Among The Living
Interview

Entretien avec Nocturnal Hellfuker, batteur live de Blasphemy

Nous nous sommes entretenus avec Nocturnal Hellfuker, batteur live du légendaire groupe de Black Metal Bestial Canadien : Blasphemy.

 


Bonjour, le concert d’hier était fantastique. Les parties de batterie sonnaient si extrême. Peux-tu nous en dire un peu plus à propos de tes débuts à la batterie ?

Quand j’étais enfant je voulais une batterie mais mes parents n’étaient pas d’accord. Ils m’ont offert une basse. J’ai donc appris la basse en premier. J’ai rejoint mon premier groupe à l’université. C’était un groupe de Death Metal.

Mais à chaque fois qu’on se réunissait pour répéter, je sautais sur la batterie de mes copains. Je saisissais toutes les occasions de jouer d’en jouer. J’ai dû commencer vers 1990.

Est-ce que tu te souviens de l’âge que tu avais lorsque tu as découvert le Metal et lorsque tu as commencé à jouer de la batterie ?

J’étais très jeune quand j’ai découvert le Metal, peut-être sept ou huit ans. Mon père avait une amie qui écoutait Mötley Crüe, Ratt, et tout ce genre de trucs. Elle m’emmenait dans sa voiture et on se baladait en écoutant du Heavy Metal. Elle m’a acheté mon premier skateboard et ma première guitare. Pour ce qui est de la batterie je ne sais plus trop. J’installais les oreillers sur mon lit et je faisais comme si j’étais Lars Ulrich de Metallica. Mais pour ce qui est de vraiment jouer de la batterie je ne sais plus vraiment, ça devait être fin des années 90, j’étais encore ado, peut-être 18 ou 19 ans. J’en ai 47 maintenant donc ça remonte ! (Rires)

Combien d’heures par jour environ passes-tu à t’entrainer à la batterie ?

Au début j’étais obsédé. J’étais adolescent donc j’avais le temps, j’y passais mes journées. Mais maintenant je joue uniquement pour Blasphemy, donc en vrai je m’entraîne juste quelques jours avant chaque concert. Je n’ai plus de salle de répétition. Il faut que je trouve un endroit où je paye à l’heure et comme c’est assez cher, je ne peux pas m’entraîner autant que je le voudrais et que je le devrais. Peut-être environ disons une fois par mois.

Tu es un membre session live de Blasphemy. Comment as-tu réussi à intégrer le groupe ?

Dans le premier groupe de Death Metal dans lequel j’étais on avait un batteur qui était de Vancouver. Il est venu aux USA illégalement et m’a raconté ces histoires de dingues avec les gars de Blasphemy et toutes les embrouilles dans lesquelles ils étaient. Et puis il s’est fait expulser et a dû retourner au Canada.

Après cela, j’ai pu aller jouer au Canada avec un de mes autres groupe ou aller voir des concerts. Petit à petit, par son intermédiaire j’ai rencontré les gars de Blasphemy et à chaque fois que j’allais là-bas, c’est chez eux que séjournais. De fil en aiguille nous sommes devenus amis. A l’époque c’était Vaz (Black Witchery), qui était leur batteur live. Mais il est tombé malade et les gars m’ont demandé de rejoindre le groupe. Ça devait être vers 2018.

Le groupe Blasphemy est basé au Canada et tu vis à Los Angeles. Comment se passe le processus de répétition pour vous tous ?

Généralement on arrive un jour avant dans la ville du concert et c’est là qu’on répète. Il y a deux gars de Vancouver, moi de Los Angeles et deux autres d’Allemagne.

Ah vous répétez la veille ! Ce n’est pas trop stressant ?

Si parfois (Éclat de rires).

Que représente Blasphemy pour toi ? 

Je dirais le vrai état d’esprit Black Metal, l’approche est rude. Ça sonne comme si tu te faisais botter le cul. Et au final c’est complètement ça, tu te fais vraiment botter le cul (rires). En ce qui concerne les histoires autour du groupe, tu sais, ça fait un moment que je suis dans le groupe et il y en a encore plein qui ressortent. Et je me dis : « Oh putain de merde je ne croyais pas qu’elles étaient vraies », et si pourtant. C’est assez dingue, mais le danger autour du groupe ce n’est pas des blagues. Blasphemy est vraiment tout ce que le Black Metal est censé être. Ça doit d’être dangereux ce n’est pas fait pour s’amuser.

Est-ce que tu te souviens de la première fois que tu as écouté Blasphemy ? Quelle a été ta réaction ?

