Afin de bien comprendre le contexte, SUPURATION/SUP et moi c’est une vieille histoire d’amour qui remonte à la sortie du « Cube » en 1993, donc on se connait plutôt bien, et l’interview se déroule chez Fabrice LOEZ chez qui nous sommes venus passer le we avec ma femme et avec la chance rare d’avoir tous les membres du groupe présents.

L’occasion de parler de ce nouvel album et de faire le point sur la tournée qui vient de s’achever.


Alors Ludo, Peux-tu nous faire une petite présentation rapide du groupe de ton point de vue ?

Ludovic : On joue ensemble depuis plus de 30 ans, on a débuté Thierry, Fabrice et moi en 1989 avec ETSICROXE, on a fait ce qu’on a pu au début puis on a évolué en baignant dans le milieu HardCore

Fabrice : oui, c’est vrai plutôt Hard Core au début

L : ça nous a paru être une longue période mais ça n’a duré que   6 mois- 7 mois en fin de compte, après on a fait un mini CD « Sultry Obsession », ce qui ne se faisait pas trop à l’époque. 

Vous avez toujours été un petit peu en avance, les digipack à l’époque, ce n’était pas courant et vous avez toujours, quasiment, tout sorti en digipack à part « Transfer ».

L : Quand on a pu… mais oui pour « Transfer », absolument, qui est en Crystal, exact… et puis voilà, on était aussi en avance pour les dvd.

Qu’est ce qui s’est passé pour qu’il y ait 11 ans de coupure après « Hegemony » ?

L : on a fait des musiques de films, on a fait « Cub3 » et « Reveries », on a fait 2 dvd « Traces », donc activité pour SUPURATION et on a fait aussi trois Hellfest, deux avec SUP (2011 et 2015) et un avec SUPURATION en 2014, une mainstage et deux Altar…

F : oui, en musique de film, il y a eu « Dying God » et « Dolorosa » et quelques Bootlegs aussi

Sans dire que vous n’avez rien fait, mais quand on voit l’activité en effet on se dit qu’il n’y a pas forcément le temps pour faire un album, c’était déjà prêt ?

L : Non, En fin de compte, l’écriture de l’album a duré, en tout et pour tout une 15ene de jours.

F : il y avait un titre qui avait commencé à être écrit après « Hegemony »

L : « Tribulation » composé en 2010 et on l’a retravaillé après

Du coup, 15 jours, mais t’avais déjà ton histoire dans la tête, les concepts c’est toi en général ?

L : Oui

Comment ça se passe l’écriture alors?

L : Je compose un morceau chez moi, en général, un morceau par jour, donc 10 morceaux, donc 10 jours. Ensuite, je réécoute…

Tu composes juste une mélodie ?

L : Non, c’est beaucoup plus complet. J’ai une boite à rythme, je fais tous les morceaux, pendant ce temps-là j’envoie mes textes à Siobhan McCarthy, ensuite on fait un morceau par répète, on enregistre, on réécoute…

Ludo demande confirmation à Fab et Thierry qui est arrivé entre temps, qui confirment.

F : Je ne sais pas si t’as vu, on avait mis une photo en pleine écoute du dernier album ?

C’est ce qu’on a fait 2 fois, une première écoute de 4 morceaux et une 2eme écoute.

L : t’as les 9 morceaux, parce que le 10 ème a été rajouté pour raison personnelle, donc on enregistre les morceaux, on les répète, et si tu condenses tout, ça a duré 15 jours

F : il me faisait écouter les morceaux au fur et à mesure, et il n’y avait rien à redire, je disais : ouais c’est nickel, change rien…

Qu’est ce qui a changé dans la façon d’enregistrer ? J’ai vraiment l’impression qu’il y a eu un gap de passé.

F : ce qu’on s’est dit c’est qu’on va arrêter de mettre des tunes dans le vent, on va tout faire nous-même, on a acheté un  petit multipiste à 450 balles chez Thomann et ça va le faire.

Du coup discussion en a coté sur le terme gap, et explications de défense de ma part pour le démontrer un gap, un trou, passer un échelon en fait, L et T plutôt orientés vers le cap J Rire

F : On s’est dit : on va tout faire nous-même, on a acheté un multipiste pour ça, et on a enregistré la batterie à la salle de répète, avec l’aide d’un pote qui nous a prêté une console pour les prises,

On a mis tout ça dans le multipiste ensuite, Ludo a enregistré ses grattes et ses chants là-dessus dans sa chambre, il a fait son petit mixage c’est ce qu’on a écouté avec un son correct, et ce sont les prises de l’album.

