Among The Living
Il était une fois...

Il était une fois… BOTCH

Il était une fois… BOTCH

Botch


D’un souvenir émane un frisson, du genre à vous faire dresser les poils tant il a marqué mon esprit et pour le coup mes oreilles. Ce souvenir, il resurgit à chaque écoute de l’album « AMERICAN NEVROSO » de BOTCH, et des fameuses paroles « It’s so quiet here » que l’on peut entendre Dave Verellen chuchoter sur « Hutton’s great engine », premier morceau de l’album. Voilà comment a débuté mon initiation au mathcore (ou hardcore moderne si vous préférez) avant CONVERGE, avant ED GEIN, dans le même laps de temps que COALESCE et grâce à feu Myspace, j’ai découvert l’un des groupes les plus important de ma vie, qui aura marqué tout une génération de formations  de part sa créativité et sa vision libérée du hardcore.

LES DEBUTS

BOTCH est originaire de Washington, de Tacoma plus exactement. Le groupe se forme en 1993 avec Dave Verellen, Brian Cook, Dave Knudson et Tim Latona. Formation qui ne connaitra aucune modification jusqu’à sa rupture en 2002.  A force de répétitions, le groupe sort un premier EP 7’’ (45 tours) en 1995, intitulée « FACTION » qui parait sur le label World Of Hurt Records situé à Seattle (décidément Seattle…). Une démo dans la pure veine hardcore straight edge de l’époque, il suffit d’observer quelques instants les photos en noir et blanc pour s’en rendre compte (croix straight edge au scotch noir sur la main, T-shirt Umbro..). Si les influences comme EARTH CRISIS et UNDERTOW ne font aucun doute, le morceau « Stupid Me » donne un avant goût de ce BOTCH deviendra par la suite.



En 1996,  le groupe récidive avec un autre EP « THE JOHN BIRCH CONSPIRACY THEORY » paru chez Phyte Records, toujours sous la forme d’un 7’’.  Une fois encore, Brian Cook et sa bande nous gratifie de 4 titres hardcore à l’esprit résolument 90 mais une reprise pour le moins originale et assez folle vient se glisser dans l’équation, « O Fortuna » de Carl Orff  qui marquera l’esprit d’un certain Aaron Turner, qui signera le groupe l’année d’après sur son label Hydra Head Records.



AMERICAN NEVROSO

BOTCH commence à se faire un nom dans la scène hardcore, grâce à leur tournée  avec NINEIRONSPITFIRE début 97 (et un split 7’’ au passage avec ces derniers), qui leur permettra d’assurer la première partie de SNAPCASE  à New York. Ils apparaissent également dans la compilation « ALL ABOUT FRIENDS »  du fanzine Hardcore Maniacs, nous gratifiant d’une reprise énervée d’un classique des B-52’S « Rock Lobster ».  Dans la foulée, ils sont contactés par Aaron turner qui leur propose de participer à une compilation de reprises de BLACK SABBATH sortant sous forme de singles 7’’ (format très prisé à l’époque car peu cher). Cette collection qui comprend bons nombres de groupes de qualité (EYEHATEGOD, TODAYS IS THE DAY, BRUTAL TRUTH, CONVERGE…) permettra à BOTCH 2 choses :

  • Proposer une reprise énormissime du titre « The Wizard » qui apparaîtra sur le volume 5 au côté de CAVE IN.

 


  • Envoyer une démo de leur premier album en préparation à Aaron Turner. Ce dernier surpris par la marge de progression du groupe décide de les aider à enregistrer ce fameux premier album qui sera produit par Matt Bayles dans le studio du guitariste de Pearl Jam. En 1998 sort donc « AMERICAN NEVROSO » chez Hydra Head Records. Un album intelligent, déjanté, furieux, transpirant l’urgence et la folie dans sa composition qui marque un tournant majeur dans la musique du groupe. « Dead For A Minute » et son introduction digne d’un western, la folie viscérale de «Oma »  et sa redescente émotionnelle vertigineuse au piano. Le « hit » fabuleux qu’est « Thank God for Worker Beer » et surtout véritable hymne du mathcore.  BOTCH a trouvé sa voie et son identité. Les concerts qui suivront ne feront que conforter cette hypothèse, puisque le groupe désormais, voyage avec son propre matériel et notamment son jeu de lumières.

 

 

