Rencontre avec Christophe Baudrion, bassiste au gouvernail du groupe français Press Gang Metropol. A la tête de la formation new wave depuis plus d’une décennie, l’ex-Corpus Delicti discute sortie d’album, influences nineties et inspirations culturelles. Au programme, un nouvel opus sorti récemment qui revisite les classiques, tout en gardant un ancrage dans l’air du temps.




Pourrais-tu te présenter pour les lecteurs d’Among The Living ?

 Je m’appelle Christophe Baudrion, je suis le bassiste et compositeur principal du groupe. J’ai créé Press Gang Metropol en 2006, avec les anciens membres de Corpus Delicti. Il s’agissait d’un groupe de rock gothique que j’avais monté dans les années 90. Je viens de sortir le deuxième album de Press Gang Metropol, accompagné d’un nouveau line-up.

 

Votre nouvel album Point Blank est sorti récemment, le 12 avril 2019. Que pouvons-nous en attendre ?

 

Pour les personnes qui connaissaient le premier album, celui-ci est beaucoup plus frontal et bien plus énergique. Il est également plus rapide, et peut être un peu plus sombre d’un point de vue musical. Cependant, nous restons toujours dans le rock new wave.

 

Cela fait maintenant plus de dix ans que Press Gang Metropol existe. Quelles ont été les évolutions majeures au sein du groupe ?

 

Au début, nous avons sorti un 45 tours avec un premier chanteur, qui n’est pas resté par la suite. Ensuite, nous avons sorti notre premier album avec les anciens membres de Corpus Delicti, dans une atmosphère très new wave. Puis je suis devenu le compositeur principal, et j’ai insufflé une touche plus rock et plus speed à l’ensemble. Auparavant, nous composions de manière collégiale. Aujourd’hui, c’est devenu une composition unique. Les membres actuels de Press Gang Metropol ont toujours leur mot à dire et s’investissent dans la composition. Ils ont un rôle important au niveau de la structure, des arrangements et des changements d’accords. La colonne vertébrale est déjà faite, et la ligne artistique est déjà définie.

 

Quelles sont tes inspirations majeures ?

J’aime les racines des années 80, avec des groupes comme Depeche Mode, New Order et The Cure. Je suis également inspiré par le son aujourd’hui, avec Interpol, Editors, The Killers et Block Party. Nous tentons de mélanger tout ça au sein de Press Gang Metropol.

Je ne peux pas dire que l’on fait la jonction, ce serait prétentieux. Nous mélangeons les deux en essayant de faire de bons titres. Nous voulons avoir un son aujourd’hui !

Je suis également très inspiré par les musiques de films. Par exemple, je suis fan des génériques de Gomorra, de The Dark, et de 28 jours plus tard. Ce n’est pas exclu que nous nous dirigions encore plus dans cette direction pour le prochain album. Ce qui est intéressant, c’est de re conceptualiser ce genre de musique en y incluant une structure de morceaux.



Votre nouvel album est plutôt éclectique, alternant entre touches indie rock et atmosphère goth très nineties. Peut on y voir une volonté de singularisation ?

Oui. Je pense qu’il ne faut rien s’interdire dans la musique. A partir du moment où tu fais un titre et que tu trouves que c’est un bon morceau, tu t’en fiches de l’étiquette. Il faut juste que ce ne soit pas totalement aberrant par rapport aux autres morceaux que tu as fait. C’est donc ma volonté, car il ne faut rien se refuser.

 

Tu as inclus des éléments électro dans certains morceaux. Etait-ce un souhait de moderniser l’ensemble de l’album ?

J’adore l’électro, et son mélange avec la guitare, la basse et la batterie marche du feu de dieu. Il n’y a qu’à voir New Order. C’est nouveau pour moi d’inclure de l’électro dans ce style-là. J’aurais aimé pouvoir en mettre plus dès le premier album, mais ça discutait trop à l’époque au sein du groupe ! Désormais, ce sont des choses envisageables avec le nouveau lineup.

 

Comment s’est déroulé le processus de création du nouvel album ?

Quand je compose, je commence tout seul. Je me charge de toute la partie musicale : la basse, la batterie, la guitare et le synthé. Je réalise beaucoup de morceaux, puis les membres du groupe font une sélection de ce qui leur plaît. Une fois que nous avons ces bases-là, nous travaillons chaque titre. Par exemple, si la structure ne convient pas au chanteur, il réarrange le morceau. Je n’écris pas les textes moi-même car je pense qu’il est très difficile de chanter des mots que l’on n’a pas écrits.  Le chanteur a carte blanche, il fait ce qu’il veut. Chacun apporte sa pierre à l’édifice au sein de Press Gang Metropol.

 

Vous êtes un groupe français qui sonne assez british. Est-ce une volonté de ta part de t’ancrer dans un style de musique anglo-saxonne ?

Je déteste le français dans la chanson et j’ai une haine viscérale envers la variété française. Malheureusement, je trouve qu’il est très rare de trouver un truc français qui ne sonne pas comme de la variété, et c’est un problème. Parfois, on dit qu’il vaut mieux entendre du français qu’un anglais avec un mauvais accent, et ça se discute. Il y a toujours des exceptions : Gainsbourg, Noir Desir, Baschung… Il y a des gens qui s’en sortent ! Ma culture est à 99,9 % anglo-saxonne. Je crois que je n’ai rien de français chez moi, sauf peut être des groupes français qui chantent en anglais.

Il y a aussi une volonté internationale derrière ce choix. On ne va pas se leurrer : si tu chantes en français, ton audience sera la France, le Québec et un peu la Belgique. Le reste du monde ne veut pas entendre de français. On prend toujours l’exemple de Rammstein qui chante en allemand, mais là encore c’est une exception. L’allemand est une langue cisaillée comme un riff de metal !

 

Qu’avez vous prévu pour l’année à venir ?

 Nous avons deux clips en préparation, et l’un d’entre eux sera très influencé par le générique de la série True Detective. Sinon, nous sommes en pleine mise en place d’une tournée française et européenne qui va débuter au mois d’octobre. D’ailleurs, nous sommes ouverts à toute proposition de date !


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