King Gizzard and The Lizard WizardStonefieldOrb
Olympia  – Paris
Lundi 14 Octobre 2019

 


King Gizzard, la mue du serpent

Le rock psyché est mis à l’honneur à l’Olympia, à l’occasion d’une soirée parisienne qui s’offre un trio de live bands exclusivement australiens pour mener la danse. Avec King Gizzard and The Lizard Wizard en tête d’affiche, la salle comble ne surprend que peu. Sachant se faire désirer par leurs fervents disciples – apanage saisi par chaque rockstar – les curieux reptiles laissent Stonefield ouvrir le bal. 

 

Stonefield ? Quatre sœurs au teint diaphane sorties d’une Australie Rurale, quatuor façon Virgin Suicides. Un storytelling si parfait et pourtant véridique, dont douterait même Tinseltown ! Amy, Hannah, Sarah et Holly sont les Findley sisters. Sous leurs airs de jeunesse perpétuelle, teintée d’une innocence vintage, les quatre musiciennes arpentent les routes depuis 2006. 

 

Stonefield offre une envolée aussi improbable que maîtrisée vers les sixties, costumes Mods d’époque en velours côtelé en prime. Teinté d’une fraîcheur rétro, le set mélodieux se pare d’une vitalité contagieuse. Quant à l’escadron de musiciennes, il ne craint pas d’appuyer sur l’accélérateur pour un résultat aussi pêchu que captivant. Stonefield incarne un rock psyché de millennial qui a révisé les avant-gardes, évoquant les prémisses du stoner British tout en portant le flambeau de la nouvelle génération. 




L’escouade du souverain gésier se faisant attendre, c’est au tour d’Orb de fouler la scène de la salle parisienne. Quasi-inconnu au bataillon, le groupe du pays d’Oz peine à sortir du lot, s’inscrivant péniblement dans la masse de formations au son psyché. Légèrement poussif, le live souffre de lenteurs et peine à s’affirmer de manière captivante. Atmosphérique à souhait, Orb tend à égarer l’audience dans des solos de guitare interminables et manquant de substance. Peinant à se discerner entre elles, les parties instrumentales manquent de personnalité et s’ancrent dans un son plus commun. Décevant, Orb ne fait qu’accentuer l’envie d’être face au King. 




Place au clou du spectacle, faisant trembler la structure de l’Olympia pourtant bien ancrée tant la foule ne peut retenir son impatience. Il faut dire que le jeune groupe alternatif made in Melbourne est fort d’un nombre d’albums vertigineux et improbable, au vu de la jeunesse de la joyeuse troupe. King Gizzard and The Lizard Wizard est inarrêtable, embarqué dans un besoin de création primitive. 

Dès les premiers riffs, commence une sarabande de slammeurs invétérés et de headbangers à l’énergie tribale. Chaque pied se charge de marteler le sol, captivé dans une transe venue tout droit d’Océanie. Irrespirable tellement sous tension, l’Olympia blindée devient anarchique pour une heure et demie survoltée. Impossible de rester statique : la foule chancelle au rythme des basses. 

Juvéniles, presque adolescentes, les silhouettes des gaillards de King Gizzard ne payent pas de mine. Et pourtant. Gonflées d’une fureur de vivre incontrôlable, les sept têtes à mèches bouclées sont entraînées dans un flow permanent. Impossible d’entrevoir plus que des silhouettes la plupart du set, surtout meublé d’une variété de sauts dérangés !

Plus hard que jamais, le groupe tente l’exploration d’autres contrées musicales. Moins proche du prog qu’il n’a pu l’être, King Gizzard n’hésite pas à gravir la pente du heavy énervé. Un revirement de style plus que convainquant, négligeant les classiques pour s’orienter vers les morceaux de leur dernier-né de l’été 2019, Infest the Rat’s Nest – 15ème album en neuf ans ! Stu Mackenzie, virtuose multi-instrumentiste à la tête de la formation, dévoile soudain des influences à la croisée d’ Electric Wizard et Metallica.

 

Pas un seul temps mort ne fera son entrée lors du show des sauriens. Entre guitares possédées et inspirations death metal, le collectif fait preuve d’une richesse instrumentale profonde. A quand le prochain rendez-vous des australiens dans l’hexagone, pour se laisser emporter à nouveau dans ce tourbillon invétéré ?


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