Pain + Corroded + Sawthis
Petit Bain – Paris
Vendredi 27 Octobre 2017


En ce doux vendredi soir d’octobre, il est temps d’aller se décrasser les cervicales dans notre péniche préférée, qui accueille ce soir une tête d’affiche exactement identique à celle qui s’y trouvait à une date exactement identique en 2016 ! Pain est un peu remanié, et désormais accompagné de leurs compatriotes de Corroded, ainsi que du groupe Sawthis qui se chargera d’ouvrir les hostilités.

19h, le premier groupe de cette soirée fait son entrée. Cinq italiens bien décidés à réchauffer le Petit Bain, avec pour cheminée un gros thrash metal qui fait l’effet d’un bulldozer.

Les riffs s’enchaînent, et les têtes commencent à suivre le rythme. Le son des italiens est pour le moins efficace, bien dosé entre une hargne explosive, une section rythmique suffisamment carrée, et chant clair parcimonieux. En effet, le chanteur lead dont les vocaux saturés n’ont rien à envier à certains groupes de death, est parfois secondé par l’un des guitaristes, qui vient amener un peu de mélodie dans un groupe résolument thrash, et ce n’est pas pour déplaire à mes oreilles fans de ce contraste.

Sur scène, Alessandro au chant saturé hurle dans le micro, avec une posture qui n’est pas sans rappeler certains groupes de core. Les deux guitaristes s’échangent les riffs avec une efficacité rare et une certaine complicité (il faut bien l’avouer, c’est préférable !), le batteur Michele sue sang et eau sur ses fûts tant il se déchaîne, mais c’est surtout un dénommé Gaetano qui retient toute notre attention. Le bassiste de la formation déploie toute son énergie, remue son crâne rasé, harangue le public perché sur des retours, bref il sait se faire remarquer, et ça marche ! On retient son extraordinaire présence scénique, qui vient soutenir le son agressif et ravageur de ses comparses.

 

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Après 30 petites minutes de set, les italiens s’éclipsent, sous des applaudissements chaleureux, qui traduisent bien l’effet qu’ils auront eu sur le public parisien.

Durant le quart d’heure suivant, les petites mains et les gros bras s’affairent pour préparer la scène à accueillir le groupe suivant : Corroded. Pour moi, c’est là que les choses deviennent intéressantes. Corroded, c’est ma trouvaille de l’année. Ne nous mentons pas, tous les ans, nous autres assidus de musique tombons sur un groupe par un hasard ou un autre, et notre réaction première ressemble à quelque chose du genre : « mais ils se cachaient où, ceux-là, jusqu’ici, pour que je les ai loupés ? ». Bon, eh bien pour moi, en 2017, c’est Corroded. En début d’année, un album dénommé Defcon Zero est passé à portée de mes oreilles. Première écoute, première tête qui bat le rythme, et puis 50 minutes qui m’ont de plus en plus convaincue. OK, on la tient cette pépite. Alors quand l’affiche qui mêle un des groupes qui me sont le plus cher et cette « nouvelle » pépite passe sous mes yeux, imaginez mon engouement, voire même mon incrédulité ! Bref, il me tarde de découvrir ce que les suédois ont dans le ventre.

En ouverture, « Carry Me My Bones », single du groupe, et diablement efficace, en ouverture de set, d’album, ou en single, cette chanson a tout du hit. Accrocheur à souhait, le titre réussit à harponner une bonne partie de l’audience. On continue avec « Gun And A Bullet », titre qui serait fort sinistre s’il n’était pas aussi groovy. C’est peut-être ça qui est si séduisant chez ce combo : un mélange de heavy et de groovy, de sinistre et d’entraînant. La voix de Jens Westin se prête parfaitement au genre, rocailleuse, parfois saturée, elle sait nous emmener dans l’aventure qu’est chacune des chansons du groupe. L’instrumental n’est pas en reste, avec des rythmes super-carrés, mais pas d’une technicité impressionnante (désolée pour les fans de blast beats) ce qui laisse le loisir au batteur de faire la grimace à la moindre approche d’un objectif, et des riffs accrocheurs, qui laissent parfois la place à un solo bienvenu.

Côté visuel, passé le tirage de langue intempestif de notre ami Per, tout est des plus classique. Le bassiste s’appuie sur son retour pour aller voir de plus près les visages du premier rang, Jens tient son rôle de leader d’une main de maître, et Tomas sait nous entraîner dans le voyage riffistique que propose le groupe.

A la fin de leur set, je constate avec une certaine fierté (mal placée j’en concède) que le public à bord ce soir-là semble aussi conquis que je l’ai été à l’écoute de ce Defcon Zero, qui sonne comme un nom de vaisseau spatial, et je crois bien que c’est un OVNI !