On a travaillé avec Grégoire St Maxin qui a fait le mixage et le mastering, et j’ai vu avec lui comment   procéder pour que ce soit le moins galère et plus simple possible, du coup on l’a fait comme ça. Je lui envoyais les pistes éditées par wetransfer

M : je le trouve vraiment différent, le résultat est bluffant

L : c’était quand même un peu le but

F : et on s’est dit qu’on avait vraiment claqué beaucoup de tunes pour rien, parce que quand tu prends un studio pour 15 jours et que tu dois te speeder à enregistrer…. Alors que là, si les guitares ne sont pas assez bien, Ludo les refait.

T : Il faut du rendement dans les studios alors que là c’est beaucoup plus confort

F : là c’était hyper détendu, et du coup ça met vachement plus à l’aise, plus serein

T : Ouais, moins de pression, exactement

F : en plus ça va plus vite, deux passes par prises du coup, c’est fait, pas de stress

T : on a trouvé la formule qui va bien

J’ai trouvé une grosse progression dans le chant clair, que s’est-il passé ?

L : ce n’est pas très gentil ça…

M : Pourquoi ce n’est pas gentil ?

T : Pour les albums d’avant (rires)

M : (rires et on sort les rames) nan mais ça ne veut pas dire que les autres albums sont médiocres….

F : J’ai même lu (en parlant à Ludo) que tu t’es amélioré sur ton accent, il n’y a plus cette accent francisant

T : but you are french … rires

M : je trouve que la qualité et la justesse du chant sont au rdv et surtout en live quand on vous a vu à Paris, c’est ce qui nous a frappé avec Jérémie (Grima) en plus du côté vraiment Dark que vous avez véhiculé

L : Même en live ? ce n’était pas bien Paris

M : Apparemment, vous étiez déçu de Paris alors qu’on a pris une grosse claque

F : ça veut dire qu’avant, quand on faisait des concerts, c’était vraiment de la merde (Rires)

T : (Rires) ça fait deux fois Max

M : mais non…. Rires…. Ça veut dire que si Paris c’était le moins bon, on a vraiment loupé quelque chose sur les autres dates

L : ce n’était pas le moins bon, c’était pas super quoi

M : c’est bien de pouvoir vous entendre bien…

F : tu sais ce qui s’est passé, c’est qu’on est resté à quatre, je veux dire il n’y a plus personne qui gravite autour de nous, ça s’est ressenti, on a dit on va faire ça comme on a envie de le faire

M : ben ça paye, moi c’est certainement un des meilleurs concerts que j’ai vu de vous (ndlr : vu onze fois) en terme de qualité scénique et son. Alors, donc la tournée a été plutôt positive, le ressenti des gens, tout ça…

F : ouais carrément c’était positif à plusieurs de points de vue, vraiment, tout impeccable, pas de concession au niveau de la setlist, c’est vraiment du SUP, pas de morceaux plus rapide parce qu’on jouait avec GOROD, on a fait le cube parce qu’on se devait de le faire mais c’est possible qu’il finisse par disparaître

L : c’est une reprise désormais « The Cube »

SUP – Dissymmetry

M : Du coup la setlist drainait tous les albums, et ce qu’il y a de génial, ce sont les lumières qui correspondent aux albums

F : Il n’y avait juste pas « Imago ».

On peut parler des lights ?    C’est Pierre Sapin qui a fait les lumières et quand même : chapeau.

T : ouais en plus il éteint tout quand il y a des breaks, il a peaufiné sur 10 jours, vraiment du beau boulot

L : Thierry, ça fait quand même 25 ans qu’on a pas tourné en tour bus

F : Tout le monde s’en fout mais c’est quand même top…

T : c’est un truc à vivre

F : bon c’est un peu petit parce qu’on est grand, mais c‘est génial.  Le tourbus, ça a créé beaucoup plus de liens, ça fait plaisir.

T : Tout le monde était bienveillant

F : ça fait plaisir de voir des gens comme ça.

T : tout le monde décharge le matos, tout le monde un petit mot sympa.

M : le co-headlining ça a joué aussi

L : oui, il n’y avait pas de star

F : le co-headlining c’est important dans ce genre de tournée.

M : Même pour le spectateur lambda, c’est important, tout le monde joue le même temps, tout le monde a le même son

T : voilà, carrément, ce n’est pas la guerre

F : On voudrait vraiment remercier les gens de la tournée David Thiers le sondier, Pierre Sapin le lighteux et Kassandre pour l’orga, il a réussi à créer une véritable osmose entre les groupes, aucune surprise, tout est au top avec lui.
Et aussi, on se sent vraiment bien soutenu par Laurent Lefebvre  de Base Production

M : Comment s’est déroulé l’élaboration de la pochette ?

