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RUNNING WILD – Blood On Blood

RUNNING WILD - Blood On Blood
RUNNING WILD
– Blood On Blood

Sortie le 29 octobre 2021

Rolf Kasparek – Chant et Guitare
Peter Jordan –  Guitare
Ole Hempelmann – Basse
Michael Wolpers – batterie

 


AVERTISSEMENT

Si l’histoire du groupe vous est connue et/ou que le contexte ne vous intéresse pas et que vous voulez simplement un avis sur l’album, le paragraphe 2 devrait vous suffire. Sinon, c’est directement ci-dessous que ça se passe.

1 – Pour être clair dès le départ, ma période préférée chez Running Wild va de « Under Jolly Rodger » (1987) à « Blazon Stone » (1991). Si les 2 premiers opus et leur satanisme bon marché me sont assez sympathique, je goûte moins le virage speed pris à partir de « Pile Of Skulls » (1992), et surtout « Black Hand Inn » (1994). Cette période a ses fans, je n’en suis pas. Ce que le groupe gagne en puissance il le perd en charme. La double pédale surexploitée alourdissant inutilement l’ensemble et le son bien trop mécanique n’aidant en rien.

La mise en son change également, ce qui n’est d’ailleurs pas spécifique à Running Wild, mais plutôt le fait de « l’évolution » numérique de l’époque.

« On sait » sensiblement ce qu’on va entendre.

Bref, je suis un presque vieux monsieur, je pratique parfois le « c’était mieux avant », et dans le cas qui nous intéresse ici ça me semble assez pertinent, le groupe ayant la force de sa faiblesse et la faiblesse de sa force.

En effet, « On sait » sensiblement ce qu’on va entendre en écoutant un nouveau Running Wild, la recette de base est parfaitement connue et c’est aussi pour ça qu’on les aime. De manière presque parodique, je pourrai dire que plus un album se rapproche de « Port Royal » (1988) et « Death Or Glory » (1989) , plus il est réussi.

Or, depuis un split en 2009 et un retour aux affaires en 2011, le groupe nous propose à intervalles irréguliers de nouveaux albums plus proches dans l’esprit de ce qui est pour moi l’âge d’or du groupe, mais que je trouve dans l’ensemble faibles, trop faibles pour un groupe de cet envergure. Morceaux fade, plats et peu inspirés sont devenus la norme plutôt que l’exception. Ajoutez à ça des pochettes parfois indigentes (alors que c’était une des forces du groupe) et le fait que depuis leur retour ils se produisent très peu en live, il y a peu de raison de se réjouir. J’écoute toujours un nouveau Running Wild, mais je n’en attend plus grand chose, même si, et c’est là qu’est la lueur d’espoir, chaque disque est un peu meilleur que le précédent.

« Rapid Foray » (2016), première offrande honorable depuis le retour du groupe, présente mieux que « Résilient » (2013) qui lui-même était supérieur au bien triste « Shadowmaker » (2012).


RUNNING WILD


Old school pleinement assumé

Après cette longue introduction, y a-t-il quelque chose de particulier à dire de ce dix-septième (!) album ?

2 – Du haut de ses 60 ans, Rolf Kasparek (alias Rock’n’Rolf) avoue ne plus aimer les morceaux rapides.

Si vous êtes client du côté speed du Heavy Metal, vous n’êtes pas dans la bonne crémerie.

La musique du groupe est fortement teintée de Hard-Rock, des morceaux comme « Wild & Free » où « Wild Wild Night » et leurs refrains à beugler à plein poumons sont assez symptomatique.

Pour oser une comparaison douteuse avec l’immense Judas Priest, vous seriez ici plus proche de « Turbo » (1986) que de «­Painkiller » (1990).

Rien de surprenant si vous avez écouté les dernier Running Wild, on reste dans la lignée. Du moins stylistiquement. Parce qu’au niveau de l’inspiration et du plaisir de l’écoute…

Mais que s’est-il passé ?

Le COVID qui a laissé le temps au groupe de peaufiner ses compositions ? Le Line-up stable depuis 2015 et le « Rapid Foray » de 2016 ? Une révélation chez l’ami Rock’n’Rolf ?

Parce que honnêtement, et sans pour autant revenir au niveau de l’âge d’or du groupe, on tient là, pour mes oreilles, le meilleur album de Running Wild depuis… « Pile of Skull » (1992), voir « Blazon Stone » (1991) (Que les puristes de la période « speed » du groupe m’excusent, mais je trouve indigestes les albums post 1992).

Si les tempos sont posés, ça ne signifie pas pour autant que ce soit mollasson (sinon, que dire d’AC/DC ?), bien au contraire, j’en veux pour preuve l’hymne au riff à la Accept « Wings Of Fire ».

Du typique et sautillant « Blood On Blood » introductif à l’accroche instantanée, au plus rapide (rapide mais sans double pédale envahissante) « Diamond & Pearls » saturé de l’ADN du groupe tout comme le beau « Crossing The Blade » dont l’envergure me rappelle le morceau titre « Blazon Stone » ; de la doublette de titres en « Wild » citée plus haut à l’épique « The Shellback », tout m’emporte dans l’univers du groupe.

J’ai lu à plusieurs reprises que le titre « One Night – One Day », assimilé à une balade, était le moment faible de l’album. Je suis pour ma part assez sensible à ce refrain à reprendre en cœur sur un thème musical joyeux porté par un groove simple. Dans l’idée, le morceau pourrait faire penser au « Paradise City » de Guns’n’Roses mais à la sauce Running Wild.

L’ambitieux final « The Iron Times », du haut de ses 10 mn, si il ne me déçoit pas et malgré sa qualité incontestable, n’a malheureusement pas ce petit supplément de magie qui aurait pu l’élever au niveau de « Calico Jack » (Port royal, 1988) (« Battle Of Watterloo » (Death Or Glory, 1989) semblant intouchable).

Ça reste toutefois du très bon.

Cet album à une âme. Ce qui n’était pas arrivé à Running Wild depuis très longtemps, et que je n’espérais plus du groupe.

Donc, en résumé, si vous aimez la dimension frénétique du Metal, passez votre chemin. Mais si le groove qui fait taper du pied et secouer la tête ainsi que les mélodies et les refrains faciles à chanter sous la douche où dans votre voiture vous font envie, c’est clairement la bonne porte.

Old school pleinement assumé, le réussi « Blood On Blood » redonne des couleurs à une discographie qui était quelque peu pâlotte ces derniers temps, pour notre plus grand plaisir.


Tracklist

01. Blood On Blood
02. Wings Of Fire
03. Say Your Prayers
04. Diamond & Pearls
05. Wild & Free
06. Crossing The Blades
07. One Night, One Day
08. The Shellback
09. Wild, Wild Nights
10. The Iron Times (1618-1648)


 

 

 

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