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BEHEMOTH – I loved You at  Your Darkest

BEHEMOTH - I loved You at  Your Darknest
BEHEMOTH – I loved You at  Your Darkest

Sortie Septembre 2018

NERGAL – Rhythm, Lead and Acoustic Guitars, Throat, New Aeon Propaganda and War Strategy
INFERNO – Drums ov Annihilation and Artillery
ORION – Low End Frequencies and Fornication
SETH – Rhythm and Lead Guitars

Alerte : événement !

Il ne faut pas s’y tromper et pour une fois le terme n’est pas galvaudé, cette sortie est un événement.

Pas seulement sur le plan musical mais surtout parce que c’est le retour d’une légende du métal extrême.

Onzième opus d’une oeuvre au noir qu’on espérait plus.

On en était resté sur “ The Satanist “ qui date déjà de 2014 et qui était en soit déjà un miracle dans tous les sens du terme, même si le terme est innapproprié en l’espèce s’agissant d’un des monstres de la scène Black métal.

Mais quand même, comment ne pas croire à l’intervention divine qui se plairait à quelques ironiques clins d’oeil puisque le charismatique leader et fondateur du combo polonais de Gdansk, le nommé Nergal était revenu d’entre les morts après une leucémie qui l’avait laissé pour condamné. Sauvé par une greffe d’un donateur qui l’avait ému aux larmes lors de sa rencontre en marge d’un festival après l’échec du don de la moëlle de sa petite amie, Nergal avait peiné à rendre sa copie qu’il annonçait comme son testament ou sa dernière contribution, The Satanist donc.

Alors certes on avait encore vu avec bonheur BEHEMOTH écumer les scènes et les festivals et on pouvait croire en une résurrection mais de là à produire une nouvelle galette ! Et quelle galette !

Franchement, c’est pas parce qu’on est fan de la première heure ( ou presque ) mais on touche au sublime.

Dans I loved You at your Darkest, Behemot nous livre la quintessence du Blackened death et tout ce que vous voulez d’ailleurs parce que désormais BEHEMOTH est devenu un inclassable, preuve que le groupe est désormais à ranger parmi les grands du métal extrême.

Petit retour en arrière pour retracer en quelques lignes, une gageure !, le parcours des gueules noires de Gdansk.

Tout a commencé en 1991, sur le bords de la baltique, dans un dock désaffecté, derniers soubresauts de Solidarnosc et des années de lutte pour renverser l’ogre communiste…Bon j’arrête là, car ça c’était pour faire beau, pour alimenter la légende. Mais c’est vrai que les gars ont quand même pas mal galéré avant de recueillir quelques fruits d’une notoriété qui a peiné à venir.

La légende ( encore elle ) raconte que le jeune Adam DARSKI, alias Nergal, a commencé à grattouiller sur une guitare totalement artisanale fabriquée par son père alors qu’il n’avait que douze ans. Et ça c’est de l’authentique !

Quatre ans plus tard ( il n’avait alors que seize ans ) il fonde Baphomet ( rapidement transformé en BEHEMOTH ) avec Adam Malinovski, plus connu sous le nom de “ Desecrator “ et Adam Murazko ou “ Baal-Ravenlock “, ce qui fait que le lascar avec tout ce qu’il a vécu, n’est pas encore usé par le poids des ans puisqu’il n’est âgé que de 36 ans aujourd’hui.

Il lui faudra pourtant attendre 4 ans pour la sortie du premier LP, “ Sventevith “ sous titré “ Storming near the Baltic “ produit localement mais qui faute de soutien et de promotion ne fait pas décoller le groupe. Pourtant, il n’en constitue pas moins l’acte fondateur d’une scène de métal extrême polonais qui deviendra extrêmement prolifique et qui, peu ou proue, se référencera à BEHEMOTH,  aujourd’hui une des plus active, en tout cas qui fait notre admiration et notre envie à nous, pauvres métalleux français.

Jugez plutôt : outre BEHEMOTH, Hate, Vader, Decapitated, Batuschka, ou Vesania pour ne citer que les plus connus  ! Bon il faut pourtant bien le dire, les débuts ronronnent version underground pas tout à fait confidentiel mais pas la grande éclate non plus. 

Les deux albums suivant, “ Grom “ et “ Pandemonic incantation “ n’y feront rien de plus, BEHEMOTH se contente alors d’une notoriété locale et quelques tournées en Europe. Ce n’est qu’à partir de la sortie de “ Satanica “ avec l’aide et le soutien de la production d’Avangarde, le label italien que BEHEMOTH bénéficie enfin de la promotion qui lui manquait pour franchir le pas.

A partir de là, BEHEMOTH engrange les succès et se fait connaître au cours de tournée en compagnie des Satyricon et Deicide pour commencer. Le line up évolue et ponctionne sur d’autres formations avec Novy ( Devilyn,Vader et Dies Irae ) aux fûts et autre Havok

Et BEHEMOTH enchaîne avec le cinquième opus, mal nommé  “ Thelema 6 “ qui le propulse sur la scène mondiale ( tournée sur tous les continents ) jusqu’au Wacken open Air. La consécration ! 

La décennie suivante consacre le groupe parmi les grands ( Amon Amarth, Opeth ). Les tournées s’enchaînent sur les cinq continents à leurs côtés et trois nouvelles galettes viennent complétées la disco : Zos Kia Cultus, Demigod et Apostasy.

Demigod, le septième opus, propulse le groupe dans les charts mais BEHEMOTH qui tourne et tourne ( et tournera toujours ) est en crise. Novy et Havok partent se consacrer à leur propre formation.

