Rencontre avec Antoine (batteur) et Baptiste (guitariste) de STOLEN MEMORIES à l’occasion de la sortie de leur troisième opus « Paradox ».
(merci à Philippe Bareille pour la photo)

 


Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?

Et bien nous sommes STOLEN MEMORIES, un groupe de métal prog de Lyon et nous allons sortir notre troisième album « Paradox » le 27 octobre avec Dooweet Agency.

4 ans se sont passés depuis la sortie de Blind Consequence votre second album. Pourquoi autant de temps ?

Baptiste : Nous avions besoin de faire un break. Nous étions un peu blazés de certains aspects de la musique, nous n’avions pas atteint les objectifs que nous nous étions fixés avec ce deuxième album. Ajoutés à cela les problèmes personnels de chacun, cela a eu comme résultat une sorte de trop plein.
Du coup pour éviter de s’engueuler, de gâcher notre passion, on a tous décidé de faire ce break.
Cela nous a vraiment fait du bien ce break d’un an.

Vous avez d’autres projets en parallèle ?

Antoine : Oui je joue dans un autre groupe ou je suis chanteur. Dans un style de musique complètement diffèrent. Ce n’est absolument pas un frein pour STOLEN MEMORIES et j’ai d’ailleurs encore les deux.

Parlez-nous un peu de la conception de Paradox. Qui fait quoi et comment travaillez-vous ?

Baptiste : En fait je compose des morceaux, j’en fais des maquettes les plus abouties possible et je leur soumets afin qu’ils aient ma vision de la composition. Ensuite ils travaillent et développent ces maquettes qu’ils arrangent à leurs sauces pour sublimer le tout. Puis on se retrouve en repet pour peaufiner ensemble le morceau jusqu’au résultat final.

Et pour les textes, c’est également toi qui amène cette partie ?

Baptiste : Alors pour les textes c’est principalement Najib qui les compose, mais aussi Antoine qui en a écrit quelques-uns et sur l’album d’avant. Une fois le morceau complétement terminé, Najid s’inspire de la musique pour écrire le texte. Antoine c’est un peu pareil.

Antoine : Oui. On se met tous d’accord sur le concept ou le thème que l’on amène et après c’est parti. C’est spontané. J’en ai écrit deux sur Paradox.

Pouvez-vous m’en dire plus sur les thèmes abordés sur Paradox : ce n’est pas un concept album ?

Baptiste : Non ce n’est pas un concept album. Quoique. On a choisi le titre « Paradox «  pour plein de raisons mais avec une ligne directrice : c’est le Paradox du monde dans lequel on vit aujourd’hui. On peut dire que c’est un peu le fil conducteur. Najib s’est pas mal inspiré de la folie de l’humain. Il suffit de regarder l’actualité pour le voir.

Antoine : La première piste de l’album, Red Spring, s’inspire d’ailleurs du printemps arabe. C’est d’actualité, de  plus Najib étant Marocain cela le concerne tout particulièrement.

Baptiste : Il y a Exile, dont on a fait un clip, qui est aussi un titre engagé traitant des saccages de l’homme sur l’environnement.

Alors justement, comment se conçoit un clip comme Exile ?

Baptiste : Alors on a confié le projet à Block 8 Production à qui on a fourni le texte et la musique qui n’étaient qu’au stade de démo à ce moment. Ils nous ont proposés un premier scenario qui ne m’a pas du tout plu, je ne m’attendais pas à ça. Par contre le deuxième m’a directement séduit et on les a laissé faire sur cette base. Ils ont fait un super boulot.

Quel est le modèle économique de STOLEN MEMORIES ? Vous travaillez tous ?

Baptiste : A l’heure actuelle on ne vit pas de la musique, on a tous des boulots différents. Pour l’instant STOLEN MEMORIES nous coute plus d’argent qu’il ne nous en rapporte (rires).

Antoine : C’est la conjoncture du moment pour la musique c’est sure. C’est clairement un budget sur ta vie que d’avoir un groupe. Ce sont des sacrifices aussi.

Baptiste : C’est un peu comme une bande de potes qui montent leur petite entreprise. On investit dedans et on verra bien ce que cela donnera.

Et au niveau de la vie de famille, cela se gère comment ?

Baptiste : ça se gère. Personnellement j’ai 3 enfants et cela se gère très très bien. J’ai une femme conciliante (rire). C’est surtout énormément d’organisation.

Antoine : Oui nos femmes nous soutiennent (rires).


Vous êtes un groupe français, Pourquoi prendre le parti de chanter en anglais plutôt que dans votre langue natale ?

 Baptiste : C’est clairement pour une ouverture à l’international. Malgré qu’il y ait de très bons groupes de métal hexagonaux chantant en français, il ne faut pas se leurrer, ce n’est pas l’endroit où tu marcheras le mieux. Si tu veux toucher ne serait ce que nos voisins allemands, tu dois chanter en anglais pour t’exporter.

Antoine : Chanter en français ce serait mettre un frein à notre carrière je pense. Déjà que le  prog ne touche pas forcement une population très large du métal, alors si en plus on chantait en français…

Quelles sont vos influences en dehors du métal? Avec un titre comme The Badge par exemple, vous mélangez du heavy speed avec des incursions Jazzy et Bluesy. Idem sur Obedience avec des parties plus aériennes notamment au piano/clavier.

Baptiste : Pour ma part mes influences restent autour de la guitare, avec des artistes comme Kiko Loureiro, ou Greg Howe qui fait de la fusion avec un coté jazz indéniable. J’aime aussi le funk, ça me parle, et j’aime mélanger cela au métal car je trouve ça hyper intéressant. Nous faisons du métal prog, mais nous n’écoutons pas que ça loin de là. On le joue car c’est dans ce style qu’on prend le plus de plaisir en conciliant tous ces styles.