Setlist :

Carry Me My Bones
Gun And A Bullet
Vessels Of Hate
Fall Of A Nation
Age Of Rage
Burn It To The Ground
Retract And Disconnect
I Am The God
6 Ft Of Anger

 

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Après un nouveau changement de plateau, qui nous dévoile l’imposante batterie de Tägtgren fils, la tête d’affiche se prépare à faire son entrée. Pain, s’il est besoin de le rappeler, est né il y a plus de 20 ans de l’imagination du « savant fou » comme j’aime à l’appeler, Peter Tägtgren. Conçu comme un projet solo lui permettant de coucher sur album les idées qui ne pouvaient pas convenir à Hypocrisy, principal groupe du multi-instrumentiste, Pain prend peu à peu une place de choix dans la scène indus.
Sur scène, le line-up a connu de nombreux changements, c’est bien le propre du line-up live d’un projet solo ! L’an dernier, Peter était accompagné de Greger Andersson (DeVan) à la guitare, André Skaug (Clawfinger) à la basse, et son bien-aimé fils Sebastian Tägtgren derrière les futs, en remplacement de David Wallin, trop occupé avec Hammerfall. La soirée fut mémorable (surtout pour mes cervicales meurtries), et j’ai d’abord cru à une faute de frappe ou à une mauvaise blague d’un ami connaissant mon amour pour ce groupe quand il m’a envoyé l’affiche « Pain au Petit Bain le 27/10/17 ». Et pourtant, 365 jours plus tard très exactement, je suis de retour sur la péniche, les cervicales mieux échauffées que l’an dernier.

Trois des quatre chevelus sur scène sont restés fidèles au poste, dans leurs nouveaux costumes. Seul changement, André est remplacé par Jonathan Olsson, que les fidèles auront découverts l’an passé en première partie de Pain avec Dynazty.

Gros changement en revanche niveau setlist ! L’an dernier, le but était clairement affiché : présenter le nouvel album Coming Home, avec une quasi-moitié de la setlist qui lui était consacrée. Cette fois-ci, seuls les singles sont restés en lice, ce qui a permis aux fans de longue date (oui, je prêche pour ma paroisse !) de retrouver la diversité tant aimée, et l’incontournable cover d’ « Eleanor Rigby » des Beatles.

Démarrage en trombe avec le très entraînant (et très personnel) « Dancing With The Dead » ! Tout le monde est d’emblée mis au parfum, ça va envoyer ce soir ! Enchaînement sans temps mort avec « Monkey Business », pépite de riffs entêtants. La foule entonne le refrain en choeur : « I’m not gonna take this shit, I’m not gonna drown » je l’ai chanté cent fois, mille fois, mais c’est avec ferveur que je me joins aux dizaines d’autres voix pour soutenir celle de Peter.

Le premier single de Coming Home fait son apparition, « Black Knight Satellite », avec son costume de hit taillé sur mesure. C’est ensuite un vieil ami qui vient nous faire secouer la tête, le morceau « Suicide Machine », monstre d’efficacité. Quelques titres plus tard, comble du bonheur, un de mes petits chouchous, « Zombie Slam » entre en scène avec son riff si caractéristique, annonciateur d’un grand défoulement, suivi de « Call Me » où le couplet de Joakim Brodén (Sabaton) sera repris avec brio par Greger.

Tout au long de la soirée, les morceaux s’enchaînent, les émotions s’enchaînent, tantôt dansant, tantôt agressif, tantôt poignant avec un « Coming Home » qui ferait lâcher une larmichette aux plus sensibles d’entre nous, quand Greger gratte les premiers accords sur guitare sèche, et Peter ouvre son cœur de quadra épuisé. Il nous faudra bien un bon vieux « On And On » pour redynamiser tout ce petit monde, car nous arrivons déjà en fin de set, et la dépense d’énergie commence à se faire sentir.

Sur la scène, on trouve quatre potes. C’est quasiment jouissif de voir ces quatre-là jouer ensemble, échanger regards complices et mots à l’oreille, jouer avec le public… et c’est un pur bonheur de voir le « mini-Peter », comme il est bien souvent appelé par son père, cogner les fûts à l’instar de son idole Joey Jordison.

On ressort lessivé, la tête un peu lourde d’avoir trop battu le rythme, le t-shirt trempé de sueur et de bière, le Petit Bain transpire lui aussi, mais le set fut beau, et surtout bon ! L’OVNI fou Tägtgren a encore frappé. Et si j’avais un souhait à formuler à ce génie-là ce serait tout simplement qu’on remette ça le 27 octobre 2018 !

Setlist :

Dancing With The Dead
Monkey Business
Black Knight Satellite
Suicide Machine
Dirty Woman
The Great Pretender
Save Me
Zombie Slam
Call Me
Same Old Song
End Of The Line
Nailed To The Ground
Coming Home
On And On

You Only Live Twice
Eleanor Rigby
Shut Your Mouth

 

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