A l’occasion de la sortie de son nouvel album RedisCOVERed le 27 Mai prochain, nous avons rencontré Judith Owen, chanteuse galloise sensible et férue de culture.

 Judith Owen


Ton nouvel album, RedisCOVERed, sortira le 27 Mai. Que pouvons-nous en attendre ?

Cet album est mon interprétation personnelle de chansons incroyablement connues. C’est un mélange de classiques et de tubes très actuels. C’est un album exclusivement composé de reprises, mais je ne fais pas de karaoké avec ces chansons ! Je pense que les meilleures versions de ces tubes resteront les versions originales. J’ai tenté de leur donner une nouvelle signification très personnelle, avec une partie de ma vie insufflée dans la composition. Au lieu de les déconstruire, je les réarrange et je les ré-imagine, en leur apportant mon expérience.

Pourquoi as-tu choisi de faire un album de reprises ? Etait-ce une idée que tu avais depuis longtemps ?

Cela fait longtemps que j’y pense. Il y a des années, je chantais dans des bars et des restaurants pour gagner de l’argent. A ce moment-là, on me demandait de chanter des reprises et des standards connus de tous. Comme je n’ai jamais aimé les reprises ennuyeuses, j’ai commencé à réarranger ces chansons à ce moment-là. J’y mettais déjà tout mon cœur. Depuis, ça ne m’a jamais quitté et mes fans adorent mes reprises ! De nombreuses personnes me demandaient de faire cet album. C’est après quatre ans de tournée et mes deux derniers disques de compositions que je me suis dit que le moment était enfin venu.

Les tubes que tu reprends vont du hard rock à la pop, en passant par le rap. Pourquoi ces choix éclectiques ?

Smoke on The Water est la première reprise que j’ai chantée. Tout le monde reconnaît les riffs emblématiques dès les premières notes. C’est un tube très masculin, très rock, empreint de testostérone. Je trouvais ça amusant de la rendre plus féminine, plus sexy. Une fois ma reprise enregistrée, j’ai appris que les mecs de Deep Purple étaient fans de ma version ! J’ai ensuite chanté Black Hole Sun, et Chris Cornell a adoré mon interprétation. Cela m’a rendu tellement heureuse. Je suis très fière que les auteurs de ces chansons apprécient mes versions, car je les chante avec un grand respect et je prends ça très au sérieux. Pour mon nouvel album RedisCOVERed, je me suis dit que j’avais aussi besoin d’inclure de la musique actuelle. C’est pour cela que j’ai choisi Drake, Ed Sheeran, et Justin Timberlake. C’était un challenge. Quand je chante Hotline Bling, les plus jeunes de la salle connaissent par cœur les paroles et deviennent très excités. C’est exactement ce que je voulais. Je souhaitais réaliser une version élégante de ces chansons à la mode, pour pouvoir toucher tout le monde. La musique doit couvrir toutes les générations.

Si tu as choisi d’inclure Black Hole Sun dans ton album de reprises, était-ce en guise d’hommage au défunt Chris Cornell ?

Oui et non. J’ai enregistré Black Hole Sun pour la première fois au milieu des années 2000. C’était bien avant la mort de Chris Cornell. J’ai toujours été une de ses grandes fans. La première fois que j’ai entendu cette chanson, cela m’a fait un choc. J’étais alors en dépression, même si je m’en suis sortie depuis, après une longue bataille. A ce moment-là, j’ai trouvé que Black Hole Sun était l’interprétation musicale la plus juste de la souffrance intérieure que je n’avais jamais entendue. Cette chanson parle de la façon dont les gens dépressifs masquent leur mal-être au monde, et prétendent toujours être heureux avec un grand sourire qui masque leur peine intérieure. J’ai choisi d’en faire une version jazzy, plus joyeuse, qui me correspond.

Quelles sont tes plus grandes inspirations, mis à part la musique ?

J’ai passé ma vie avec un attrait immense pour le monde de l’art. C’est ce que je préfère, et ce qui me nourris. Je suis allée au Musée d’Orsay et au Louvre un nombre incalculable de fois. Dès que je vais dans une ville, je me dirige directement vers les musées et les galeries d’art. Je lis énormément, et je suis une fan de ballet, d’opéra et de musique classique. J’ai une obsession pour les vieux films internationaux en noir et blanc. Je trouve qu’il y a une puissance incroyable dans ces films, que l’on ne trouve plus dans le cinéma contemporain. Comme je suis tout le temps sur la route, je regarde beaucoup de films sur mon ordinateur. En ce moment, j’adore les drames danois. J’aime les choses empreintes d’un univers noir, sombre et mystérieux.

J’ai un fort besoin de culture. C’est la raison pour laquelle ma vie se partage entre Londres et la Nouvelle Orléans. J’ai aussi un attrait pour les grands espaces, la nature et les animaux. Il y a quelques années, je suis allée dans un sanctuaire d’éléphants au Botswana pendant deux semaines, en osmose totale avec la vie de ces animaux incroyables. Je n’ai jamais été plus heureuse de toute ma vie. C’est très important pour moi d’éprouver cette connexion. Mes chiens me donnent beaucoup de bonheur, ils illuminent ma journée !

Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir chanteuse ?

J’ai grandi en regardant mon père chanter, j’étais entourée de musique. Mon père était chanteur d’opéra. J’observais son visage qui s’illuminait lorsqu’il chantait, plein de joie. Je n’ai pas eu le choix. Le chant te choisit, tu n’y peux rien. Quand j’étais petite, je passais mes journées dans une pièce consacrée aux répétitions de mon père, les écouteurs sur la tête, la lumière éteinte. J’écoutais Aretha Franklin, et cela me procurait énormément d’émotions. Je luttais déjà avec la dépression, car ma mère était aussi dépressive. J’étais une enfant très angoissée et soucieuse. Mais dès que je mettais mon casque audio, les pensées négatives disparaissaient. Je m’imaginais déjà sur scène, et je me perdais dans mon imaginaire ! Grâce à la musique, on se sent vivant. Les chansons que l’on écoute sont la bande-son de notre vie, auxquelles on donne une interprétation personnelle. La musique est le reflet de notre propre vérité.

 L’année dernière, tu étais en tournée avec Bryan Ferry. Est-ce que cela a représenté un accomplissement pour toi ?

 Absolument ! Brian est un de mes fans, ce qui est absolument incroyable. A la base, nos managers étaient amis, et c’est comme ça qu’il a découvert ma musique. Lors de cette tournée, j’ai eu l’occasion de me produire devant des milliers et des milliers de personnes, ce qui était mémorable pour moi. C’est un cadeau énorme quand un artiste qui a une carrière plus accomplie que toi te tend la main. C’était remarquable de la part de Bryan. J’ai d’ailleurs fini par réaliser une reprise d’une de ses chansons !

 Quels sont tes projets pour l’année 2018 ? Prévois-tu de venir en France pour un concert ?

 Je commence ma tournée internationale à New York durant tout le mois de Mai, puis je serai en Californie au mois de Juillet. Après de courtes vacances familiales en Août, je poursuis la tournée en Scandinavie au mois de Septembre. Je reviens à Paris cet automne ! Je terminerai l’année avec un concert de Noël consacré aux œuvres caritatives, où tous les fonds seront reversés aux sans-abris. Je commence d’ores et déjà à m’adonner à l’écriture du second volume de mon album de reprises. Je pense que ce sera une très belle année, j’ai hâte !

Merci à Judith Owen.

 

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