Retour sur la quatrième édition du Pulp Festival


Devenu référence dans l’univers de la bande dessinée, le Pulp Festival s’est tenu pour sa quatrième édition ce weekend. Imaginé par Arte et la Ferme du Buisson en 2014, ce festival continue d’explorer et de magnifier avec intelligence l’univers du 9ème art dans ses multiples facettes. Conférences, expositions, projections et spectacles mêlant musique, théâtre et dessin en direct… De quoi donner un bel aperçu de la richesse du monde de la BD, foisonnant de talents.

Big up pour deux spectacles qui auront particulièrement marqué les esprits. Le Circaète, pièce basée sur la bande dessinée Presque du grand Manu Larcenet, qui aura offert au spectateur une plongée dans l’expérience absurde et révoltante du service militaire. Institution où l’on fabrique à grands coups d’humiliation, l’inertie collective et la résignation. Cynique à souhait, une belle retranscription du récit initial de l’auteur.

Le Circaète. Crédit Charles Vairet / Anne Astolfe © Milan Szypura

 


Dark Circus, un bijou de créativité et de justesse technique. D’après une histoire originale de l’ingénieux Pef, père du Prince de Motordu, deux plasticiens et musiciens ont fait virevolter sur scène encre, sable et silhouettes de papier, le tout retranscrit en simultané sur grand écran pour donner vie à un véritable film d’animation en direct. Juste génial.


Dark Circus



Côté expositions, coups de cœur cette année encore. La Ferme du Buisson, anciennes usines du chocolatier Menier construites en 1880, jouit d’espaces insolites tels que d’un abreuvoir, d’une halle, d’un grenier et d’écuries. Sont alors proposées des expositions utilisant ces espaces avec intelligence, offrant des scénographies toujours originales où les spectateurs sont amenés à se balader, parcourir, toucher, écouter et à vivre pleinement les histoires qui sont racontées.

Un piano Oriental, exposition construite autour de la BD du même nom de l’autrice Zeina Abirached, dans laquelle elle raconte l’histoire de son arrière grand père qui, dans le Beyrouth des années 1960, désireux de rapprocher les traditions musicales d’Orient et d’Occident, s’était lancé dans la création d’un piano bilingue, un piano unique à quart de ton.  Une exposition immersive et sonore, construite au fil de notes de musique et des bruits des rues animées du Liban, qui plaira certainement à tous les musiciens.


Zeina Abirached


Ernest et la quatrième dimension, exposition imaginée par le dessinateur François Olislaeger, est un voyage auprès d’un enfant en deux dimensions, s’aventurant au cœur d’une bande dessinée  et qui de case en case, découvre un monde en trois puis quatre dimensions. Visuelle et ludique, une jolie expérience physique.


François Olislaeger


Le Divan de Liv, sous forme d’un boudoir salon de lecture rétro-kitsch, l’exposition nous dévoile l’univers de l’une des autrices les plus lues de Suède, Liv Strömquist, qui mêle analyse scientifique et humour grinçant, les questions d’amour, de couple et de rapports entre les sexes. Une réflexion pertinente sur les tabous et absurdités culturelles qui régissent malheureusement encore trop la vie des femmes aujourd’hui.


Liv Strömquist


Enfin, le Manchot Mélomane, parcours rétrospectif du travail riche et très graphique du dessinateur multi-primé Nicolas de Crécy. On y découvre toute la richesse de son imaginaire au travers de plus de 150 planches et illustrations, depuis son premier album Foligatto jusqu’à son dernier La république du catch.  La première partie de l’exposition est quant à elle consacrée à une immersion dans l’histoire de la BD vu par De Crécy, par une sélection d’une trentaine de planches et dessins des plus grands auteurs de bande dessinée. Moebius, Tardi, Mattoti, Blutch, Bilal, Winsor McCay, Killoffer, Dubout, Herriman, Calvo… du génie en veux-tu en voilà. Un bel hommage aux plus grands. Les puristes de la bande dessinée apprécieront.


De Crécy



Pari une nouvelle fois réussi pour cette quatrième édition du Pulp Festival. De très belles explorations, un Art mis en avant comme il se doit dans une ambiance conviviale et populaire, une franche invitation à sortir de l’expérience solitaire du lecteur pour se laisser guider dans une redécouverte du 9ème art. 

Malgré que le festival se soit terminé dimanche, toutes les expositions sont encore accessibles jusqu’au 14 Mai à la Ferme du Buisson. Alors, courrez-y ! Le spectacle Dark Circus est quant à lui en tournée ! (Toutes les informations ici : http://www.stereoptik.com/calendrier/categorie/dark-circus/ )

 


 

 

La ferme du Buisson

Allée de la Ferme 77186 Noisiel

Accès : RER A arrêt Noisiel + 5 min à pied .

 

 

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