DeWolff – I Me Mine
La Maroquinerie – Paris
Mardi 23 Octobre 2018


DeWolff, la relève du rock seventies a sonné

 

C’est une Maroquinerie remplie de connaisseurs qui accueille le three piece band hollandais le temps d’une soirée parisienne. I Me Mine assure l’opening, trio frenchie de pop indé débarqué de Toulouse le temps du show. Le groupe – tirant son nom du titre éponyme des Beatles – est une propulsion dans la Californie des années 60, chant à l’unisson et clavier en prime.

Les trois gaillards font leur entrée, affublés de chemises à figures géométriques identiques. Impossible de ne pas y voir une tendance rétro-hipster, résolument dans l’ère du temps. Le ton est donné ! I Me Mine est doté d’une aura atmosphérique et immersive, aux harmonies évoquant celles des Animals ou des Mamas and The Papas. Impossible de ne pas y voir une touche de Supertramp ou des Who ! Les influences des rockeurs nouvelle génération sont limpides.

Mélodique, d’un professionnalisme imparable, le groupe tient la route. On leur reprochera une certaine fadeur, un manque de niaque qui empêche le live d’atteindre une dimension anthologique. Le résultat reste inégal, même si les Beach Boys 2.0 valent le détour. Certains morceaux atteignent un stade hypnotique, d’autres sont moins captivants. Plus que facultatives, quelques incrustations électro ponctuent l’ensemble. Un retour à la réalité plus fade vers l’univers de la musique d’aujourd’hui ?





Entracte passé, le trio de DeWolff fait son entrée sur une scène tamisée, parcourue de tapis persans. Tout en crinière folle et veste frangée, les jeunes premiers en veulent, et le font sentir dès les premiers riffs. DeWolff ? L’oeuvre des frangins van de Poel et de leur acolyte claviériste Robin Piso. Autrement dit, le projet dingue de trois hollandais de trente piges prêts à casser la baraque.

Pablo, chanteur guitariste à la gueule d’ange saturée d’arrogance, enchaîne les morceaux percutants sans temps mort. Figure anachronique d’un jeune Axl Rose dans la fleur de l’âge, le frontman mi-freluquet, mi-rockstar conquiert son public dithyrambique. Accompagné d’un orgue Hammond omniprésent, emblématique des seventies, DeWolff est empreint d’une aura sudiste, classic rock à souhait. Fort d’un son psychédélique et bluesy, le trio mène la danse à coups de riffs au goût de reviens-y. Le groupe s’arme de longs moments instrumentaux dignes de Pink Floyd, surmontés d’une pincée des Doors et de Deep Purple. Comment faire l’impasse sur Steppenwolf, emblématique de l’univers d’Easy Rider ! DeWolff semble être né des cendres de ces figures mythiques, propulsant son audimat vers la fièvre des grands espaces.

Les tubes s’enchaînent, issus pour certains de Thrust, dernier album à l’énergie catchy. Sur certains morceaux, l’absence de basse se fait sentir, l’orgue ne pouvant combler le groove manquant dans son intégralité. Pablo van de Poel s’égare dans des solos dantesques, semblant s’isoler dans son propre monde – parfois en dépit d’une plus grande interaction scénique. Aujourd’hui, il manque aux trois gaillards une once de sueur et de dynamisme électrisant, pour faire de DeWolff un groupe d’anthologie. Diamant brut par excellence, la formation se peaufinera sans nul doute au fil des années, pour atteindre le panthéon inestimable de leurs aïeux des seventies.

 


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