Rencontre avec Brice (chanteur / guitariste) et Simon (Guitare) du groupe FURIAPOLIS à l’occasion de la sortie de leur premier LP « Déesses ».

 


Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?

Brice : Nous sommes FURIAPOLIS. Nous venons de Marseille et on fait du Rock. Et on a décidé de le faire en français.

Vous existez depuis 2009 c’est ça ? Avec un premier EP en 2011, racontez moi un peu l’histoire de FURIAPOLIS.

Brice : En fait en 2009 on a créé un groupe de reprises pour jouer dans les pubs. C’était ça le plan. Ensuite on a commencé à composer et après un changement de line up en 2010 nous étions au complet pour partir dans l’écriture et du live. Après 3 EP voici donc l’album.

C’est plutôt curieux comme parcours de faire 3 EP avant d’arriver à un album, qui plus est quand on passe de l’anglais au français ?

Simon : Le coup de passer de l’anglais au français c’est plus un challenge que l’on s’est fixé plutôt qu’autre chose. Avant c’était plus simple pour nous de faire un EP et d’avoir un morceau qui vivait à travers lui plutôt qu’un album ou il y aurait eu des titres qui seraient passés à la trappe.
On vivotait comme ça car l’important pour nous était de faire du live. Et là on s’est un peu posés et on a décidé d’écrire en français. On s’est fixé un projet, celui de faire un album de rock français.

Brice : Le fait de faire plusieurs EP avant cet album est aussi lié à l’arrivée récente de Nicolas notre batteur. Il est arrivé avant notre 2eme EP. Pour le 3eme EP on nous a proposé de l’enregistrer gratuitement, et cela ne se refusait pas. L’album serait arrivé plus tôt si nous n’avions pas eu cette proposition.

Simon : Je pense que ce temps-là a été nécessaire, notamment parce qu’il a vu arriver des compos en français et l’on s’est rendu compte que cela pouvait fonctionner. C’est vrai que notre culture musicale est avant tout anglo-saxonne. Jeune j’écoutais des RED HOT, THE OFFSPRINGS, les FOO FIGHTERS et bien d’autres. C’est difficile de se détacher de ça et de commencer à écrire en français. Cela prend du temps.

Si je vous dis que je trouve que vous avez beaucoup plus de pertinence en chantant en français qu’en anglais, qu’en pensez-vous ?

Brice : Tu n’es pas le seul. Et en disant cela tu me prouves que notre but est atteint. Je suis content car je t’ai touché comme on avait envie de toucher les auditeurs.

Il y a quelques mois nous avons rencontré MALEMORT, un groupe français qui chante également dans cette langue. Xavier le chanteur nous disait qu’il ne concevait pas de chanter en anglais car il ne pourrait pas exprimer dans cette langue ce que le français lui permettait de restituer. C’est la même chose pour vous ?

Brice : Je suis complétement d’accord. Il y a tellement plus de subtilité en français qu’en anglais.

Simon : Aussi l’objectif clairement assumé c’est d’avoir des textes auxquels le public peu facilement s’identifier.

Brice : C’est vrai qu’en chantant en français on a un réel échange avec le public et une vraie compréhension.

Simon :
Maintenant l’exercice d’écriture est plus complexe en français ne serait ce qu’en terme de sonorité.

Comment se passent les phases de compositions ? Comment travaillez-vous ?

Brice : Nus (rires). J’aime composer des parties de guitares chez moi, sur lesquelles je mets des lignes de chants souvent en « yaourt ». Ensuite je ramène mes compos et ils me mettent des croix rouges ou bleues (rires). Si ça passe on se met à bosser tous les 4. On travaille énormément par ordinateur et on fait des pré-prod avant le studio. Les textes arrivent après.

Simon : Ce qui est important c’est d’avoir de base des chansons qui aient du sens en terme de mélodie au sens large.

Quel est le model économique de FURIAPOLIS ?

Simon : Alors on l’appelle la banqueroute (rires).

Brice : La dèche !

Simon : En fait on bosse tous à côté.

Brice : En même temps on a lancé un Crowdfunding pour cet album, ce qui nous a permis d’en financer une bonne partie.




Comment définissez-vous votre style?

Simon : Pourquoi tu veux qu’on définisse notre style ? (rires)


En fait vous rebondissez sur cet album, d’un rock énervé à des cotés plus « pop ». On sent que vous vous faites plaisir sans calculs non ?

Brice : C’est exactement ça. C’est la joie de l’autoprod, avec personne pour nous dire quoi faire. C’est vrai qu’avec Déesses on voyage.
Il faut bien avouer qu’on est pas mal influencés par les FOO FIGHTERS, on fait du rock alternatif, mais on a une identité propre et on a du mal à entrer dans une case.

