Un an après une première rencontre fructueuse, Boban Milunovic est de retour à Paris pour la promotion de son festival MetalDays. L’occasion d’aborder le futur du projet dont il tient les rênes, d’un point de vue musical et environnemental. Zoom sur un festival écolo qui n’est pas prêt de s’arrêter, vegan d’ici 2023 !

 

Nous nous retrouvons pour la deuxième année consécutive pour parler de MetalDays. Comment s’est passée la dernière édition du festival ?

 

Tout s’est super bien passé ! Nous avons eu une superbe édition 2018 de MetalDays. Tout le monde était content, et les gens sont rentrés chez eux satisfaits du festival. Cette année, les billets se vendent plus vite que l’année dernière. Si tout se passe bien, nous risquons d’être complets fin mai. Cela serait la première fois que cela nous arriverait !

 

Quelles seront les différences majeures que l’on pourra découvrir lors de l’édition 2019 de MetalDays, et qu’est-ce qui ne changera pas ? 

 

Déjà, il faut savoir que nous avons atteint notre audience maximale part rapport à la surface dont nous disposons. L’envergure de MetalDays restera la même. Il n’y aura pas d’énorme surprise pour cette année. Nous avons toujours trois scènes et 130 groupes. Nous proposons toujours une combinaison entre vacances et musique, ce qui séduit nos festivaliers.
Cependant, nous comptons mettre l’accent sur l’amélioration des petites choses. Par exemple, les générateurs électriques ne sont plus admis sur l’enceinte du camping. Il n’y aura plus tous ces bruits la nuit, et les gens dormiront mieux. En plus de ça, nous avons ajouté deux nouveaux spots de restauration, et la scène principale va légèrement s’agrandir.

 

L’année dernière, Judas Priest était le groupe principal du festival. Pour cette édition, Dimmu Borgir et Dream Theater sont les têtes d’affiche. Qu’est-ce qui t’a poussé vers ce choix de groupes radicalement différent ?

 

Cette année, nous avons décidé d’opter pour un line up plus contemporain. Nous pensons qu’il est important d’accueillir une audience plus jeune au sein de MetalDays. Nous voulons aussi permettre aux groupes plus récents de se produire chez nous. Notre choix de groupe pour l’édition 2019 du festival représente notre vision du futur de la musique.

 

Penses-tu que ce choix va générer une nouvelle audience ?

 

Je ne peux pas encore y répondre. Je serai capable d’avoir du recul sur ça seulement après le festival. Tout ce que je peux dire, c’est que nous avions déjà eu de nombreux jeunes festivaliers l’année dernière !

metaldays Boban

L’année dernière, nous avions déjà parlé de tes idées écolos concernant MetalDays. Es-tu parvenu à effectuer des améliorations pour cette nouvelle édition ?

 Nous avons réalisé un plan écologique de MetalDays pour les cinq prochaines années. Nous comptons le divulguer publiquement très prochainement. L’année prochaine, nous offrirons le parking gratuit à toute voiture accueillant plus de quatre personnes, afin de favoriser le covoiturage. D’ici 2023, nous souhaitons devenir un festival complètement vegan.
Nous voulons aussi nous débarrasser des sanitaires chimiques pour les transformer en toilettes sèches, moins polluantes. Enfin, nous sommes actuellement en train de chercher des solutions pour que les festivaliers arrêtent de laisser leur tente derrière eux après le festival. De nombreuses personnes achètent une tente à bas prix en Slovénie et l’abandonnent quelques jours après, ce qui représente un gâchis énorme.

 

MetalDays est positionné en pleine nature, dans les Alpes slovènes. D’un point de vue écologique, tu ne penses pas que le nombre important de festivaliers est susceptible d’avoir un impact négatif sur l’écosystème environnant ?

 

Non, car nous faisons justement très attention à cela. J’ai une vision des choses inversée : pour moi, si 12 000 personnes viennent au festival, cela signifie qu’ils ne produiront pas de déchets chez eux pendant ce temps-là. Il se trouve que nous avons une excellente gestion des déchets lors de MetalDays. La majorité de nos visiteurs respectent notre engagement envers la planète, et effectuent un tri correct des déchets. Et en ce qui concerne les habitants de la région, je n’ai jamais entendu une seule plainte concernant le comportement des festivaliers.

 

Tu es toi-même vegan, mais MetalDays continue à vendre des produits d’origine animale. Comment te positionnes-tu par rapport à cela ?

 

Je ne crois pas que je devrais forcer qui que ce soit à adopter mon propre mode de vie. Concernant le veganisme, nous offrons une solution aux festivaliers : devenir vegan durant MetalDays en 2023. Nous donnons à tout le monde quatre ans pour réfléchir, et décider si notre festival correspond à leur éthique ou pas. Je n’ai pas souhaité rendre le festival vegan cette année afin de ne pas prendre les festivaliers au dépourvu, alors que bon nombre d’entre eux avaient déjà acheté leurs billets. Il faut savoir que 50% des stands de nourriture sont vegans, ce qui représente un pourcentage important alors que nous avons peu de vegans dans le public. De nombreux omnivores choisissent une alimentation végétale pendant MetalDays, parce que la chaleur leur donne envie d’une nourriture rafraîchissante ou par simple curiosité.

 

De plus en plus de festivaliers relatent le prix souvent onéreux des festivals européens. MetalDays se démarque par ses prix attractifs. Comment fais-tu pour proposer un séjour abordable ?

 

Contrairement à l’opinion générale, je tiens à affirmer que le coût de la vie en Slovénie n’est pas si bas qu’il n’y paraît. Pour moi, la rentabilité du festival n’est pas mon objectif. Je suis passionné par ce que je mets en place, et j’aime voir les festivaliers heureux et satisfaits. MetalDays est un festival international. Nous accueillons aussi bien des pays d’Europe de l’Ouest assez aisés, que des pays d’Europe de l’Est ou d’Amérique du Sud qui n’ont pas le même pouvoir d’achat. Je pense que si MetalDays devenait plus cher, cela exclurait une partie des visiteurs et ce serait vraiment dommage.

 

En plus de MetalDays, tu organises aussi d’autres festivals comme le Bluesland ou l’Overjam… Pourrais-tu nous en dire un peu plus ?

 

Le Bluesland est le premier festival de la saison. Il va se tenir en juin dans un magnifique château médiéval au centre de Ljubljana. C’est un événement exclusif, aux places limitées. Nous allons accueillir un line up extraordinaire, dont l’artiste française Laura Cox. Le festival Overjam sera le dernier de l’été, il se tiendra fin août. C’est un festival de reggae, avec Alborosie comme tête d’affiche de l’année. Tous nos festivals sont immersifs, à l’image de MetalDays !

 

Après tous ces accomplissements, qu’est-ce qui te reste à atteindre ?

 

Un jour, j’aimerais beaucoup faire jouer Tool et Alice In Chains à MetalDays. Ces deux groupes colleraient parfaitement à l’ambiance du festival. Je serais vraiment heureux de pouvoir les accueillir.

 

Merci à Boban.

 

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