Among The Living
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SANGDRAGON –  Hierophant 


SANGDRAGON
 Hierophant 

sorti le 21 octobre 2023 chez Wake Up Dead Records.


L’envol du dragon

Après une naissance dans les ténèbres en 1994, le projet solo de Vincent Urbain Daemonium : Opera Of An Ancient War Spirit a évolué sans cesse.

Pourtant tout était déjà clair à cette lointaine époque. Cet album avait quelque chose de différent est d’innovant. Les influences entre le mysticisme ésotérique, une forme de black metal et des influences médiévales résonnaient déjà en appelant cet ancien esprit de la guerre.

S’en est suivi Akhenaton « Divine Symphonies », toujours dans le même esprit, mais sous un autre avatar.

Enfin, bien plus tard, en 2012, la création prend une autre forme, plus complète avec Sangdragon dont le « Requiem For Apocalypse » sort trois ans plus tard.

Tout ceci constitue « Thy Mystic Trilogy » qui verra ressortir les trois opus en 2016.

On pourrait croire que l’œuvre est achevée. Après tout, une trilogie, en toute logique, cela se déroule en trois parties.

Que nenni ! Telle toute bonne saga, les rebondissements sont quasi infinis.

Sangdragon, la forme adulte du projet, avec devenu un véritable groupe, qui va bien plus que le projet solo initial. Les influences de Will Hien, Edouard Verneret, Alison Forest et bien d’autres y sont sans doute pour quelque chose.



La révélation mystique se poursuit!

Sangdragon est donc l’avatar le plus abouti à l’heure actuelle de ce projet quelque peu schizophrène, qui a changé de nom à chaque étape.

Mais comme dans bien des domaines, rien n’est tout blanc, rien n’est tout noir. Les diverses influences musicales se sont donc regroupées dans un mélange qui peut surprendre bien des auditeurs.

Certains diront qu’il y a trop de metal extrême, d’autres regretteront qu’il n’y ait pas davantage de musique néomédiévale, les plus pénibles diront même que le côté sombre et occulte devrait régner en maître.

Pour mettre tout le monde d’accord, Sangdragon a donc créé un double album nommé « Hierophant ». La révélation mystique se poursuit donc et grâce au temps sans concert offert gracieusement par un coronavirus, le groupe a pu peaufiner deux disques. L’un noir, plus orienté metal, et un blanc, plus orienté folk et ambiant.

Il est important de noter que pour un groupe sommes toutes encore trop peu connu, sortir un double album en 2023 demande tout de même une bonne paire… De CD, ce qui tombe bien en l’occurrence.



Le Dragon Noir :

Le morceau d’ouverture, « Curse of the Desert » offre à mon avis un bon aperçu de ce qu’est un morceau standard de Sangdragon. Le côté épique, sur une rythmique heavy/death, le tout avec une ambiance orientale et mystique.

Après « Let The Fire Speak », « I Proudly March To Die », nous fleurtons avec le power metal, avant de revenir sur quelque chose de plus violent et propice au pogo avec « War is War ». « Carnal Legacy », « Frozen Fear » complètent avec brio ce disque Black Dragon. Mais c’est à « Under My Stigmata » que revient sans doute la palme du coup de cœur en ce qui me concerne.

On pourrait résumer que si Behemoth rencontrait Rhapsody of Fire, buvant une bière avec Grave Digger, et que Moonspell passait par là, on pourrait obtenir quelque chose de proche.

Comme cela me semble très improbable, il faut juste en conclure que Sangdragon est inimitable. C’est d’ailleurs ce que je pensais déjà à l’écoute de Daemonium

Le Dragon Blanc :

Le puissant « Cernunnos » nous entraîne immédiatement dans une autre dimension. Un petit tour par la version médiévale de l’excellent « Winged Blade » nous amène à l’aventure cinématographique que l’on image immédiatement avec « Behind The Mist ». « Tvern » est clairement parfait pour boire en chantant avec des compagnons barbares, ce qui permet l’arrivée reposante de « Snow », qui tombe doucement. « Sweet Frozen Fear » laisse la place à « Majesty » qui pourrait parfaitement servir de B.O. à Peter Jackson. Le film s’arrête avec le morceau du générique « Back To Elysium ».

Cet opus est tel un film d’heroïc fantasy. Les ambiances qui tournent parfois à l’arabisant sont sans doute plus proches de « la Tour de l’éléphant » avec Conan que d’une véritable musique venant de quelque part du Maghreb.



Que penser de « Hierophant » ?

Tout d’abord, je suis surpris par la qualité du côté White Dragon. Ces morceaux beaucoup plus orientés vers l’ambiance ne sont pas ce qu’on attend a priori de Sangdragon. En tout cas pas en si grand nombre. C’est sans doute un pari avec le public, mais à vrai dire, bien qu’appréciant à sa juste valeur le disque Black Dragon et étant chroniqueur metal, j’avoue préférer le côté clair du Dragon.

Maîtriser autant de styles musicaux différents, et arriver à surprendre l’auditeur tout en offrant un véritable film musical démontre clairement que Sangdragon a atteint la maturité.

A suivre donc avec attention si jamais ils passent près de chez vous en concert ! Mais en attendant, voilà une des rares sorties qui pourraient plaire à un vaste public.



Liens :

www.sangdragon.bandcamp.com

 www.instagram.com/sangdragon_official

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