1999 : VOUS N’ETIEZ PAS PRETS

Maintenant que le groupe a trouvé sa sonorité, il est temps de l’exploiter et de la pousser dans ses derniers retranchements.  Si je n’avais qu’un seul vœu à faire, ca serait d’assister à l’enregistrement, à l’émergence de cet album, qui a lui tout seul tient tout le hardcore moderne dans chacun de ses sillons. Il s’agit bien évidemment de « WE ARE THE ROMANS » produit à nouveau par Matt Bayles, sortant chez Hydra Head Records et qui peut se résumer de la manière suivante ; 9 comètes s’entrechoquant dans un immense fracas de créativité, de passion, bref, du génie ! On considère souvent « JANE DOE » de CONVERGE comme l’album qui a marqué le hardcore moderne, mais deux ans auparavant, BOTCH avait atteint des sommets inexplorés jusqu’ alors, avec leur deuxième album. Du haut de ces 21 ans, cette œuvre n’a pas vieilli, elle dégage toujours cette aura, cette sensation d’écouter un album qui vient de sortir, qui a été conçu pour retourner son auditeur de toutes les manières physiques et psychologiques possible. Impossible de départager un titre d’un autre, et bien que je n’aime pas les comparaisons bibliques, « WE ARE THE ROMANS » peut être considéré comme LA bible du hardcore moderne. Enfin, il marque une rupture entre BOTCH et la scène straight edge locale, dont ils ont fait longtemps parti mais qui devient de plus en plus intransigeante, alors que la musique du groupe, dépasse de très loin les codes de cet univers.



Cet album donnera lieu à une tournée avec THE BLOOD BROTHERS, PLAYING ENEMY et KILL SADIE fin 1999. Le groupe participe également à un split avec THE MURDER CITY DEVILS pour promouvoir  « The Edge Of Quarrel », film indépendant sur la scène hardcore straight edge de la fin des années 90, dans lequel nous pouvons les voir jouer en live (et rien que pour ça, je vous le conseille).



Fait encore plus improbable, l’année suivante un 10’’ réunissant ANANDA (groupe français), KNUT ainsi que BOTCH voit le jour sur le label Mosh Bart Industries. Il s’agit d’un témoignagne live d’un concert donné le 07 Novembre 1999 à Rennes. Je n’en sais pas plus, mais je salue bien bas cette initiative qui montre que les petits gars du Tacoma ne se sont jamais éloignés de leurs racines hardcore.


C’EST DEJA LA FIN…

L’amour et plus particulièrement les coups de foudres, sont une chose violente, qui dépasse toute logique et qui ne dure que le temps d’un battement de cœur.  Les envies et les besoins artistiques de chacun, ne correspondant plus à ce que BOTCH était, les membres décident d’y mettre un terme en Février 2002. Mais avant, il faut faire les choses bien, faire brûler la flamme une dernière fois, laisser un dernier témoignage avant d’en construire d’autres ailleurs. C’est ainsi que l’EP six titres « AN ANTHOLOGY OF DEAD ENDS » voit le jour sur Hydra Head Records sous la forme d’un 10’’ dans un premier temps. Prolongement de « WE ARE THE ROMANS » dans ses sonorités, il montre également un groupe qui se tourne vers d’autres horizons, avec cette sublime ballade mélancolique qu’est « Afghamistam »



Dans la foulée, Excursion Records dans un premier temps puis Hydra Head Records par la suite, réédite « UNIFYING THEME REDUX », compilation regroupant les premières démos, split, titres inédits du groupe.

En 2006, à titre posthume, sort le dernier live donné par BOTCH en DVD. « 061502 » fut enregistré à Seattle, au Showbox, en compagnie de HARKONEN (très bon groupe avec le frère de Dave Verellen), PLAYING ENEMY et THE BLOOD BROTHERS. Si il est filmé et monté avec les pieds, ce live montre à quel point le groupe savait électriser et enflammer son public, le ralliant sans mal à sa cause, et que la scène était un terrain de jeu qu’ils maitrisaient parfaitement. De ce live à la qualité visuelle discutable mais ayant le mérite d’avoir un très bon enregistrement audio, une édition vinyle verra le jour en 2016.



C’est ainsi que l’un des groupes les plus influents de la scène hardcore moderne prendra fin. Influence qui ne se fera sentir que quelques temps après leur séparation. Les membres n’ont cependant pas mis un terme à leur carrière pour autant (exception faite pour Tim Lacona). Voici une liste de projets que vous connaissez très certainement :

Dave Knudson (guitar): Minus The Bear
Brian Cook (Bass): These Arms Are Snake – Russian Circles – Roy – Sumac
Dave Verellen (vocals): Roy – Narrows – (et un feat de malade avec KEN MODE sur leur album « ENTRENCH »)

Discographie Exhaustive :

1993 – Blind… From youth installed
 
1995 – Faction
 
1996 – The John Birch Conspiracy Theory
 
1997 –
  • Split avec Ninerironspitfire
  • The unifying theme of sex, deaath and religion
 
1998 – American Nevroso
 
1999 –
  • In These Black Days Volume 5 (split avec Cave In)
  • Split avec The Murder City Devils pour The Edge Of Quarrel
  • We Are The Romans
 
2000 –
  • Split avec Ananda et Knut
  • Punk Vs Straight Edge : The Edge Of Quarrel (video)
 
2002 – An Anthology Of Dead Ends
 
2006 – 061502 (DVD+CD)
 
2013 – All About Friends Forever
 
2016 – Untitled (Box vinyle)

Le mot de la fin:

Par pitié, si jamais vous découvrez BOTCH en lisant ses lignes et que vous décidez de plonger dans leur discographie, écoutez la version originale de “AMERICAN NEVROSO” et non le Remaster de 2007 qui est beaucoup, mais alors beaucoup trop propre et qui dénature totalement le son que le groupe proposait à l’époque.


 

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