Rencontre avec Mattias Vanderschueren à propos de l’édition 2017 du ALCATRAZ festival et des dix ans de celui ci.
23 mars 2017 au Hard Rock Café Paris
 

(Par Marc Richard & Stephan Birlouez)


alcatraz festival 2017


Vous venez d’annoncer KORN aujourd’hui, c’est une grosse tête d’affiche. Avez d’autres groupes de ce gabarit à venir pour cette Edition 2017?

Mattias Vanderschueren Oh oui c’est effectivement une grosse annonce pour nous et nous sommes fiers d’accueillir le groupe cette année. Avec KORN on franchit une étape pour le festival, avec également l’ouverture d’une seconde scène.  Il y aura d’autres annonces bien sûr mais KORN restera le plus gros groupe pour cette édition si l’on prend le critère de nombres de fans sur Facebook. Aujourd’hui il nous reste deux gros groupes à annoncer, nous sommes en pleine négociation.

Cette année le staff s’est-il étoffé comparé à l’année précédente ?

L’année dernière nous étions 350, et aujourd’hui nous sommes 450. Le challenge pour nous est d’avoir les bonnes personnes pour accueillir encore plus de spectateurs et le site avec la deuxième scène.

L’ ALCATRAZ célèbre ses dix ans d’existence. Comment  voyez-vous l’évolution de votre bébé ?

Ce n’est pas mon « bébé » à 100%, car j’ai rejoint l’équipe après les 5 premières années. Au début c’était un petit festival « indoor », et je savais qu’il était en difficulté. Je suis un entrepreneur, un amoureux de la musique, et mon but a toujours été de promouvoir cela.
J’ai contacté les organisateurs car nous avions cette passion en commun, des amis également en commun, pour collaborer.
La première année ils m’ont dit de la fermer et d’apprendre, d’observer en backstage. L’année d’après nous avons contacté le maire de Courtrai qui aime aussi notre style de musique et nous avons pu y implanter le festival en plein air avec Nightwish cette année-là. 
Les 5 premières années ont été nécessaires pour avoir cette expérience qui nous a conduit là aujourd’hui.

Tu nous dis que tu es un amoureux de la musique. Est-ce difficile de faire la part des choses entre la partie entreprenariat et  l’amour de la musique ?

Personnellement non. Je voyage beaucoup de par le monde pour mon boulot et la musique m’accompagne partout. La musique m’aide à bien faire mon travail, et j’utilise beaucoup de mon temps libre pour la musique. La musique est universelle et va de pair avec tout.

 

La programmation est résolument « Old School », est-ce une volonté forte des organisateurs ?

Le festival a commencé avec des groupes dit « Old School », cela fait partie de son histoire. Aujourd’hui on a de tous les genres pour satisfaire un maximum de festivaliers. C’est toujours un challenge de monter une affiche qui combine tous les styles de groupes. C’est aussi un challenge pour nous à l’avenir de mettre plus de groupes « metalcore » du type Bullet For My Valentine, Killswitch Engage. Ce serait une évolution et non une révolution.


 

 alcatraz festival

 


SAXON, DORO, TESTAMENT et DEATH ANGEL, sont maintenant des habitués du festival. Quel genre de relations entretenez-vous avec eux ? Peut-on parler d’amitié ?

Personnellement je ne peux pas dire que je suis « ami » avec les groupes, au maximum avec leur management. On traite avec les managers et oui, forcément, on commence à bien se connaitre et s’apprécier. Pour ne prendre qu’un exemple, avec DORO. C’est déjà la troisième fois qu’elle vient au ALCATRAZ et à chaque fois elle produit un super show. Du coup le public se souvient de la performance et donc quand vous bookez DORO vous capitalisez sur un souvenir rassembleur. Avec AVATAR par exemple nous sommes vraiment devenus amis.

Etes-vous contacté souvent par des groupes qui veulent venir jouer au ALCATRAZ ?

Oui, quotidiennement. Aujourd’hui nous prenons des groupes susceptibles de ramener un public avec eux, mais c’est un de nos buts futurs que d’ouvrir le festival à de nouveaux groupes et de leur donner leur chance.

Quel est le budget du festival aujourd’hui ?

(Rires) c’est la première fois que l’on me pose cette question, c’est donc une très bonne question. Je ne vous donnerai pas le montant du budget. Mais pour vous donner une indication, si on considère qu’au commencement le festival avait une jauge de 1000 personnes, avec SAXON en tête d’affiche, alors aujourd’hui nous sommes à 25 000 personnes avec des prix de groupes en hausse, on a multiplié le budget par 13.
Nous savons ce que nous faisons, nous prenons des risques mais avons les pieds sur terre. L’organisation d’un festival est risquée, et nous gérons cela au mieux. Nous ne voulons pas dépasser un certain niveau en terme de taille, pour garder une certaine zone de confort pour le public. Si nous pouvions avoir IRON MAIDEN demain, nous ne les prendrions pas car nous n’avons pas la taille pour et ne voulons pas l’excéder.

Cette année vous faites un appel spécial aux français, pourquoi cette démarche ?

Quand on voit que le Festival est à 25 mn de Lilles, ville de 300 000 habitants, on se dit que forcement il doit bien y avoir des gens qui aiment notre style de musique. Sachant que seulement 10% des festivaliers viennent de France, il faut bien faire quelque chose pour augmenter ce chiffre. Notre but est de monter cette fréquentation à 25% au moins, c’est pour cela que l’on est à Paris aujourd’hui.
De plus nous allons mettre en place des voyages en bus depuis Paris et des navettes à partir de Lille. 
On pense que notre festival a de nombreux atouts en plus de l’affiche, comme les produits belges (bières, nourritures, etc…) et l’accueil en français et anglais par la majorité de notre staff. 

Une critique que j’ai entendue sur le festival concerne les détritus. Certains m’ont dit que le site était couvert de papiers et gobelets, et qu’il n’y avait pas vraiment de poubelles.

Oh en fait ce n’est pas si simple. Je comprends l’image que cela peut avoir sur les festivaliers, mais ici en Belgique nous n’avons pas de gobelets en plastique et tous nos « ustensiles » sont bio dégradables. A l’inverse de la majorité des festivals d’ailleurs. Vous savez, le coût de lavage des verres en plastique en litres d’eau est énorme et au final assez peu écologique.
A la fin du festival nous avons des équipes qui ramassent tous les déchets sur le site,  et le peu qui passerait au travers se dégrade en moins d’un an.
C’est une grande discussion, et je ne pense pas que notre modèle soit le moins écologique.


alcatraz festival

 

 

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