VULCAINVinyle

Sortie le 28 septembre 2018 via Seasons of Mist

 

Daniel PUZIO : Guitare et chant
Vincent PUZIO
: Basse et choeur
Marc VAREZ
: Batterie et choeur

 

 

 

 


VULCAIN est l’un des nombreux groupes de la scène française à n’avoir jamais vraiment connu le succès qu’il méritait, malgré une notoriété connue dès ses débuts. Pourtant, la fée rock n’ roll s’était bien penchée sur son berceau, à sa naissance, lui donnant plusieurs dons : la patience, la pugnacité, et le talent…sans oublier quelques packs de bière pour la route, précisant qu’elle allait être longue… Créée en 1979 en Ile de France par les frères PUZIO, biberonnés aux STONES, MC5, CREEDENCE, MOTORHEAD, SAXON et autres joyeusetés anglo-saxonnes, VULCAIN va très vite connaître le succès, et devenir l’une des principales références du « speed métal » à la française.
Oui. C’est bien comme cela que nous nommions ce style, dont le fer de lance était incontestablement MOTORHEAD, et qui se caractérisait par un abus immodéré de la double grosse caisse, la double pédale n’existait pas encore (je vous jure), et de riffs power- punk puissants et rapides, du temps où les téléphones avaient des fils et des cadrans (si, si…).

Une victoire au tremplin du golf Drouot, la première partie de MOTORHEAD en 1982, une série d’excellents albums (1984 “ROCK N’ ROLL Secours”, 1988 « Desperados », qui restent des références encore à ce jour chez tout bon métal-head français de plus de 40 ans qui se respecte, aux textes souvent engagés, et l’on aurait pu penser que la machine était lancée pour ne plus jamais s’arrêter.
Malheureusement, 20 ans de route, la vague des 90’s et son lot de groupes dépressifs néo-post-punks auront eu raison de la pugnacité du groupe, comme de beaucoup d’autres, qui splittera en 2000, après un album au titre prémonitoire  Stoppe la Machine , mais d’une qualité indéniable. Le groupe aura toutefois expérimenté de nouveaux terrains de jeux, qui les ont éloignés de leurs premières productions, et qui ont parfois déroutées les fans de toujours.
On ne pourra pas dénier à VULCAIN une audace, et, toujours, une volonté de satisfaire son public, en lui proposant, à quelques exceptions près, du matériel de qualité. Parce que VULCAIN, ce n’est pas seulement le « MOTORHEAD français », en référence, tant à la Rickenbaker de Vincent PUZIO, qu’au timbre rocailleux de son frangin Daniel, et aux compositions ultra-speedés du combo (« Ebony », le « Ace of Spades » façon VULCAIN), qui rappellent immanquablement la marque du Maître.
C’est, surtout, comme le disait Lemmy lui-même, « un putain de groupe de rock’n roll ». De ceux qui ne renient jamais ce qui les a réunis : la passion de la musique. La magie renaît donc presque naturellement, lors de la réformation du groupe, à l’occasion de l’édition 2010 du HELLFEST, et du fameux concert du 13 novembre 2010, à PARIS, resté dans les mémoires.
Alors, après l’excellent « V8 » qui commence à dater (2013), au terme de ce nouvel album tant attendu, dont le titre nous laisse pressentir un moment de nostalgie, une Ode à ce morceau de nitrocellulose et d’acetate de vinyle, qui, pour pas mal d’entre nous, nous a fait connaître nos premiers émois musicaux, VULCAIN allait-t-il se réinventer ?

Que nenni ! et vous savez quoi ? C’est exactement ce qu’on attendait !

Une petite surprise tout d’abord de voir apparaître VULCAIN sur le célèbre label indépendant SEASONS OF MIST, qui compte parmi ses rangs les délicats ANAAL NATHRAKH et ROTTING CHRIST, et qui nous avait donc habitué à un catalogue, de qualité certes, mais plus orienté « black métal ».



