NICKELBACK – The Temperance Movement
Mardi 26 Juin 2018
Palais des sports de Paris

Nickelback, la déception post-grunge devenue pop!

 

A l’occasion du passage parisien des leaders du hard rock canadien nouvelle génération, une foule conséquente s’attroupe devant le Palais des Sports. L’event n’est pas sold out, mais bien rempli – témoignage de la popularité du boys band qui sévit à l’internationale depuis plus de vingt ans. En guise d’opening du Feed The Machine Tour, The Temperance Movement ouvre le bal pour une vague de rock n’roll made in London.

Excellente surprise que cette première partie teintée de blues, aux sonorités old school rafraîchissantes et indémodables. Entre Led Zeppelin et les Black Keys, le set s’enchaîne sans l’ombre d’un temps mort, porté par des musiciens endiablés. Phil Campbell, chanteur de Glasgow aux airs de dandy, incarne à merveille son personnage de frontman déchaîné. Maracas en main, alternant entre sauts énervés et déambulations incessantes, le jeune leader évoque l’été 69’ sans peine, entre Woodstock et The Isle of Wight Festival.
Les jeunots formés en 2011 ont de la bouteille ! Il faut dire que les Rolling Stones ont vu juste en les désignant comme première partie… Une fois le show terminé, une seule hâte : celle de redécouvrir ce groupe british lors d’un concert où ils incarneront la tête d’affiche.



La demie heure d’attente pour Nickelback s’annonce mal. Ponctuée d’un teaser indigeste sur grand écran annonçant la venue incessante du groupe, les quatre loustics filmés poussent à la consommation, invitant leur public à acheter des tee-shirts au stand de merchandising… Les mauvais échos de ce groupe, trop souvent qualifié de commercial, se font ressentir à juste titre.

Quelques riffs et les gaillards sortent de l’ombre, sourires bright et jeans ajustés. Nickelback serait-il devenu clean, débarrassé de sa réputation post-grunge au profit d’un pop rock lisse, à l’américaine ? On leur reconnaitra des tubes catchy et sympathiques, entre les ballades mélodieuses Photograph et Far Away, ou les hits dansants Something In Your Mouth et Figured You Out. Malgré tout, difficile pour le quatuor pourtant talentueux de s’extraire d’un carcan téléphoné, où chaque chanson évoque un générique de série tv sans réelle identité sonore.

“It’s a crazy Night !” Scande Chad Kroeger, frontman au minois à faire pâlir d’envie les jeunes femmes de la salle, omniprésentes. Pour les habitués des concerts et festivals, la provoc’ sera très rangée. La salle, conquise, y trouve son compte – le public de fans n’y trouve rien à redire. Le manque d’investissement scénique des gaillards est pourtant flagrant. Statiques, Chad, Mike et Ryan enchaînent facéties légèrement pesantes et dialogues avec les fans des premiers rangs, comme pour les remercier de l’achat de leur VIP Pass.

Trop propret pour être honnête, Nickelback se trouve désormais à des années-lumière du rock alternatif. Le show reste correct, musicalement acceptable, loin d’être inaudible. La magie ne s’invitera à aucun moment, faute à un manque d’originalité cuisant. L’on aimerait pouvoir conseiller à Chad de troquer son gobelet de bière opaque pour une bouteille de Jack, et son tee-shirt trop moulant pour sa plaid shirt de la fin des nineties… Lors d’un final manquant de pep sur Burn It To The Ground, une seule certitude se définit alors pour les nostalgiques des années 2000 : mieux vaut dépoussiérer les premiers albums de Nickelback, que de faire le déplacement pour un live d’une insignifiance aigüe.


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