontman Oliver Sykes a perdu son charme d’éphèbe. Dénué de charisme, sans les boucles sombres de ses débuts, le chanteur débarque épaissi, affublé d’une chemisette XXL… Son absence de dynamisme et sa voix fluette sont encore plus surprenantes. L’énergie propre au commencement du groupe en 2004 est remplacée par une recette électro-pop dénuée d’âme.

Avalanche est le seul tube parvenant à se distinguer de cette succession de titres sans saveur, plus percutant que le reste. La setlist semble toutefois combler les fan(girls), entre le très pop Follow You, le culte Happy Song et un final attendu sur Throne. Dans le genre metalcore, les australiens de Parkway Drive restent sur un piédestal, plus incarné, moins mielleux et mieux construit musicalement que Bring Me The Horizon.


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