L : J’envoie le texte que j’ai écrit en Français à Matthieu Carton, il se demerde avec…

F : oui, parce que tu ne peux pas dire à un artiste ce qu’il doit faire…C’est un peu ce que l’on reproche aux anciennes maisons de disques.

L : ça a toujours été comme ça, Matthieu se débrouille avec les textes, sauf pour « Incubation », il est arrivé et à dit « j’ai ça » avec la pochette et la femme enceinte.

L : Au départ, pour « Dissymmetry », Matthieu m’a envoyé la pochette avec un chinois super vieux

F : Il avait au moins 125 ans… vraiment très marqué

L : Quitte à partir de la photo d’un mec, autant que ce soit moi, sans être mégalo, comme pour « Imago ».

F : Cathedra c’est quoi pour toi ?

M : (je sèche) …un des meilleurs titres de l’album…

L : c’est une chaise de pape

F : en fait c’est ça le talent de Siobhan MacCarty, c’est elle qui met en valeur

M : c’est elle qui donne les titres

L : oui, la plupart du temps, il se peut que je change mais en général on n’y retouche pas

M : Elle a réussi à placer un « shadows »

F : c’est son petit truc perso, et on met souvent une petite répétition derrière

T : c’est ce que j’allais dire, le delay qui va bien

M : il y en a sur « Imago », sur « Hegemony » dès le début de « March Of the Neovocyts »

F : t’es la première personne à le souligner

M : Le « shadow » ? Ah ? mais moi, ça me frappe à chaque fois…

F : c’est intéressant de le dire, c’est un peu comme le petit symbole sur les pochettes d’IRON MAIDEN.

M : et ça vient de Siobhan ou de vous ?

F : c’est par rapport à la noirceur des textes

L : C’est très littéraire ce que fait Siobhan, c’est une prof de lettres française en Angleterre

M : ça fait combien de temps ? et comment s’est fait la rencontre ?

L : depuis 1996-97

F : Elle a écrit

L : A l’époque, j’avais un fanzine, elle faisait des concerts gothiques sur Liverpool, elle est pote avec ANATHEMA, elle a proposé de faire les textes, je l’ai appelé une fois pour « Room 7 », en 97, qui est traduit en 7 langues et après c’est parti avec « Chronophobia », en quatre langues

F : c’est du boulot

L : Elle bosse très bien,  

F : C’est presqu’un membre du groupe

L : ce qu’elle aime bien, c’est  écouter ce qu’elle a écrit, car elle n’a rien entendu avant.

F : elle traduit et sublime les textes de Ludo en fonction de l’histoire.

M : Ensuite, Ludo, tu mets ses Lyrics en musiques ?

F : non, la musique est faite, Ludo ne fait que placer ses lyrics sur la musique. Il y a une sorte de magie qui s’opère, on ne retouche pas les textes de Siobhan.

L : parfois si le refrain me plait, je vais le répéter, mais c’est tout.

F : En fait Ludo c’est la colle, c’est lui qui relie la musique avec les textes

L : Elle aime bien ce qu’on fait

F : on en parle dans le bouquin, Jérémie l’a interviewé

M : Il faut définitivement que je le relise ce que je conseille à tout le monde d’ailleurs

Trace Ecrite par Jérémie Grima

M : Et l’avenir ? Est-ce qu’il y aura un SUPURATION en 2023 ? (ndlr : 3 albums espacés de 10 ans entre chaque sortie)

F : Alors SUPURATION c’est fini ! On a fait les premières démos de SUPURATION, le « Cube » puis la trilogie et on a terminé par les démos qu’on a réenregistrées.

L : il va y avoir des rééditions vinyles, la promo-tape de 92 en CD sous un label américain

M : Overpowered eux, s’occupe des SUP

F : oui c’est ça, et les rééditions vinyles vont continuer.

Bon je crois que l’on a fait le tour, je vous remercie vraiment pour ce moment partagé en tant que chroniqueur et surtout en tant que fan depuis 26 ans. Maintenant que Fred est arrivé, un dernier mot avant d’attaquer l’apéro?

Fabrice, Ludovic, Thierry et Fred : Merci à toi pour ton soutien depuis toutes ces années et à bientôt.

Un très gros merci à vous quatre, vos compagnes, l’accueil sur Wallers, la photo souvenir et le super moment passé, je ne trouve pas de mots assez forts pour qualifier votre gentillesse et votre convivialité. Merci !

SUP

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