Laissez moi vous présenter les islandais du groupe UNE MISERE qui ont créé en 2017 ce collectif Hardcore à 6 musiciens. L’énergie qui se dégage de ce groupe est animale, rageuse et volontairement agressive, histoire d’exprimer plus forts que les autres ces personnalités hors normes mises au profit d’un projet ambitieux dont la notoriété ne cesse de grimper à REYKJAVIK.


Une Misére

Le groupe est tout jeune (né en 2017), comme vous, d’où venez-vous géographiquement ?

On est originaires de plusieurs endroits en Islande mais le plus simple pour notre collectif, c’est de se retrouver au centre de Reykjavik.

A quel rythme arrivez-vous à vous retrouver justement avec ces contraintes géographiques ?

On pratique peu en ce moment car on a beaucoup de concerts de programmés, on fonce et sur scène on se donne à fond (rires). Cette recette marche plutôt bien quand on y pense.

Vous avez d’autres side-projects qu’ UNE MISERE il me semble ?

Jon Mar : Oui, on joue dans beaucoup d’autres groupes, c’est un peu notre particularité à tous, on joue tout le temps, on emmagasine de l’expérience et on a ce désir d’enfoncer les portes closes. On joue de plus en plus vite également, presque grindcore à présent. Je joue dans GRIT TEETH et Fannar Mar dans  GREAT GRIEF.

Vous avez choisi, « UNE MISERE », un nom français, pourquoi ?

Jon Mar : On a d’abord voulu s’appeler MISERY mais en Islande, ça sonne comme un groupe de black métal. Je travaillais avec un collègue français et lorsqu’il a prononcé UNE MISERE on a trouvé que ça sonnait très poétique et qu’il y avait une profondeur dans le propos plutôt bienvenue.

Benjamin Bent : C’est beau et habité.

Finnbogi ornn : C’est la seule manière dont tu peux objectiver la misère comme quelque chose de beau, c’est très « métal » !

Jon, tu as mentionné le groupe Belge AMENRA pour illustrer le choix de votre projet collectif comme eux ont pu créé « the Church of Ra », on peut revenir sur le sujet ?

Jon Mar : je vois où tu veux m’emmener mais premièrement je dois expliquer que c’est le journaliste de l’interview que tu as du lire qui a évoqué le sujet, pas nous. Nous n’avons pas d’église de « UNE MISERE », aucune croyance ou culte d’aucune sorte. Nous ne sommes pas un culte non plus.

Finnbogi ornn : la seule chose qu’on a en commun avec AMENRA, c’est de créer une musique propre à nous mêmes avec un son nouveau, quelque chose d’unique et de reconnaissable.

Benjamin Bent : On se fait influencer par le Hardcore. On écoute aussi bien AMENRA que SLIPKNOT ou KORN.

Construire « The Church of Pain » ne vous attire pas ?

Jon mar : ah shit !! pas du tout alors (rires)

Finnbogi ornn : hey les gars, « on va construire une église de la douleur » (rires), on préférerais j’en suis sûr, créer une agence de pub.

Benjamin Bent : (rires) tu nous vois ?

Vous avez pourtant l’air de vouloir vous démarquer, avez vous pensé à quelque chose en particulier ?

Jon Mar : On va t’avouer que l’idée serait de créer une base, un quartier général dans un bar, qui pourrait accueillir toutes sortes d’artistes, une station de radio, un resto, un truc très fermé ou personne ne serait admis sauf nous, bon, ou un truc comme ça (rires).

Etes vous assez libres en tant que musicien au sein de votre collectif ?

Finnbogi ornn : D’un point de vue personnel je me sens parfaitement à ma place. Il faut juste que chacun puisse additionner un truc intense dans une compo.

Jon Mar : je crois qu’on a jamais composé sans mettre un bout de chacun d’entre nous dans chaque titre. Il n’y a pas de directeur malgré le fait qu’on soit 6, on a aucun problème d’égo, on clashe au niveau des idées, mais on se sent libre d’introduire un truc électro si on en a envie.

Le collectif vous permet-il de rester dans une zone de confort ou est il l’identité propre de votre groupe d’amis ?

Finnbogi ornn : C’est un groupe d’amis comme tu viens de le dire, c’est sympa, mais on voudrait avoir d’autres personnes qui viennent s’intégrer dans d’autres styles musicaux pour mixer tout ça, renverser l’ordre établi.

Jon Mar : Beaucoup de gens ne savent pas combien d’entre nous jouent d’ailleurs.

Pour ma part j’adore ce qui sort de votre collectif, qui est justement débridé et varié comme le titre « OVRLKD –overlooked »  remixé par 4 d’entre-vous : Seint, Kuldaboli, Sigrun, Milljon. Les 4 titres sont intéressants et ouvrent à un renouveau musical, une remise en question du métal. Qu’en penses-tu ?

Jon Mar : La mix-tape qu’on a fait n’est pas quelque chose de révolutionnaire au niveau du son mais le style essaye d’approcher l’inapprochable à notre façon. De ce sens, c’est nouveau, il faut écouter pour comprendre ma phrase (rires).

Finnbogi ornn : c’est assez unique et innovant je crois.

une misere

Parlons un peu de vos prestations scéniques plutôt violentes, chacun étant une partie du puzzle, captivant le public qui vous mange dans la main.

Jon Mar : on m’appelle le lion (rires), c’est ma mise en condition, je deviens ce fou furieux. Il y a beaucoup à dire avant et sur scène, nous devenons des personnes différentes, rien à voir. On a envie que le public ressente des émotions, on les intimide, les provoque…c’est une partie de moi même qui peut s’exprimer à ce moment là.

Benjamin Bent : Le public ne se rend pas compte qu’il existe une personne publique qui n’a rien à voir avec celle qui est en privé. On pousse un peu le bouchon mais c’est ce ressenti qu’on veut transmettre aux gens.

Le public est attentif et réceptif car vous êtes 6 et il se passe toujours quelque chose pendant votre set. C’est assez incroyable d’ailleurs que vous ne vous bousculiez pas, j’adore l’énergie qui se dégage du groupe, on ressort complètement lessivé de votre prestation mais comment faites vous pour jouer sur une petite scène ?

Jon Mar : tu vas voir ce soir à 2h du matin, en off, nous allons jouer dans une petite salle en bas sur le fjord (NDLR : instant magique où nous serons 50 en osmose totale avec 3 groupes de Hardcore)

Comment définissez vous votre génération ?

Finnbogi ornn : Notre scène a été marqué par des problèmes d’alcool et nous sommes la première vague à décider de jouer ailleurs que dans des bars locaux et devenir des épaves. On vaut mieux que ça. On souhaite s’exporter à l’international.

Penses-tu que l’Islande est un pays à part du reste du monde, musicalement ?

Jon Mar : carrément. La scène black métal l’a prouvé ces trois dernières années.

Est-ce  que le fait d’être islandais apporte une touche différente ?

Finnbogi ornn : franchement selon moi, c’est une sorte de cliché cette « islandic touch », ça donne l’impression de quelque chose d’extrême et de fier, « on est sur notre ile et on est dans notre monde de ténèbres ». Il faut arrêter avec les clichés.

Interview réalisée à l’EISTNAFLUG FESTIVAL, Juillet 2018, par Emmanuelle NEVEU pour AMONG THE LIVING.

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