Among The Living
Chronique Album

UDO – Steelfactory 

UDO - Steelfactory UDO – Steelfactory

Sortie le 31 août 2018

Udo Dirkschneider – chant
Fitty Wienhold – basse, chœurs
Andrey Smirnov – guitare
Sven Dirkschneider – batterie


Ceux qui ont un peu de mémoire se souviennent sûrement qu’en interview, il y a de cela une paire d’année, il ne fallait pas trop casser les « Bälle » (dans la langue de Goethe, vous aurez traduit…) de l’ancien frontman d’ACCEPT, concernant son passé avec ses anciens petits compagnons de jeux…

Le « Tank-allemand-en-métal », tel qu’on le surnomme joliment, rappelait à qui voulait l’entendre, au long des interviews donnés à d’éminents confrères, qu’il avait passé plus de temps à créer et se produire sous son propre nom, qu’en tant que chanteur d’ACCEPT. Et qu’on veuille bien le lâcher « Bitte, meine Damen und Herren » avec Mike Tornillo et sa clique, avec laquelle il n’avait plus rien à voir (Ils n’iront pas passer leur vacances ensemble, amis de trente ans, schwanzlutscher !et blah et blah…)

Bon, en même temps, on pouvait difficilement lui en vouloir : 7 ans passées avec ACCEPT (de « Accept » – 1979 à « Russian Roulette » – 1986)…contre 31 ans passés en solo (« Animal house » – 1987 à aujourd’hui), et on se dit, merde, quelle empreinte quasi-indélébile le bougre a laissé au sein du combo de Solingen (la « ville des lames »…ah le destin !), en seulement 84 mois passés en son sein !

Et la surprise, qui n’en est pas une, pour qui connaît un tant soit peu le bonhomme, viendra de cette tournée, débutée en 2016 sous le patronyme « Dirkschneider » sous le titre évocateur et quasi-prophétique (si, si, je peux me permettre d’être cynique) : « Farewell to ACCEPT » (« Adieu à ACCEPT »…sans rire ?)

Un adieu qui s’étendra sur toute l’année 2017, avec une tournée triomphale à la clé et 300 concerts donnés…où notre frontman rugueux jouera quasi-exclusivement le répertoire d’ACCEPT…celui-là même qu’il jugeait trop réducteur pour son auguste personne, quelques mois plus tôt. Udo, on t’aime.

A la sortie du concert remarquable donné par ACCEPT sur la Mainstage 2 du HELLFEST, ce 24 juin 2018, je ne pouvais m’empêcher de conclure, presque malgré moi, qu’UDO resterait définitivement, pour moi, LA voix de ce monument teutonico-historique, et ce malgré une prestation de Tornillo bien plus qu’honorable.

Vous en réviez ? UDO l’a fait.


UDO - Steelfactory 


Dès l’entame de cette « usine de métal », on ne peut qu’être frappé par une intro quasi « metalheartienne », sur un « moissonneur de langues » (« Tongue Reaper ») du plus bon aloi, avec des twin-guitars savamment descendues à l’octave…fermez les yeux, et c’est ce bon vieux Wolf Hoffmann qui débarque !

Adieu à ACCEPT, vous aviez dit ? ben ce sera pour une prochaine fois !

On peut dire qu’UDO a repris l’ouvrage où il l’avait laissé à l’époque de « Russian Roulette » (1986)…Oui, je passe volontairement sur le « retour » d’UDO au sein de la formation de 1992 à 1996, et les albums de cette période. Comme dirait Evelyne, c’est mon choix…

Ne nous mentons pas, la production n’a rien à voir avec l’opus précité : elle est tout simplement énorme. Allez, on poursuit avec « living for Tonite »…euh ! non, pardon, je voulais dire « Make the Move  » ; la ressemblance entre les riffs est quand même troublante…c’est wolfy qui risque d’être content ! Le remplaçant de Stefan Kauffman, (ex-batteur d’ACCEPT et ex-guitariste d’U.D.O….vous me suivez ?) Andrey Smirnov, envoie du très très lourd, les solis de guitare sont toujours musicaux, avec juste ce qu’il faut de mélodie et de technique, comme on pourra l’entendre sur le pachydermique « keeper of my soul », le russe faisant preuve d’une maîtrise indiscutable, sans jamais polluer le propos.

Smirnov le bien nommé, n’est pas un inconnu, loin de là, puisqu’il a pu louer ses services lors de sessions studio à Paul « there can be only one » DI’ANNO et Blayze « The wrong Choice » Bailey, respectivement ex-chanteur et ex-chanteur d’IRON MAIDEN (vous me suivez toujours ?).

Après le dispensable, « in the heat of the night », une ballade sans beaucoup d’intérêt, le musclé “blood on fire” flirte avec le classique, lorsque Smirnov reprend le « Carmen » de Bizet, ce qui n’est pas sans rappeler le « Für Elise » qu’avait emprunté jadis Hoffmann à Beethoven sur l’excellent « Metal Heart » (sorti en 1985..nostalgie, quand tu nous tiens !)
S’ensuit « Breaker »…euh, non…décidément ! « Rising High », pardon, où l’on entend le p’tit Sven DIRKSCHNEIDER, rejeton du Boss, maltraiter ses fûts avec la conviction d’un métallurgiste rhénannais. Ça cogne, ça soude, ça perfore, et ça ponce sévère. On est dans la métallurgie pure, et on n’en attendait pas moins. C’est du ACCEPT, quoi ! Pas étonnant donc de retrouver Kaufmann à la composition sur ce titre…

Le nain énervé s’en amusait d’ailleurs avec une certaine délectation, rapportant à la cantonade que tous les journalistes qui avaient écouté son album considéraient qu’il s’agissait du meilleur album d’ACCEPT depuis longtemps ! 

L’excellent « The Devil is an Angel » ne fera pas exception à la règle, mis à part une prestation époustouflante de Smirnov (à partir de 2:40, jetez une oreille ça vaut le coup !), dont le solo enterre définitivement le moindre doute sur ses qualités de virtuose…et les comparaisons désobligeantes avec Hoffmann.

Un petit faux air de « Dogs on Lead » sur un « Hungry and Angry » et « A bite of devil » bien rentre dedans, avec une section rythmique bien solide, et des chœurs bien en place. Ça pue la sueur et le travail. Respect.

« One Heart One Soul », où Dirkschneider nous démontre qu’il est toujours un excellent compositeur aux refrains fédérateurs. On reste mid-tempo avec « Eraser » et « Rose in the Desert », qui restent dans la même veine.

UDO prend le parti pris de clore cet album sur un titre en forme de power-ballade…comme dans les années 80, quoi ! 

Alors, vous voulez mon avis ? Ben, franchement…c’est le meilleur album d’ACCEPT depuis bien longtemps !!!!


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