STEEL PANTHER + FOZZY
Olympia Paris – FRANCE
28 janvier 2018 

Steel Panther, agapes Glam rock à l’Olympia



En ville, ils répondent aux doux noms de Ralph, Russell, Travis et Darren, mais sont plus connus sous leurs alter-egos kitschissimes. Ce sont donc avec les pseudos de Michael Starr, Satchel, Lexxi Foxx et Stix Zadinia que les gaillards incarnent Steel Panther lors d’un show so eighties dans la capitale. 

Le music-hall est affublé de faux airs de carnaval dès son ouverture. Le public jubile, plus que jamais travesti pour ce revival au plus près de sa source : le Hair Metal. Les imprimés jungle et casquettes Village People sont légion. On croirait presque à une farce, mais il n’en est rien. Quoique… Difficile de comprendre les frontières de la comédie avec un groupe ayant érigé l’humour comme principale fondation.

Le son heavy des texans de Fozzy vient donner le tempo à un Olympia blindé, pour une première partie de qualité. Comme frontman, nul autre que Chris Jericho, champion du monde de catch connu pour ses shows bodybuildés et pailletés. Baraqué dans sa veste à strass clignotante qu’il porte toujours sur le ring, le lutteur en fait presque trop. Il se dandine, maniéré, délivrant une opérette hard rock burlesque inspirée des comédies musicales. Sa version revisitée du tube SOS d’ABBA parvient même à faire chantonner l’audience, plus férue de métal que de disco. Une prouesse ! Les musiciens pêchus et le timbre très porteur de Jericho donnent un mélange de genres étrangement plaisant, hybridation inattendue de Nickelback et Bring Me The Horizon.



Les quatre félins grivois débarquent en trombe le temps d’un entracte, dans un lever de rideau de velours des plus théâtral. Leggings Lycra fluos, bandanas de bad boys, perruques platine et wavy, teeshirts déchirés comme au temps de Mötley CrüeSteel Panther incarne une vision mythologique du genre, apogée iconique du rock oublié des années 80. Les Californiens revendiquent leur provenance bling ‘Made In Hollywood’, jouant avec une esthétique porn et vulgaire sous les acclamations d’une foule conquise.

Ces troubadours du hard rock placent la soirée sous le signe du divertissement. Michael Starr mène la danse, se trémoussant le bassin sur chaque tube qu’il entonne parfaitement, sans aucune dissonance. Le beau Satchel, aux traits de prince charmant, séduit les donzelles avec ses jolies boucles artificielles et ses muscles saillants. Lex’, le plus androgyne des bassistes, fait la drag queen à coup de remaquillage dès qu’il peut délaisser son instrument, lui préférant par-dessus tout son miroir de poche argenté !

Styx, batteur sympathique, est la force tranquille du groupe qui rythme le tout avec Professionnalisme. Chaque membre semble incarner un cliché individualisé du milieu glam, à prendre au trentième degré.

Vers le milieu du concert vient le moment tant attendu : The Girls. Steel Panther annonce des boobs, et plus encore. Promesse tenue ! Le groupe fait monter sur scène une bonne vingtaine d’adolescentes qui tombent vite le haut dans l’euphorie absolue. Certaines jettent leur soutien-gorge sur un Michael Starr enchanté. Ce beau monde se met à danser sur 17 girls in a Row et Gloryhole, alors que le guitariste colle sa tête contre des paires de seins siliconés, dans une orgie musicale et scénique à la limite du raisonnable. Rien n’est too much ! Preuve que les gais lurons sont un aimant à groupie et le resteront.

Entre un medley techniquement abouti assuré par Satchel à coups de riffs de guitare, mixant Black Sabbath et la Mélodie du Bonheur, et une setlist best-of musclée et complète, le show se distingue par un florilège de virtuosité insoupçonnée chez les joyeux drilles. Avant tout old school, Steel Panther n’est rien de moins que du Twisted Sister contemporain et parodié. Les réjouissances paraissent trop courtes. La bringue mérite d’être poursuivie à nouveau sur Poontang Boomerang, Goin’ in the Backdoor, et Community Property !


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