En 2009, BEHEMOTH passe chez Nuclear Blast pour la sortie de “ Evangelion “ et s’installe définitivement dans la Hall of Fame des légendes du Métal. Ils tournent de Tokyo à Phoenix. On s’arrache les polonais dans tous les festivals aux côtés des plus grands noms.



En 2010, c’est la seconde crise qui ébranle le démon. Nergal entre à l’hopital pour un long combat. BEHEMOTH doit tout annuler, dates, tournées, festivals et tout projet. Ce sera le début de la légende.

Celui qui sera présenté comme le fils de Satan par les grenouilles de bénitiers anti Hellfest rentre en communion avec Dieu pour revenir parmi nous.

Eh oui, souvenez vous de la charge menée par les groupuscules religieux apparentés très à droite et très catho ( il est vrai qu’on est pas loin des bastions vendéens à Clisson ) qui avaient pris à partie les organisateurs du Hellfest et déposaient plainte en prenant pour preuve les paroles satanistes de BEHEMOTH qui appelaient aux meurtres ( Répandez le sang des enfants sur terre ! ).

Même en Pologne ( nul n’est prophète en son pays ) BEHEMOTH est mis à l’index. C’est quand même la patrie de Karol ( Jean-Paul II ) !

On l’interdit et condamne ses paroles. Le clergé le classe en tête de sa liste des groupes ayant une très mauvaise influence sur la jeunesse et parvient à interdire momentanément ses prestations. Mais BEHEMOTH n’en a cure, il était déjà partie en nomade, tracer sa route ailleurs.

 A cela, Nergal revendique et signe : “ Satan n’est pas celui qu’on croit. Pour moi il symbolise ma liberté, celle de pensée et de m’autodéterminer. En fait, c’est le premier qui s’est opposé à Dieu. Et moi je revendique le droit de ne pas penser et de pas me comporter comme on me le dicte, surtout pas comme le voudraient ces biens pensants de l’église. Satan est un rebelle. Il est l’esprit du rock, notre modèle. “

Putain, sacré Nergal, on va te faire une statue à côté de Lemmy mais on attendra encore un peu !

Revenons -en  à “I loved You at  Your Darkest ».

Difficile de s’y remettre après le mondialement reconnu et acclamé « The Satanist », qui était d’une telle qualité que tout le monde pensait que le groupe avait atteint son apogée. Et puis dans le contexte sus décrit, on pensait que Nergal avait signé le point final de son oeuvre.

On se doutait bien que tourmenté comme il l’est, il n’allait pas en rester là mais on l’attendait ailleurs, rappelons que Nergal est multicarte, on l’a même vu jouer l’acteur ( parfois de façon controversée lorsqu’il joue le ministre des affaires étrangères nazi au ciné ! ). Et puis un mec comme lui qui possède un tel débordement intellectuel, on pouvait s’attendre à tout..sauf au retour de la bête.

BEHEMOTH revient donc nous surprendre avec ce nouvel album, qui va probablement devenir le nouvel icône du groupe tant il excelle en tous les aspects.

En effet, cet album fait d’une pierre deux coups, à la fois il innove, et à la fois il sublime ce qui a fait toute la renommée de Behemoth.

Rien que le commencement de cet album donne le ton de cette nouvelle ère de Behemoth : sur l’intro du premier titre , « Solve », on entend juste un choeur d’enfants scander des paroles, sans mélodie ni rien. Ce début est des plus intrigant et on se demande ce qui va suivre. Arrive alors la guitare, avec un riff des plus graves, des plus mélancoliques, des plus sombres qui soient. Le reste du groupe rentre alors, et on retrouve la patte Behemoth, avec les fameuses descentes de batterie et l’orchestration massive, qui donne alors un aspect complètement épique.

On en frissonne encore ! En quelques notes BEHEMOTH nous met à genoux. Ce doit être cela l’illumination ! On découvre alors dans l’enchaînement du titre (on était pas au bout de nos surprises )  que ça sonne encore plus violent que The Satanist

Le mixage accentue un peu plus la batterie  et les techniques instrumentales axées sur la rapidité et la violence sont plus largement utilisées. On s’en rend notamment compte sur le titre « God = Dog » (car BEHEMOTH reste fidèle à ses références et continue sa charge anti-religion ). Au passage on appréciera les textes et l’artwork tout aussi bien que la qualité des vidéos déjà en diffusion. Je vous le dits et le répète : du grand art !

Sur ce titre  de tous nouveaux sons de guitare sont utilisés, qu’on avait jamais entendus auparavant. Dans l’ensemble, ça sonne plus comme du death que du black.

Le tout donne un mélange épique/grave/violent des plus réussis. Nergal l’avait annoncé et je vous l’avais dit : BEHEMOTH est devenu inclassable, inclassifiable.

On l’attend Black, il sonne Death ; on pense qu’il vire mélodic, épique, il revient plus violent que jamais. En tout état de cause, I loved You at  Your Darkest est un chef-d’oeuvre de la scène blackened death et du metal extrême en général. Il constitue l’apogée d’un groupe au sommet de son art, de sa technique, de sa virtuosité. C’est cela le talent.

Cet album, je vous l’annonce, marque la renaissance de BEHEMOTH et le retour du monstre des enfers.

Gare à vous, la bête sillonne dors et déjà les routes, en tournée actuellement aux States et au Canada pour un tour annoncé comme gigantesque qui doit conduire nos fiers polonais en Europe dès Janvier ( trois dates annoncées en France ) et pour la suite, d’ici juin on peut espérer une apothéose vous savez où…


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