MUSIKÖ_EYE Fest 2017
Samedi 25 novembre
Crosne


MusikÖ_Eye


Dans mon plaisir de photographe, mais plus généralement de métaleux, il y a la participation à des événements qui mettent en valeur la scène locale et des groupes à fortes valeurs artistiques. Incontestablement le MUSIKÖ_EYE Fest fait partie de ceux-ci.
Par le soin accordé à la programmation, la qualité de l’accueil et du staff, la motivation et l’énergie des organisateurs, cette première Edition fut un vrai régal partagé par tous les spectateurs présents.

L’affiche brasse large, histoire de contenter chacun. Au menu 7 groupes qui donneront cette teinte si particulière à cette Edition.  Une bonne dose de  Thrash avec DYSTOPY,  COROSIVE ELEMENTS et LURKING, de l’extrême avec BLAZING WAR MACHINE et VOLKER, du Rock’n’ Blammmm (pour la baffe dans la gueule) avec FULL THROTTLE BABY, du Thrash spaghetti avec EXTREMA et un final du terroir avec ADX.

La salle est au top et les lights parfaites. Rien de mieux pour débuter une bonne journée de festival ! Seul bémol, le manque de spectateurs. Ok c’est en banlieue parisienne… Mais Crosne n’est pourtant qu’à 30 minutes  du centre de Paname et plutôt bien desservi. Qu’on ne vienne pas se plaindre qu’il n’y ait plus d’initiative Metoool hein. Bref !

 

C’est aux franciliens de DYSTOPY d’ouvrir les hostilités. Jouant à domicile ils sont en terrain conquis et bien à l’aise dans leur set.
C’est couillu, le quatuor envoie du lourd avec son thrash brutal  et le rendu est plutôt bon. La scène est large, la batterie et le groupe ont du mal à occuper l’espace. Ce n’est pas étonnant, car il est rare de trouver un évènement de cette taille pourvu d’une scène aussi grande.
Malgré un public plus que clairsemé, le quatuor fait le boulot, et sans faillir. Pour une mise en bouche il faut avouer que l’on est rentré dans le vif du sujet sans ménagement, et c’est tant mieux.



Changement de style et de visuel avec LURKING et sa frontwoman Delora tout de cuir vêtue en mode  Catwoman (sans le masque). C’est très agréable à voir, impression vite rejointe par l’efficacité de son chant.
La prestation est vraiment très bonne, le groupe étant bien à l’aise sur scène entourant Delora qui ne cesse de cavaler. Ce fut une découverte pour moi, et je dois dire que cela m’a donné envie d’en savoir plus sur ce quintet parisien à l’énergie communicative.
LURKING distille un Thrash tirant sur le death de très bonne facture, avec cette  sauvagerie impulsée par le chant de Delora.

 



On reste dans l’ambiance avec CORROSIVE ELEMENTS,  quintet également parisien distillant le même genre de thrash/death ultra violent et à l’efficacité redoutable. Certes Brice (le chanteur) n’a pas les mêmes atouts que Deolora (les gouts et les couleurs hein 😉 ) mais le résultat est là.
Les compos et leurs interprétations sont imparables et de haute technicité.
J’ai été particulièrement impressionné par la virtuosité de Thomas Humbert à la basse, et le couple Yves Pene / Tarik Usciati livrant des solis assassins. Bien entendu rien ne serait en place sans le rouleau compresseur  Rachid Trabelsi officiant derrière les futs.
Bon j’avoue, je suis fan de ce style de métal, me rappelant TESTAMENT, SEPULTURA et EXODUS pour le côté oldschool, avec ce petit quelque chose résolument moderne qui les démarque.
Très belle prestation. Bravo !



Changement radical de style, restant malgré tout dans un mode kick ass dans le ton, avec les FULL THROTTLE BABY.
Inutile de vous dire qu’avec ces lascars on ne reste pas longtemps tranquille dans son slip. Distillant un Rock estampillé  « bagarre » et sous l’impulsion de Julien Dottel au chant (qui officie également dans BUKOWSKI avec Timon Stobar à la batterie), le groupe nous balancera un set qui sera loin d’être calme.
Ici pas question de regarder passivement  un concert : Julien rappellera à l’ordre le public pour qu’il bouge son cul afin de sentir un peu la sueur. Les gus ne ménagent pas leur peine et, à l’image du slogan marqué sur le T-shirt de Julien (« ma main dans ta gueule »), le set agit comme un véritable uppercut.
Julien ira jusqu’à descendre dans la fosse, ou s’asseoir sur le bord de la scène histoire de faire chanter un peu le public.
Ayant commencé par un « ça va Villejuif ?  euh pardon, ça va Vitry ? », le ton était donné. Un set des FULL THROTTLE BABY c’est vraiment vénère, ça boost un max et garantie une grosse mise en chauffe des cervicales.
Ce fut un bon moment et putain ce que ça fait du bien! Merci les gars.