Antoine : Perso j’écoute même du folk, j’en joue aussi. Des trucs post rock voire même pop par moment aussi. C’est très varié.

 Stolen memories

Vous avez mis combien de temps à composer et finaliser cet album? Vous aviez du matériel « ancien » que vous avez utilisé avec Paradox ?

Baptiste : Non, on est parti sur une page blanche. Sinon de la conception des démos à leurs finalisations en studio il s’est passé environ un an et demi.

Vous avez un manager ou gérez-vous tout tout seuls ?

Baptiste : Aujourd’hui nous avons effectivement quelqu’un qui s’occupe de nous et nous manage. C’est Christophe Souza de Dooweet Agency. C’est également notre agent de promo pour l’étranger.

Vous avez des projets de tournées ?

Antoine : Pour le moment on a une date le 24 novembre pour le lancement de l’album, au Warm Audio à Décines dans la région Lyonnaise. On aura une setlist 100% Paradox pour lancer l’album comme il se doit.

Baptiste : Christophe est en train de s’occuper de la suite pour nous booker des dates. C’est en cours.

Quelle vision avez-vous de la scène métal française en particulier, et de l’étrangère au sens large ?

Baptiste : En ce qui me concerne je trouve qu’en France on regarde trop derrière et pas assez devant. Dans tous les sujets d’ailleurs. On est trop attaché à nos vieilleries, c’est toujours les mêmes rengaines qu’on ressasse. Musicalement les medias en France ne considèrent pas les groupes français. Il n’y a pas d’entraide.

 Antoine : Regarde un Metallica qui passe dans Taratata, c’est bien mais derrière il n’y a aucun groupe émergeant de la scène locale qui est mis en avant.

En fait il n’y a pas de prise de risque de la part des gros medias ?

Baptiste : Voilà c’est tout à fait ça. J’ai l’impression que ces medias et une majorité des français ne considèrent un groupe qu’à partir du moment où il a percé à l’étranger et que l’on commence à parler de lui en dehors de la France.

Antoine : C’est le côté underground de la musique qui fait peur en France.

Baptiste : Pourtant en France il y a une belle scène métal, avec des infrastructures au top comme le Hellfest par exemple. Ça reste une énigme.

Antoine : En même temps le Hellfest est aussi un exemple de ce dont on parle. Au final il n’y a pas tant que ça de groupes français à l’affiche de ce festival.

Aujourd’hui le model économique du milieu de la musique impose aux groupes de tourner plus pour gagner de l’argent, en vendant des places et du merch. Pour un groupe comme STOLEN MEMORIES c’est plutôt un problème ou au contraire un bon moyen de subsister ?

Baptiste : Je pense que c’est plus un problème qu’autre chose. Aujourd’hui il y a beaucoup trop de groupes, et la scène est surchargée. Etant donné qu’il faut tourner plus, cela devient vraiment problématique. Il y a une énorme concurrence, comment se partager la scène ?

Antoine : C’est encore un paradoxe. Il y a un paquet de groupes qui viennent jouer en France, mais ils ne passent qu’à Paris en règle générale. Et toi en tant que lyonnais tu as du mal à jouer dans ton propre pays, à y trouver des dates. C’est fou.

 

A l’inverse, il y a de plus en plus de festivals, de toutes tailles. Ne pensez-vous pas que le modèle des concerts change aussi ?

Antoine : Oui bien sûr. Et cela permet aux groupes de toucher un plus large public. Tu as raison, il faut faire avec son temps et regarder en avant comme disait Baptiste.

Baptiste : On est obligé de s’adapter c’est vrai. Il y a 10 ans tu n’étais pas obligé de sortir un clip pour un nouvel album. Aujourd’hui c’est indispensable : on privilégie d’abord l’image au son.

Antoine : C’est l’objet ultime de com. Moi par exemple, j’ai découvert plein d’artistes sur youtube.

Quelle est la principale critique que tu pourrais faire de cet album ?

Antoine : C’est difficile de répondre car que c’est encore tout frais. Mais je peux déjà dire que je trouverais moins de défauts à celui-ci qu’aux deux premiers.

Baptiste : On maitrise beaucoup plus notre sujet. On est vraiment content du résultat.

 

Un mot sur l’artwork de la pochette. C’est quelque chose que vous maitrisez ou vous avez fait appel à quelqu’un ?

Baptiste : Cela s’est passé exactement comme pour le clip. On a confié le boulot à Stan Decker sans lui donner de ligne directrice, juste le titre de l’album. On voulait quelque chose de moderne. Il connaissait déjà le style du groupe  et nous a proposé dès l’ébauche quelque chose qui nous a tout de suite plu.

Antoine : C’est pareil que pour le logo qu’il a refait.

 

Une dernière question, quels sont vos albums de chevet en ce moment ?

Antoine : Alors moi c’est clairement le dernier Foo Fighters. Je suis un grand fan de Dave Grohl (rires).

Baptiste : Perso je n’ai pas d’album de chevet. Par contre il y a un album qu’il faut que j’écoute au moins une fois par mois, c’est le dernier opus de Zierler sorti il y a 2 ans. Cet album, Esc, est vraiment monstrueux.

 

Leave a reply

Laisser un commentaire

Qui sommes nous

Une équipe animée par une passion commune des ambiances live, collant au plus près de l’actualité musicale. Among The Living vous fait (re)vivre des moments forts à travers ses articles. Enjoy !

Nous suivre

Among The Living © 2017