Je crois que c’était « Fallen Angel of Doom ». Je n’ai pas compris ce qui se passait. Ça sonnait malsain. Exactement pareil que Beherit. La première fois que je les ai écoutés je me suis dit « qu’est-ce c’est que ce truc ». Pareil avec Bestial Warlust. En fait ça a été pareil pour tous mes groupes préférés. Au premières écoutes je me suis dit « qu’est-ce que c’est que ça » et ensuite ça a pris du sens, et j’ai trouvé que c’était génial.

Tu as commencé par écouter Beherit, Bestial Warlust puis Blasphemy ?

Hemm… Je pense que j’ai écouté Blasphemy en premier au début des années 90.

Combien de concerts as-tu donné avec Blasphemy ? Quel type de souvenirs gardes-tu à l’esprit ?

Oh la la ! Je ne sais pas. Peut-être quinze ou vingt à ce jour. On tournait pas mal. Evidemment la crise sanitaire a mis un gros bordel, mais on est assez occupés, on a des projets qui arrivent. On a joué à Mexico, en Allemagne, on vient de faire le Brasilian Ritual à Sao Paulo, on était au Dark MOFO en Tasmanie. On a joué en Nouvelle Zélande, on a tourné avec Vomitor en Australie. On a fait un concert à Bangkok, c’était vraiment cool. En avril on va au Japon avec Beherit. Ça va être dingue.

Avec Beherit au Japon ?

Oui, quand on m’a parlé de ce projet au début je n’y croyais pas (rires).

Comment développes-tu la pratique de ton instrument ? Quelles sont tes influences ?

Quand j’étais gamin, Metallica a été une grande influence. Aujourd’hui tout le monde parle de Lars comme étant un très mauvais batteur, surtout maintenant. Mais à l’époque je me disais : c’est sûr, ce n’est pas le batteur le plus technique, mais son style colle bien avec le groupe. Il fait partie de mes premières influences avec Tommy Lee de Mötley Crüe. En ce qui concerne le Black Metal j’adore Frost de Satyricon. Il est génial. Trym d’Emperor également, il est terrible. Il y a tellement de batteurs incroyables. Hellhammer aussi évidemment. Mais oui Frost a été une grande influence.

Pour en revenir à Lars Ulrich, que penses-tu de son évolution et du bashing dont il fait l’objet ?

Comme je disais ce n’était pas le meilleur mais à l’époque il allait bien avec le groupe. Il n’est pas trop visible du coup il laisse de la place aux guitares. Au final le groupe est ce qu’il est en partie du fait de son jeu de batterie. Il n’y a pas que ça évidemment, mais ça en fait partie. Il a un style très particulier et ça marche.



Peux-tu nous en dire un peu plus à propos de ton premier show avec Blasphemy ?

Le premier concert avec Blasphemy était le Black Silesia Fest à Byczyna en Pologne avec Nifelheim et Satan (Angleterre). C’était en 2018 il me semble. C’était plutôt marrant car c’était en extérieur et l’hôtel était assez loin du festival. Il fallait prendre le bus pour s’y rendre. L’heure se rapprochait et il y avait de plus en plus de gens bien alcoolisés à seulement 14h. Avec le bus et on dépassait plein de festivaliers complètement bourrés. On se disait que ça allait être cool. Et ça l’a été effectivement.

Quelles sensations cela procure-t-il de jouer sur scène ce répertoire si extrême ?

En fait, on ne se sent pas si bien (éclats de rires). Enfin… on se sent bien une fois que c’est terminé. C’est un peu comme un triomphe global, un défi. Tout mon corps est rempli de crampes. Ça n’arrête pas : ça blaste pendant tout le concert. On joue aussi vite qu’on peut. Je pense que chaque concert me coûte au moins une année de ma vie (rires).

Comment définirais-tu le style musical de Blasphemy? Seulement Black Metal ou avec d’autres apports musicaux ?

C’était un des premiers groupes de Black Metal. Quand le Black Metal Norvégien est arrivé c’était autre chose, un nouveau son. Mais le Black c’est plus une attitude qu’un son. C’est un truc pour les dingues. Blasphemy c’est du Black bestial. On peut bien sûr entendre un peu quelques influences Death au niveau des riffs mais cela reste purement du Black à bien des niveaux. C’est une attitude, c’est juste l’apocalypse satanique.

3 Black Hearts of Damnation and Impurity est le batteur de Blasphemy. Est-ce qu’il joue encore de temps en temps live ?

Non, il n’a pas joué depuis plusieurs années. Mais le groupe est toujours en contact avec lui. Moi je l’ai déjà rencontré mais il ne s’en souvient probablement pas.

