Rencontre avec Brun’o Klose, guitariste de Shaârghot - Among The Living

Rencontre avec Brun’o Klose, guitariste de Shaârghot le vendredi 2 février au Hard Rock Café Paris. Merci à lui pour sa gentillesse, malgré ses 7 heures d’interviews dans les pattes quand nous l’avons rencontré.

Brun’o Klose, guitariste de Shaârghot


Peux-tu nous dire depuis quand tu es dans Shaârghot ?

Brun’o Klose : J’ai rejoint le groupe fin 2013, quand l’album Vol.1 était terminé en studios et que le groupe se préparait à le retranscrire sur scène. Je suis multi-instrumentiste et à l’origine je devais avoir un poste un peu hybride : je devais faire un peu de guitare, un peu de basse, un peu de clavier. Et la première répétition il y avait un batteur, un bassiste et Etienne et un guitariste qui n’est jamais venu. Comme j’avais aussi travaillé un peu les morceaux à la gratte, on m’a proposé de prendre le poste pour la séance. Et finalement les choses sont restées comme ça ! C’est comme ça que je suis devenu guitariste à 100% dans Shaârghot.

Donc tu n’as pas participé à la composition du 1er album ?

Brun’o Klose : Non. La composition des morceaux chez Shaârghot est particulière. Etienne a ses idées, il a tout dans sa tête. C’est normal Shaârghot, c’est son univers, sa créature, son projet visuel et musical. Il défriche avec Clem X (la bassiste) les compos et ensuite j’interviens plus dans un rôle d’arrangeur. On pourrait apporter des compos dans le groupe, mais ça ne collerait pas à la cohérence du projet. Mais il y a un travail de concertation, les bonnes idées sont les bienvenues. Il y a le squelette et après il faut le faire vivre. On a tous un home studio chez nous, où on travaille les morceaux, les sons, où on prépare les répétitions. Une fois qu’un morceau est terminé et rôdé on le présente à un ingénieur du son et producteur, Godfather, qui avec son recul va le reprendre et l’arranger pour obtenir un titre efficace. Une fois qu’il a fait son boulot, il nous renvoie les fichiers pour qu’on puisse travailler les morceaux avec ses arrangements. Il intervient également sur la partie live, ce qui nous permet de garder un son assez proche en studios et sur scène.

Votre EP est dispo maintenant depuis quelques mois. Est-ce que les retours sont positifs ?

Brun’o Klose  : Oui les retours sont super positifs. Cet Ep est arrivé parce qu’il y avait une demande. On jouait déjà certains titres sur scène et les gens nous réclamaient la possibilité de pouvoir les écouter également chez eux. Donc pour faire patienter les gens avant la sortie de l’album, on s’est dit que ça pourrait être pas mal d’en enregistrer quelques-uns.

Ça veut dire que les prochains morceaux de Shaârghot seront dans la même veine ?

Brun’o Klose : Oui. Pour ces morceaux on s’est nourri de l’expérience du live où on a testé des sons, des intros, pour construire ces nouveaux titres. On a cherché aussi à tenter de retranscrire certains aspects visuels de nos concerts, d’où cette orientation plus sombre, avec plus de bruitages, des ambiances. On est également descendu beaucoup plus bas dans les tonalités, en particulier pour la guitare.

La sortie du Ep correspond également à la production d’un nouveau clip. Pour ce projet vous êtes passé par le crowfunding. Tu peux nous parler de cette démarche

Brun’o Klose : La sortie du EP, c’était aussi pour remercier les gens qui avaient participé au financement du tournage du troisième clip. Et puis passer par ce mode de fonctionnement te permet de garder le contrôle sur tes projets. Ça fait partie de l’ADN du groupe, qui est : “fais ce qu’il te plaît, où tu veux quand tu veux”. Donc c’était important d’être indépendant.

 

On peut parler d’esprit punk/do it yourself dans Shaârghot du coup?

Brun’o Klose  : Mais carrément ! On va pas le nier

 

Tu peux nous parler un peu de votre mise en scène. Toi par exemple tu portes un attirail assez lourd !

Brun’o Klose  : Oui effectivement. Au départ je suis parti de protections portées par des gens pratiquant le VTT et le cross à haut niveau, qu’on a un peu modifiées et adaptées par rapport au groupe. Je suis très influencé par tout ce qui tourne autour du biomécanique, le mélange chair/métal. Et puis j’ai eu la bonne idée de rajouter une attelle. Sauf que quand tu joues avec ton attelle sur scène, tu souffres, surtout quand elle se bloque quelques minutes avant de monter sur scène ! Et pour bien faire je m’en suis rajouté une à la cuisse. C’est lors de la première répète que j’ai réalisé que j’avais fait une grosse connerie en choisissant une attelle pour jouer de la guitare, parce que c’est pas du tout naturel et confortable.

 

Vu l’ampleur que prend  votre mise en scène, vous n’avez pas trop de problème pour trouver des salles ?

Brun’o Klose  : On s’est aperçu très vite qu’on aurait du mal avec certaines salles. On a besoin d’espace, pas seulement à cause du décor, mais on bouge beaucoup. On a dû faire 35 concerts en 3 ans. On essaye toujours de s’assurer qu’on va pouvoir faire un concert nickel, où tout sera carré. Et puis on essaye aussi d’anticiper l’avant concert. C’est con mais on a besoin de 2-3 choses comme plusieurs miroirs dans les loges. On va pas se préparer l’un après l’autre, ça prendrait trop de temps. Pour Etienne et moi, entre les accessoires et le maquillage, on doit mettre un peu plus d’une heure. Et puis tu as l’après concert ! Le plus galère c’est pour Etienne. Il doit se nettoyer à la lingette !

 

Que ce soit au niveau de la musique, des influences, de ce que vous faites sur scène, vous n’êtes pas tentés d’exporter votre univers dans la BD, le cinéma, composer une musique de film ?

Brun’o Klose  : Oui évidement on aimerait bien, mais on essaye déjà de se concentrer sur la musique. Pour tous ces projets il faut du temps et les bonnes personnes. Pour la BD on a Lyan, une dessinatrice qui a beaucoup de talent, qui a fait l’artwork de l’EP. Ca fait partie des projets qui sont dans les cartons. De toute façon on est très friand de l’univers des comics, avec tous ces personnages un peu sombres, un peu bizarres qui peuplent ces bd.

 

Et pour les clips ?

Brun’o Klose : C’est Etienne qui gère cette partie. Il sait déjà ce qu’il veut faire. Il est monteur vidéo, donc c’est lui qui s’occupe du montage. Et pour le tournage, depuis le départ, on a une équipe de cameramans, qui sont pros, qui nous suivent depuis le début et qui ne comptent pas leur temps lorsqu’on décide de faire un clip. Tout le monde est intégré au processus de création. Même mes figurants pour faire les shadows, c’est des potes. Ils veulent tous être en noir, même si au final ils réalisent que c’est une galère ce truc, que tu dois sans arrêt faire gaffe au maquillage, faire attention aux traces.

 

Les projets pour 2018 ?

Brun’o Klose : On a le clip qui arrive bientôt, plus quelques dates cet été. Et puis on a encore un peu de boulot en studios où on travaille sur nos sons individuels pour préparer le nouvel album qui devrait voir le jour fin 2018


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