MINISTRY 
La Machine du Moulin Rouge – Paris
Dimanche 7 Juillet 2019

Le retour des avant-gardistes




La Machine du Moulin Rouge se revêt de noir en pleine soirée estivale, et pour cause : la venue des ricains de Ministry se doit de s’acclamer de bon ton. Il y a foule pour les chicagolais, véritables pionniers du metal indus. Il faut dire que le quintette sévit depuis ’81, soit 13 ans avant la création de Rammstein…

Ponctué de lourdes notes heavy et punk, sans oublier d’une pincée de chant en distorsion, Ministry est vraisemblablement doté d’un son signature. L’heure et demie de live honorable n’aura d’ailleurs de cesse de le prouver. Le show démarre sur les chapeaux de roues avec une première moitié partiellement convaincante, essentiellement composée de titres tirés du protest album AmeriKKKant, dernier né du groupe sorti dans les bacs en 2018. La quasi-intégralité de ce nouvel opus est interprétée, souffrant d’une certaine redondance après quelques morceaux.

Facile à comprendre – english speaking ou pas – les gaillards ne portent pas Donald Trump dans leur cœur. Les membres de Ministry n’ont pas attendu la montée au pouvoir de Donald pour affirmer leurs opinions acérées, déjà connus pour leurs propos virulents anti-Bush. Les affaires françaises y passent sans exception, avec un « fuck you Marine Le Pen » rafraîchissant, envoyé par le chanteur et repris en cœur par une audience bien d’accord !

Trois quart d’heure durant, des projections de vidéos protestataires du président US se chargent d’insuffler une atmosphère dénonciatrice au concert, illustrant les paroles bien trempées du frontman. Nous avons nommé Al Jourgensen, drôle d’oiseau d’origine cubaine, ex-héroïnomane devenu clean depuis peu ! Tout en piercings fourmillants et dreadlocks cadencées, le bonhomme parcourt la scène avec un air vivifié malgré ses 60 printemps et ses années de débauche assumées.

Trêve de politique, il est temps de passer aux choses plus sérieuses avec une deuxième partie focalisée sur les tubes de la formation ricaine. Même si la litanie anti-gouv’ est bien emmenée, certains titres souffrent pourtant d’une  certaine platitude, peinant à se démarquer les uns des autres. Un entracte impromptu vient soudainement séparer le show en deux temps, redynamisant le set assez inégal.

Consacrée aux titres d’anthologie du groupe, la seconde moitié du live sera bien plus percutante. Dansants et pêchus, les classiques entraînent l’audience dans une série de pogos effrénés ! Mention spéciale à l’emblématique et trépidant Jesus Built My Hotrod, ainsi qu’à l’entêtant Just One Fix. Gravés dans les annales du metal indus, les tubes début nineties de Ministry continueront à faire l’affaire pour les décennies à venir !


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