Simon : Chantant en français c’est difficile de nous mettre dans une case « francophone ». A mon sens c’est tout l’intérêt de ce que l’on fait.

Comment se porte la scène Rock marseillaise ?  On a l’impression que les tournées évitent la région. C’est un problème d’infrastructures ?

Brice : Nous avons des infrastructures pour recevoir les groupes ce n’est pas le problème, par contre il est plutôt financier. Quand un groupe arrive en Europe, il commence par l’’Angleterre, puis il passe par Paris et Lyon et après ? Bah il va en Allemagne. Tu ne descends pas à Marseille ou Nice. En termes de « routing » Marseille est dans le trou du cul du monde.

Simon : Au mieux ils descendent directement en Italie à Milan ou Turin. Comme Lyon n’est vraiment pas loin, le déplacement ne vaut pas le coup. Les fans se déplacent à Lyon.

Pouvez-vous me parlez du titre 007 ? James Bond est en fuite, mais pour où et pourquoi ? C’est une sorte d’hommage à la série et au personnage ? Vous reprenez les titres des différents films pour construire votre texte.

Brice : Arf non, on ne peut pas t’en parler sinon on doit te tuer après… (rires). Plus sérieusement j’ai toujours adoré les BO de James Bond. Alors oui, musicalement on a tout piqué sur ce titre. Après on respecte les codes du film. 
D’un autre point de vue, on identifie les méchants dans les films de James Bond avec ceux que l’on peut rencontrer dans notre quotidien. Dans la réalité, au final, ils sont souvent pires que dans les films.

Simon : ça dit aussi qu’à certains moments c’est tellement le bordel que même James Bond se barrerait. (Rires)

furiapolis

Qui est accroc au chocolat dans le groupe ?

Brice : Ah ah ah, je plaide coupable.

La pochette est superbe à mon gout, qui en est à l’origine ? Elle a un côté très 50’s

Brice : Elle est de moi. J’avais envie de représenter au mieux ce titre « Déesses », et j’ai pris le visage apaisé de quelqu’un qui dormait et je l’ai retravaillé avec des logiciels sur ordinateur.

Simon : C’est clair que les retours sur la pochette sont tous très bons.

Vous avez des titres plus anciens que vous avez remaniés pour DEESSES ? Il y a eu un travail de réécriture ?

Brice : Il y a Walk Away et 007 que nous avions déjà en stock. A part ces deux-là, le reste de l’album est entièrement neuf.

Parlez-moi d’Olivier RABEYROLLES, le 5eme homme. Il est photographe et c’est plutôt inhabituel qu’une fonction comme celle-ci soit mentionnée à ce niveau sur un album non ?

Brice : En fait il n’est pas que photographe, il est tout ! (rires)

Simon : Si tu veux, les violons qu’il y a sur 007 c’est lui. Tu as besoin d’une session de photos promo, il vient. Pour Emigrate Or Not?, le clip c’est lui. On part en tournée, il est là, il est capable de nous faire du son, des light, etc…

De la coco, pourquoi ce titre? C’est du vécu ?

Brice : En fait j’ai un ami proche qui est malheureusement pris par la vie et son taf. Il prend de la drogue pour suivre le rythme et je l’ai vu tomber la dedans et j’ai voulu en parler avec De La Coco.

Pouvez-vous m’en dire plus sur le titre Emigrate Or Not ?Quel message avez-vous voulu faire passer ?

Brice : C’est de se dire quel intérêt j’ai, en tant qu’être humain, d’aller travailler dans mon usine qui pollue, ou à faire des inspections comptables chez des gens qui n’ont pas les moyens de payer, plutôt qu’aller à la rencontre des vrais gens.
Est-ce qu’un Chiite qui ne comprend pas les Sunnites n’aurait pas intérêt à aller à la rencontre de l’autre pour essayer de se comprendre ?
Cette chanson parle un peu de ça. C’est un message simple à la miss France (rires).

Vous allez tourner bientôt avec cet album ?

Brice : On a quelques dates de calées comme fin Mars à Grenoble, puis on redescend sur Toulon et l’arrière-pays Niçois. Nous avons aussi quelques dates en festivals et des touches. Nous sommes vraiment en recherche de scènes pour la promotion de Déesses.

Simon : Nous sommes également en recherche de partenaires qui seraient intéressés pour nous faire tourner.


Rencontre avec Brice (chanteur / guitariste) et Simon (Guitare) du groupe FURIAPOLIS

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