Voilà un album servi par une (auto) production magistrale, avec la patte très marquée de Marc VAREZ, batteur du groupe, qui se partage le boulot de prod avec Daniel. Du fond de son studio « La Grange 69 », le même ayant servi au remastering du célèbre « ROCK N’ ROLL Secours », pour les 30 ans de cet opus, en 2014, notre Marc-multi-pass n’a pas hésité une seconde à surmixer la basse de Vincent, ainsi que son kit de batterie (tant qu’à faire !).
Ce choix rend l’ensemble cohérent et puissant, sans pour autant dénaturer la voix et la guitare de Daniel, donnant ainsi sa vraie dimension au power trio, lequel dévaste tout sur son passage. Dès l’entame, le titre éponyme de l’album donne le ton. On n’est pas là pour rigoler, et VULCAIN entend nous le prouver.
Le son est impeccablement équilibré : la guitare est tranchante, la Rickenbacker de Vincent PUZIO vrombit, servie, encore une fois par un mixage des plus flatteurs, tandis que la batterie de Marc VAREZ tabasse, comme si son kit allait exploser. Daniel n’est pas en reste au chant, très en voix, en studio comme en live, pour avoir eu la chance de visionner une apparition du trio au début de l’année 2018. Le riff est efficace, on headbangue instinctivement, et l’on devine que ce titre prendra tout son sens en live, face à un public bien chaud.
C’est simple, direct et efficace, et on ne peut s’empêcher de percevoir un peu de la frappe de feu Phil « the animal » TAYLOR dans le jeu de VAREZ. L’enchaînement se fait naturellement avec un « Héros » très rentre dedans, ou la double pédale de Marc nous prend littéralement d’assaut. « Backline Music », plus downtempo, avec un groove aux relents des frères YOUNG (tout comme « Darling »), et qui nous replonge dans les virées barbésiennes de nos compères.
ça sent le vécu ! Le propos de Daniel est toujours juste, particulièrement sur « l’arnaque », le bien nommé, traitant des religions et de leurs « fous de dieu ». Le bon rock n’ roll à l’ancienne dispensé sur « Darling » par notre trio, donne envie d’avaler l’asphalte à des vitesses bien supérieures à 80km/h. le propos et la voix de Daniel s’adoucissent sur « Decibels », pour mieux repartir de plus belle avec un « Dans les Livres » mené à un rythme dantesque par le combo, bien énervé pour le coup, et dont l’influence de MOTORHEAD est parfaitement assumée.
Soyons clairs, VULCAIN ne réinvente rien, mais fait preuve d’une rigueur et d’une précision dans la composition et l’interprétation qui forcent le respect. Quand « l’oseille » voit le combo flirter avec le bon boogie-rock qui tâche, ça fait du bien ; « Borderline », avec ses faux accents à la KINKS, dresse un constat acide de notre société franchouillarde.
C’est au terme d’un hard rock classique tout droit sorti de l’âge d’or des 80’s, que VULCAIN nous assène « contrôle », avant dernier titre de l’album. Enfin, après la disparition de Ian Fraser Kilmister, influence majeure du combo, quoi de plus logique que de clore cet album avec un « Motor » de circonstance, en forme d’hommage intemporel à celui qui maltraitait si bien son « MURDER ONE », et à qui je dois mes premiers acouphènes. (et je lui dis merci)

Certains trouveront que 38:23 mns, c’est un peu court, mais, « en même temps », comme dirait l’Autre-qui-marche, c’est le format adapté à la claque dans la gueule que vous procurera l’écoute de ce « Vinyle » de très bon aloi, et qui marque le vrai retour de VULCAIN au rang de seigneurs hexagonaux du « speed métal » à la française (ben oui, j’ose !), de celui qui n’a rien à envier à personne. Alors, un conseil : courrez voir VULCAIN en concert, c’est là que le power-trio prend toute sa dimension, et nul doute que les titres de « Vinyle » en live ne devraient pas trahir la solide réputation des français sur les planches.

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