Among The Living
Chronique Album

Drudkh – Paysages d’hiver 

DRUDKH / PAYSAGE D’HIVER : Somewhere Sadness Wanders / Schnee (IV) 

Sortie le 25 Aout 2017 via Season Of Mist

Line-up DRUDKH

Roman Sayenko: guitars
Thurios: guitar, vocals
Krechet: bass
Vlad: drums, keyboards

Guest musician
Chris Naughton (WINTERFYLLETH): clean vocals on “The Night Walks Towards Her Throne”

 


Curiosité musicale que ce split à trois titres pour deux groupes : Drudkh et Paysage d’hiver.

Une sortie en catimini chez Mist et à vrai dire on avait même par remarqué que Paysage d’hiver s’était glissé sur la galette tant la filiation est évidente. C’est une invitation à la méditation sur fonds de spleen bien intense que nous adresse les deux formations aussi discrètes que prolifiques.

Les premiers nommés, venus du froid de l’est, de Kharkiv pour être précis en Ukraine profonde, ne dévoilent rien de leur intention et demeurent aussi mystérieux qu’à leur début. Pas une interview, pas un commentaire, secs et froids comme les rigueurs de leur terre natale.

Pourtant la formation active depuis 2002 nous a déjà livré du bon travail depuis Forgotten Legends sorti en 2003, si on met de côté les allusions un peu lourdes à un certain nationaliste aux relents ariens qui pour nous est toujours dérangeant, moins du côté de Kiev où les motivations sont, certes, différentes.

On préférera, vous l’avez compris, se référer au folklore local et aux poètes ukrainiens qui “mélancolisent” sur leur land mise à mal.

Les seconds, je devrais dire le second puisqu’il s’agit d’une formation musicale à une branche : Tobias Möckl alias Wintherr est l’unique membre du groupe suisse, Paysage d’hiver donc n’est guère plus loquace que ses confrères venus d’Ukraine et ne se produit jamais en live ( évidemment faudrait d’abord embaucher ! ) et se contente d’exister à travers des démos ou des splits dont les trois premiers épisodes de ” Schnee “. ( on vous recommande le II ).

Au délà de cette présentation, on baigne en plein Black métal atmosphérique avec de jolies intentions : ” atmosphère, atmosphère ! …”. Trois titres donc,  plutôt longs, entre 8 et 20 ‘ ( plus de quarante minutes au total )  pour cet album  qui s’approche de façon détournée du black métal à  la Darkthrone

 Le premier titre, « All Shades Of Silence », oeuvre des Drudkh, se construit en trois parties. La première résonne black métal, avec sa dose de blast beats, de riffs  aux sonorités maléfiques et avec un scream très caractéristique du genre. On relève une qualité d’écriture des riffs assez notable qui renforce le côté mélancolique.

La seconde partie commence par un arrêt brutal puis on devine, au loin,  des sons aériens et cristallins , ce qui illustre à merveille l’idée de « silence » annoncée dans le titre.  La troisième partie retourne au black métal avec un rythme bien plus lent et des riffs encore plus glauques et pesants.
Roman Saenko et consorts y démontrent toute leur technique et leur créativité.



Drudkh enchaîne sur le deuxième titre « The Night Walks Towards Her Throne » avec du black métal toujours aussi inspiré, ponctué de riffs d’une incroyable qualité, soutenu par une batterie très endurante  et un chant torturé à souhait, bien dans la tradition ” black “. 

Paysage d’Hiver prend le relais en compilant la quatrième phase de la démo « Schnee  ». Le titre commence avec juste le son du vent. Puis on entend des accords de guitare qui nous plongent immédiatement dans une ambiance déprimante, au cas où vous auriez encore envie de sourire après les complaintes lancinantes de Drudkh.

Vient alors de très loin un black métal enregistré un peu comme l’album « Transilvanian Hunger » de Darkthrone, avec une qualité très basse et un son volontairement lointain et étouffé, le tout faisant comme si le groupe jouait sous cloche.  Le titre, tout le long de ses 19′ 51” d’ambiance, lancine dans un black métal pris sous la glace,  froid au possible, glauque, déprimant du début à la fin, avant de revenir à la phase initiale ( vent et accords de guitare ). Au final, ce titre résume l’ambiance générale de l’album.

Cette compil ne s’écoute pas « traditionnellement » ; il faut plutôt la considérer comme une sorte de vecteur pour une méditation nihiliste et existentielle avec des mots clé comme  froid, neige, solitude, nuit, tristesse, glace et peut-être même mort ?
Nous l’écoutons en tout cas comme une sorte de méditation introspective, qui nous amène à nous questionner sur tout ce qui existe, et en ça c’est un bijou très rare dans la production métal. En effet, aucun autre sous genre du métal extrême n’accompagne aussi bien ce type d’émotions qui aussi déprimantes soient-elles, transcendant nos sens pour toucher notre âme.
Bon je vais pas vous faire un dessin, vous allez me prendre pour ce que je ne suis pas. Pour faire simple, parfois on se complaît dans la déprime et ça fait du bien !

Et dans le registre, cet album sonne juste dans la qualité, à sa manière très particulière.

Related posts

DARKE COMPLEX – Point Oblivion

Stephan Birlouez

ONE LIFE ALL-IN – Letter Of Forgiveness (EP)

Yann Fournier

SYLVAINE – Atoms Aligned, Coming Undone

Stephan Birlouez

Lacher un commentaire

* Utiliser ce formulaire implique que vous êtes d'accord pour que nous stockions les informations que vous nous confiez.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

X