Ah VOLKER, groupe que j’attendais de voir sur scène depuis un bon moment déjà. Chose faite et plaisir à la hauteur de l’attente.
Jen est juste un show à elle seule et envoie du lourd. Juchée sur une estrade estampillée Bitch, la frontwoman joue son perso à la perfection, pendant féminin d’un Rob Zombie. D’ailleurs ils reprendront un titre du maitre si je ne me trompe pas (probablement Dragulax).  Avec une chanteuse au tempérament et à l’organe bien trempés pour vous filer une rouste auditive, le reste du groupe n’est pas en reste et la volée de bois vert ne se fait pas attendre.
Au final la prestation fut de haute voltige, puissante et déjantée comme je les aime. J’avais adoré leur dernier opus Dead Doll, et mon impression est confirmée en live. Bravo !



Seul incartade non hexagonale sur l’affiche, les italiens d’EXTREMA viennent nous donner une leçon de thrash puissant et massif au doux parfum des 80’s. J’avoue que malgré leurs 30 ans de carrière, je n’avais jamais entendu parler de cette formation, et je dois dire que le quatuor m’a plutôt séduit.
L’énergie des gus et le rapport au public du chanteur ont fait le boulot. Le guitariste est un virtuose, il assène ses riffs assassins avec une facilité déconcertante, de plus le groupe est doté d’un son excellent.
Les compos sont puissantes, et le chanteur n’est pas sans me faire penser à Chuck Billy (TESTAMENT) au niveau du timbre de voix.
Perso, c’est tout ce que j’aime dans le Thrash. Les italiens sont au taquet et le public suit sans se faire prier. Une très bonne leçon de musique distillée par un groupe à l’expérience incontestable. AU top ! 



Voici un groupe qu’il me tardait de voir également, monté par l’excellent batteur Franky Constanza : BLAZING WAR MACHINE prend possession de la scène, avec un peu de retard,  pour un set qui restera dans les mémoires.
J’ai pris une énorme claque ! Le jeu de Franky est à la hauteur de sa réputation et la frontwoman aussi possédée qu’efficace.
BLAZING WAR MACHINE c’est la violence à l’état pur dans un décor post apocalyptique. Irina assène des growl puissants qui tranchent avec l’image de la chanteuse. A fond dans son personnage vampirique, elle pose son regard proche de la folie sur le public visiblement conquis.
Le professionnalisme des 6 musiciens force le respect. Le set est carré, millimétré et ultra efficace. Les compos sont vraiment superbes dans le genre, et il me tarde d’entendre le prochain opus qui devrait sortir sous peu.



On finit avec des cadors du genre, affichant plus de 30 ans de carrière au compteur et s’amusant toujours autant sur scène. Une semaine après les avoir vu au Backstage à Paris, me voici encore comme un gamin devant ceux que j’allais voir à la Loco il y a de cela 30 ans.
La flamme est toujours là, à l’image de leur dernier et excellent opus Non Serviam, avec plus de 30 ans de carrière au compteur. Le sang neuf a fait son effet avec Nicklaus à la guitare (on ne peut qu’être excellent quand on porte un t-shirt de CORONER) et Julien à la basse. Mais attention : les vieux briscards que sont BetovPhil et Dog ont de l’énergie à revendre et le prouveront une fois de plus ce soir.
Et ADX va nous gâter avec une setlist aux petits oignons pour le vieux fan que je suis. Ouvrant sur le puissant Tourmente et Passion, le titre donne le ton d’une prestation qui va être énorme et festive. La cohésion sur scène fait plaisir à voir .On constate bien que les lascars prennent du plaisir à en donner. Didier « Dog » cogne sacrement fort, indéboulonnable. En compagnie de Julien ils imposent une rythmique massive qui fait la force d’ADX depuis toujours. 
Les deux grateux ne sont pas en reste. Betov et Nicklaus enchainent les riffs assassins, comme sur l’excellent Déesse du Crime (et son ouverture imparable à la guitare assenée par Betov), toujours à se regarder du coin de l’œil, le sourire aux lèvres. 
Phil est en voix ce soir, il n’a rien perdu de son timbre si reconnaissable.
La setlist est parfaite, reprenant Execution dans son intégralité avec les incontournables que sont La Complainte du Demeter ou encore le final sur Division Blindée.
Une bien belle prestation !

Au final on peut retenir la qualité de l’organisation du MUSIKÖ_Eye Fest, avec un staff efficace et un accueil au top. De la bonne nourriture, la bière Parisis (bio et du coin) au top et une expo de la talentueuse photographe Isis Vonmiaou, une affiche aux p’tit oignons, quoi de mieux pour un festival réussi ? Pas grand-chose, si ce n’est un peu plus de gus qui se bougent le derrière pour venir se dérouiller les cervicales.  Le MUSIKÖ_Eye Fest c’est beaucoup plus qu’un festival, c’est une équipe qui croit aux initiatives de ce type dans une communauté qui se veut être une famille avant tout. C’est l’amour de la musique qui anime ces équipes.
Il est évident qu’il faut soutenir activement ces initiatives riches de musique et de passions. Bravo à MusikÖ_Eye et souhaitons que l’expérience puisse devenir pérenne (cela ne tient qu’à vous).

 

Les Photos HD ICI


 

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