BORGNE – Y
Sortie 7 MARS 2020
Bornyhake: Baterie, Chant, guitares
Lady Kaos: Claviers
Onbra : Paroles
En février, je découvre BORGNE par le hasard d’un achat compulsif d’une box vinyle 5LP, parce que j’avoue, elle est belle et contient trois albums. En écoutant, je me demande comment j’ai pu passer à côté de ce groupe durant les 22 ans d’existence de celui-ci et les huit albums qui précédent ce Y.
C’est donc dans un geste, un peu, solennel que je dépose la galette sur ma platine et que je laisse l’ambiance si typique au black metal de BORGNE s’installer. La double GC vient matraquer avec un tempo caisse clair tout en lourdeur avant de laisser place aux blasts, je suis directement enivré par ce son. Je pars en pleine découverte du côté obscure de mon esprit, bercé par les nappes électro subliminales et je deviens mon propre abysse, c’est divin.
L’équilibre entre la touche black metal et le côté techno/électro est juste parfait. Encore du super boulot de Raphael Bovey déjà à l’origine des derniers méfaits de BORGNE mais aussi ABRAHAM, RORCAL et bien sûr KRUGER. Les claviers sont malsains à souhait, ils vous transportent dans un univers empli de sorcellerie (remarque de mon fils) comme une sorte de mise en scène macabre, dans laquelle l’esprit se laisse transporter par les chants, aussi bien anglais que français et même en clair, rappelant les compatriotes suisses d’ABRAHAM sur la fin de A Hypnotizing, Perpetual Movement That Buries Me in Silence, un truc de malade.

Le titre ultime qui vient tout détruire autour de lui est, sans commune mesure, Qui serais-je si je ne le tentais pas? Les variations, tout au long de ce morceau, ne vous laisseront pas indemne, moi, y compris et les neuf minutes de Paraclesium, une instrumentale bien planante de rigueur suffiront à peine afin d’affronter les dix-sept minutes d’A Voice in the Land of Stars clôturant cette heure et cinq minutes de pur bonheur, j’exulte.
BORGNE pratique un black metal différent de ce que je connaissais jusqu’à présent, à la fois hypnotique, malsain, aux sonorités indus et électro, d’une richesse improbable, comme si on assistait à une sorte de messe noire permanente et envoutante. Sans concession, ma révélation de ce début d’année et lorsque je posséderai mon royaume, dans lequel je ne verrai rien, BORGNE serait roi.
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