Rencontre avec Nicolas, alias Fetus, chanteur à la tête des inénarrables Ultra Vomit que l’on ne présente plus. Suite au live endiablé sur la scène du Download, il se livre sur les ambitions du groupe, qui sont avant tout celles d’aller toujours plus loin dans la déconnade parodique, pour le plus grand plaisir d’un public qui adhère.

 


Nicolas ultra vomit


Vous avez joué au Download Festival hier. Quels sont tes ressentis par rapport au super live que vous avez fait ? 

Déjà, je te remercie ! C’était vraiment cool. Tous les quatre, on est sortis de scène en étant super contents. On sentait que les gens étaient à fond, ça fait très plaisir.

En tant que groupe de metal parodique, est-ce que vous avez toujours voulu qu’Ultra Vomit prenne de l’ampleur, ou est-ce qu’à la base c’était de la rigolade ?

C’est complétement accidentel ! Au départ, c’est vraiment un groupe underground, avec un premier album hyper violent. Musicalement, ce n’est pas loin d’être inécoutable pour la plupart des gens. Nous voulions faire l’album le plus brutal possible et le plus cool possible. Avec le temps, nous sommes partis vers un truc parodique, à la manière des Inconnus. D’un coup, les gens ont accrochés à fond et on s’est mis à faire beaucoup de concerts.

Vous êtes un peu les Steel Panther français, dans votre démarche initialement parodique qui a pris une ampleur incroyable. Qu’est-ce que tu penses de cette comparaison ? 

Je ne vais pas te mentir, je ne connais pas hyper bien. Mais en effet, c’est plein de petits accidents successifs qui font qu’à la fin, nous en sommes arrivés là. Dans notre démarche, on a été super amateurs et il y a pleins de trucs qu’on a fait un peu à l’envers.
On a gardé notre vieux site internet depuis plus de dix ans, c’est un scandale ! On n’a pas été spécialement aidés, et on n’a pas fait grand chose d’un point de vue médiatique. C’est plus du bouche à oreille, puis avec Youtube les choses se sont faites un peu toutes seules.





Vous êtes essentiellement un groupe de reprises parodiques. Comment les artistes réagissent-ils lorsqu’ils découvrent votre interprétation ?

La majorité des choses que nous avons parodiées sont issues d’artistes qui n’existent plus, que ce soit Carlos, Joe Cocker, ou Lemmy. Pour ceux-là, on ne saura jamais ce qu’ils en auraient pensé ! Quand on a un retour, c’est souvent positif.
Les gens les plus proches de nous, comme Tagada Jones ou Gojira, ont été flattés. On sait que les mecs de Rammstein ont entendu notre reprise, et à priori ils se sont marrés. Déjà, ce qui est cool, c’est qu’il n’y ait pas de procès !

Quand on écoute votre reprise de Rammstein, on peut y voir un foutage de gueule un peu gentillet. Est-ce que tu trouves qu’ils se prennent trop au sérieux ?

Franchement, je ne trouve pas. Tu as les mecs sur scène, leurs personnages avec leur identité de groupe. Par contre, si tu rencontre les mecs au petit dej’ en pyjama en train de prendre des œufs, ça n’aura rien à voir. Si ils se la pêtent, c’est dans ce cadre-là.
C’est comme les mecs à la Marylin Manson, qui ont une identité forte qui dégage une puissance et une arrogance. Nous, on ne se moque pas des groupes. C’est vraiment un hommage. On apprécie déjà le groupe de base. Rammstein, même si on n’est pas de grands spécialistes, on a plutôt été sous le charme.
Il y a toujours un petit peu de foutage de gueule, mais on ne va pas parodier du RnB, parce que ça nous fait chier d’entendre ça. On parodie ce qu’on aime bien.

Vous abordez souvent des thèmes un peu scatologiques. Ce qui est incroyable, c’est que ça passionne un public adulte de métalleux, qui écoute à côté de ça des chansons bien plus sérieuses. Comment pourrais-t-on expliquer cet engouement ?

Pour moi, la réponse, c’est que quand tu vas dans les festivals de metal, tu te rends compte qu’il y a une bonne humeur qui règne. Les gens ont envie de rigoler. Même un black metalleux se marrera toujours après les blagues pipi-caca. On pourrait se faire chier dessus, on pourrait nous dire de ne pas rigoler avec le metal.
J’ai rencontré des mecs comme ça, mais c’est rare. C’est une très grosse minorité. Dans l’album d’avant, on ne s’autorisait pas encore ce genre de vannes, ça a mis longtemps. Maintenant, on s’en fout, si on veut se marrer on se marre. On n’aurait pas fait ça il y a dix ans, on aurait eu peur de se faire critiquer.

Votre dernier album est encore plus éclectique. Est-ce que cela témoigne d’une volonté de tester pas mal de styles différents ?

Nous, on est assez ouverts à la base. Si tu nous demandes quels sont nos groupes préférés, tu vas trouver qu’il n’y a pas beaucoup de metal. Moi, par exemple, mes groupes préférés sont surement les Beatles et Nirvana.
Je suis plus punk rock que metal, dans ce que j’écoute quotidiennement. La création de cet album a été très longue, c’est venu par fulgurance.
Parfois, on fait des répètes sans jouer une seule note de musique. Ça reste encore un peu accidentel au niveau de la composition. On cherche ce qui nous fera marrer de façon intemporelle.

Est-ce que vous envisageriez de transformer durablement Ultra Vomit en groupe sérieux ?

Le métal n’est pas ma raison de vivre, je préfère le foot tu vois ! Mais on s’en fout, c’est comme si je te disais que je préfère Tatie Danielle à Jurassic Parc, c’est différent.
Faire du metal pour raconter des conneries, c’est cool. Je trouve ça énorme de faire dire aux gens pipi-caca. Je ne le ferais pas forcément si je devais faire des paroles pour parler des elfes et tout. Par contre, on adore la musique de film et on la reprend en métal sans aucune parole, on trouve que c’est puissant.
Là, on pourrait carrément faire un album que de ça, sans blagues par-dessus. Dans la vie de tous les jours, on ne communique que par vannes. D’ailleurs, quand il faut dire des trucs sérieux c’est chiant !

Qu’est-ce qui va être prévu au niveau des tournées et des sorties d’album dans les mois qui viennent ?

Là on est en plein dedans. Cela fait un peu plus d’un an que l’album est sorti, et on est en tournée. On sort un deuxième clip, dont nous sommes très contents. On a le Québec fin Juillet, et on aura un live filmé à l’Olympia. En 2019, on continuera les concerts, pour de grosses dates.


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