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CANNIBAL CORPSE – Violence Unimagined

CANNIBAL CORPSE - Violence Unimagined
CANNIBAL CORPSE
Violence Unimagined

 

Sortie le 16 Avril 2021

Georges « corpsegrinder » Fisher : Chant
Alex Webster : Basse
Paul Mazurkiewicz : Batterie
Rob Barrett : Guitare
Erik Rutan : Guitare

 


AVERTISSEMENT : si les digressions vous saoulent et que vous souhaitez juste un avis sur l’album, lancez les dés (facultatif) et allez directement au chapitre 3).

1) 1990. J’ai 16 ans. Je traîne pas mal dans un magasin spécialisé Metal, pas très loin de chez moi.

On commente régulièrement les nouveaux arrivages. Le Death, mouvement émergent, est très présent (d’autant que les Loudblast, qui répètent sous le magasin préparent Disincarnate, leur deuxième opus mais le premier vraiment Death Metal, Sensorial Treatement étant plus proche du Thrash énervé).

Arrive un jour un album avec une pochette comico-gore, d’un groupe qui s’appelle Cannibal Corpse.

Cannibal Corpse. Sérieusement ?!?.

J’aime le metal traditionnel, j’adore Slayer et j’écoute occasionnellement les premiers albums de Death.

Le Slowly we Rot d’Obituary, de par sa démarche instinctive et son esprit finalement très rock’n’roll a également réussi à me toucher. Mais il me semble que l’extrême a atteint ses limites.

Je ne goûte pas musicalement Napalm Death, et les débuts du black (Bathory, essentiellement) me lassent très vite.

Alors un groupe qui se nomme Cannibal Corpse; que va t’il me proposer ?

Je pose donc Eaten Back To Life (mouarf ! ) sur la platine, je pose le casque sur les oreilles, et …

Bof. Beaucoup de bruit pour rien, tous les morceaux sont interchangeable. Le braillard au micro me casse les oreilles. Les textes sont ridicules. Le son est étouffé. 

Rien à sauver.

30 ans plus tard…

2) Je regarde mon moi de 16 ans. Ce petit con m’amuse. Il n’a rien vu venir.

Ni la claque Gallery Of Suicide (1998), ni l’évolution générale de ses goûts (concernant l’ensemble des groupes susnommés), ni la fantastique machine de guerre qu’allait devenir Cannibal sur scène.

A l’époque, j’étais convaincu que ce groupe serait un feu de paille, sitôt paru, sitôt oublié.

Plus de 30 ans et 15 albums plus tard, le groupe est toujours là et bien là.

Il maintient une qualité et une régularité dans sa production que je trouve incroyable vu le registre musical proposé. Improbable et admirable, cette longévité. D’autant plus que le groupe n’a à mon sens jamais sorti un mauvais album.

On sait sensiblement à quoi va ressembler une nouvelle production avant l’écoute, et pourtant nous ne sommes jamais déçus. Néanmoins, il arrive parfois qu’une sortie nous marque un peu plus, du fait de petits apports ici où là qui enrichissent l’ensemble.

Nous y sommes.


CANNIBAL CORPSE - Violence Unimagined


3) Pour ce Violence Unimagined, pas de révolution, si ce n’est l’intégration d’Erik Rutan à la guitare (ex-Morbid Angel, actuel Hate Eternal) qui remplace Pat O’Brien et qui connaît bien le groupe pour les avoir produit à plusieurs reprises par le passé (il produit également cet album).

Le son est par ailleurs très clair, sans perdre de puissance pour autant. Tout est équilibré, fluide.

Concernant les compositions, si vous avez l’habitude de Cannibal, tout y est.

Tueries speed, ruptures rythmiques multiples, break chape de plomb (Inhumane Harvest) et morceaux plus mid-tempo, sur lesquels se pose le growl profond mais néanmoins très compréhensible de Georges, les paroles sont audibles, il n’y a pas l’effet « chasse d’eau ».

Par ailleurs, les textes sont toujours aussi délicats et raffinés…

Le plaisir de l’écoute est maintenu en permanence grâce aux petites idées qui fourmillent un peu partout (un seul exemple : Follow The Blod, à 2’52 », une petite minute de groove apaisé, basse dansante (!) et guitare volubile avant de revenir au coup de boule pour conclure le morceau).

L’indéboulonnable section rythmique (33 ans que ça dure) ne faiblit jamais. Rutan outre la prod signe trois compositions qui se fondent parfaitement dans l’ensemble, tout fonctionne parfaitement.

Et c’est le moment où on réalise que tous les membres du groupe ont atteint la cinquantaine.

Bordel.

Il n’y a pas à dire, le Death Metal, ça conserve, et ça conserve en forme.

Cet album va probablement avoir une durée de vie plus importante que la moyenne de ceux du groupe sur ma platine, comme si il était habité de ce léger -et la plupart du temps inexplicable- supplément d’âme qui fait la différence entre le très bon et l’excellent.

Merci les Cannibal, pourvu que ça dure encore longtemps et sans rancune pour le jeune con que j’étais.

 


01  – Murderous Rampage
02  – Necrogenic Resurrection
03  – Inhumane Harvest
04 – Condemnation Contagion
05 – Surround, Kill, Devour
06 – Ritual Annihilation
07 – Follow the Blood
08 – Bound and Burned
09 – Slowly Sawn
10 – Overtorture
11 – Cerements of the Flayed

 


 

 

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