A propos de la set-list des concerts sais-tu comment le groupe procède pour faire la sélection ?

En fait, on joue tous les morceaux. On joue le même set depuis des années. Il n’y a pas de choses exceptionnelles. Le set c’est juste tous les titres.

Tu joues dans de nombreux autres groupes spécialement dans Ritual Necromancy et Ascended Dead. Comment sélectionnes-tu les groupes avec lesquels tu joues ?

Ritual Necromancy c’est un groupe que j’ai commencé avec des amis. C’est du Death Metal pur, vraiment rapide et malsain. Je joue aussi dans Weregoat, c’est très bestial et sordide. Une sorte de mix entre Bestial Warlust et WASP. C’est un mélange étrange et ça fonctionne (rires). On aime les trucs sordides.

Et comment choisis-tu les groupes dans lesquels tu joues ?

J’ai juste besoin d’avoir une idée du style de musique et si c’est amusant à faire et que ça roule j’y vais. Maintenant je ne joue plus dans autant de groupes parce que je n’ai plus trop de temps, j’ai juste Weregoat et Blasphemy.

Comment gères-tu les répétitions et les tournées ?

Je ne sais pas (rires). J’ai une famille à la maison. Il faut que j’aide ma femme, que je m’occupe des enfants que je sois là pour eux. Je ne sais pas comment je le fais mais je le fais. Ma femme me soutient énormément, elle aime le Metal également. Elle s’entend bien avec les gars, ça aide. Elle est tatouée quasi entièrement, moi je n’en ai que trois. Elle conduit une moto, elle est très cool.

En sais-tu un peu plus à propos de cette date de concert de Blasphemy avec Beherit au Japon ?

Je n’y croirai pas tant que je n’y serai pas. L’évènement se présente sur deux jours. La première journée est Metal et la seconde est orientée noise. C’est parfait pour récupérer un lendemain de cuite (rires).

Apprécies-tu la noise ?

Parfois, disons certains groupes si c’est bien fait. Mais il y a des trucs c’est juste une pression dans la tête et des convulsions, ce n’est pas trop mon truc. Genocide Organ c’est bon. Ils sont à l’affiche je crois.

Que penses-tu de l’évolution de la scène Black Metal et aussi de la scène Death Metal ?

C’est un peu cyclique comme toutes les choses. Par moment la tendance est aux groupes de Death rapide, puis à un autre moment la tendance est au lent comme Autopsy. Et dans quelques années on reviendra au rapide. C’est un grand cycle qui continue son mouvement. Pour ce qui est du Black, je pense que les gens s’adoucissent que ce soit mentalement et peut-être aussi spirituellement. Maintenant les jeunes sont vraiment bons dans leur instrument. Alors, je ne sais pas, il y a quelques vraiment bons groupes et des tonnes de groupes vraiment nazes. C’est comme ça, on verra à quel point la scène va se retrouver saturée. Il y a tellement d’offre que la scène est déjà sursaturée.

Peux-tu me citer 5 albums que tu aimes écouter chez toi ?

Ah oui alors disons : Sepultura – « Schizophrenia »

WASP – « Inside The Electric Circus »

Un vieux groupe de Portland Oregon qui s’appelle Wild Dogs – « Man’s Best Friend » c’est du Heavy traditionnel genre Van Halen, mais c’est un des albums les plus sordides que tu peux écouter. Le batteur était Deen Castronovo. C’est le batteur de Journey et c’est une putain de bête à la batterie.

Hades Archer – « Penis Metal », des Chiliens c’est vraiment sauvage. « Penis Metal » est un EP mais il est terrible.

Atomic Aggressor, ce sont aussi des Chiliens également. Je ne me souviens pas d’un album en particulier tout est bon. On a joué avec eux au Texas ils m’ont carrément botté le cul. C’est du Black sud-américain, c’est génial.

Et je pourrais ajouter deux groupes américains auxquels je pense :  Volahn et Sadistic Intent.

Merci pour cette interview, as-tu quelque chose à ajouter ? Si tu veux promouvoir quelque chose c’est le moment !

(Rires) ohh je ne sais pas, je suis un très mauvais commercial.

Merci pour l’interview

Setlist :
Blasphemous Attack
Gods Of War
Blood Upon The Altar
Victory (Son Of The Damned)
Darkness Prevails
Desecration
Nocturnal Slayer
Emperor Of The Black Abysses)) ?
Hoarding Of Evil Vengeance
Goddess Of Perversity
Weltering In Blood
Blasphemy
Fallen Angel Of Doom
The Desolate One
Necrosadist
Demoniac
Atomic Nuclear
Desolation

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