zeal and ardorZEAL AND ARDOR – Devil is Fine

Sortie le 24 février 2017 via NVKA/Caroline

Manuel Gagneux : tous les instruments

 

 

 

 

 

 

 


Voici un ovni qui fend le ciel des vastes contrées du métal dans sa largeur. Avec son Devil Is Fine, ZEAL & ARDOR vient d’insuffler une nouvelle dynamique sacrilège dans le monde fermé du Black Métal. Avant de crier au sacrilège (ce qui serait un comble), il faut bien avoir en tête que ce projet est né d’une sorte de blague, comme une mise au défi sur un forum de musiciens dans lequel Manuel Gagneux s’est vu assigné le gage d’allier du Black Métal à du Negro Spiritual. Défi relevé et visiblement réussi car il accouche au final d’un opus prometteur et effectivement sacrilège.

Devil Is Fine est avant tout une expérience sans commune mesure qui vous laissera peut être dubitatif, mais forcement pas indiffèrent. Véritablement avant-gardiste, ce méfait est d’une richesse indiscutable, mêlant d’un côté les chants bruts et sacrés des esclaves noirs américains (ayant donné naissance au  negro spiritual), au black métal des pays scandinaves. A l’opposé de la religion l’un de l’autre concernant les thèmes abordés, il n’en demeure pas moins que ces genres luttent finalement pour la même chose : se sortir des chaines.
Manuel Gagneux nous livre ici une œuvre dont il est l’unique artisan et musicien, ayant composé seul toutes les compos.
Ouvrant sur Devil Is Fine, titre éponyme de l’album, ZEAL & ARDOR plante le décor avec une litanie scandée par un groupe d’esclaves enchainés, le tout appuyé par un clavier et un piano classique qui donne un côté aérien à ce negro spiritual.


manuel gagneux


On verse du côté obscur avec In AShes sur lequel Manuel emploie des riffs de guitares épileptiques et une percu sombre et profonde. Le glissement dans le black métal opère naturellement, les hurlements cohabitent naturellement avec les complaintes afro américaines.
 On aborde avec Sacrilegium 1 un triptyque des plus intéressants, dans lequel Manuel incorpore une bonne dose d’électro. Il y aborde dans cette première partie le coran, étendant le sacrilège de son projet à toutes les religions. Sacrilegium 2 verse dans la comptine éthérée mais quelque part angoissante sur un album pareil, jouée au xylophone. Le troisième volet du triptyque vient clore l’album sur une note aérienne et douce, sorte de pied de nez  au concept ou l’on peut voir une forme de délivrance.
L’essence même de ce concept est très bien rendue avec ce Come On Down qui marie parfaitement les deux mondes, alliant violence musicale et chants groovy : le dosage parfait. A base de growl et de guitare ultra speed et saturée, le rendu est très bon et l’impression forte.
Le summum du mysticisme est atteint avec le magnifique et terrible Children’s Summon sur lequel il énumère les démons de la goétie par ordre d’importance. Musicalement on touche à la quintessence d’un black métal parfait allié à un clavecin du meilleur effet déclamant une berceuse.
On reprend le thème d’ouverture de l’album avec  Blood In The River et ce chant d’esclaves accompagné de growls et de blast à la batterie pour finir dans une apothéose Black Métal.
A noter cette petite digression avec What is a Killer like you gonna do here? qui vient mettre une touche jazzy sur laquelle Manuel pose une voix de crooner du meilleur effet.

Inclassable et intrigant, le succès déjà bien engagé de ZEAL AND ARDOR semble tout tracé. Ayant fait le buzz, Devil Is Fine a le mérite de mettre en avant une mixité improbable et le talent indéniable de Manuel Gagneux. Difficile de décrire ce méfait, tant le panel d’exploration musicale est large et incongru, mais une chose est sure, il retient l’attention de l’auditeur. Personnellement j’y ai trouvé mon compte malgré la brièveté de l’opus (23 minutes), et je vous conseille donc cette exploration hors des sentiers battus.


1.Devil Is Fine 03:12
2. In Ashes 02:38
3. Sacrilegium I 01:54
4. Come On Down 03:19
5. Children’s Summon 03:08
6. Sacrilegium II 02:11
7. Blood In The River 03:33
8. What is a Killer like you gonna do here? 02:15
9. Sacrilegium III 02:44


2 Comments

  1. […] Gagneux ZEAL AND ARDOR, Stranger Fruit sonne comme le prolongement muri du premier essai Devil Is Fine avec lequel le suisse avait fait une entrée remarquée dans le monde du métal. Véritablement […]

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