ULI JON ROTH 
Le Trabendo – Paris
Jeudi 20 décembre 2018




Uli Jon Roth, entre virtuose et puriste

 

En cette soirée hivernale, c’est un Trabendo à moitié rempli qui se charge d’accueillir le pionnier de la guitare néo-classique. Pas d’opening prévu pour Uli Jon Roth, mais un concert du maestro de presque trois heures, scindé en deux parties. Alors que le premier opus est consacré aux titres d’Electric Sun, le second set est majoritairement consacré aux quelques pépites des Scorpions. La salle parisienne se fait presque intimiste à l’occasion des cinquante ans de carrière de l’allemand. Pas de bousculades au programme ni de crowd surfing pour célébrer la venue d’Uli ! L’écoute de ce classic rock limpide se veut presque religieuse, en harmonie avec les musiciens.

A presque 65 piges, celui que l’on considère comme l’influence première de la légende Yngwie Malmsteen semble sans âge. La  peau parcheminée sous un bandana écarlate, le guitariste donne l’impression de venir d’ailleurs. Si l’on en croit son look new age, entre bracelets sertis de pierres précieuses et guitare ornée de plumes à la façon d’un attrape-rêve, Uli Jon Roth joue avec les codes métaphysiques, ne cachant pas son intérêt pour les univers occultes et spirituels. Emblème de l’artiste, un cheval ailé stylisé vient illustrer l’arrière de la scène, insufflant un élan atmosphérique au live. 

 

Les amoureux de sons indémodables se retrouveront dans cet ensemble empreint d’une énergie si particulière, presque ésotérique. Inimitable, la guitare d’Uli se pare de notes fluides et mélodieuses, entre solos interminables, longues intros et chant façon seventies. Entre pureté et élan symphonique, Uli Jon Roth s’inscrit à la frontière d’un rock instrumental résolument rétro. Moins virtuose que ses acolytes du G3 avec qui il a partagé une scène dans l’Hexagone quelques mois auparavant – nous avons nommé Joe Satriani et John Petrucci – le gratteux gravite dans un univers plus poétique. Éloignés de la prouesse technique, ses riffs semblent sans effort, parfois même groovy.


uli jon roth


Le maestro est accompagné de musiciens hors pair, tous capables de le suivre dans chacune de ses improvisations. Plus funk que metal, plus jazzy que hard rock, l’ex-Scorpions s’est tourné vers d’autres horizons depuis ses débuts heavy. L’homme est de nature passionnée. Toujours simple, sans fioritures, il remercie son public pour sa fidélité d’un œil pétillant d’énergie et de vivacité. Uli Jon Roth ne vient pas faire un show, mais partager une scène avec une audience plus que dévouée. L’artiste est prêt à dévoiler sa part de sensibilité.

 

Le temps d’un morceau, Uli rend hommage à son frère musicien Zeno, disparu en février 2018. Les notes de Don’t Tell The Wind seront accompagnées d’un simple cliché du frangin en noir et blanc, empreintes d’une émotion loin d’être factice. L’homme est de nature engagée : il ne craint pas de parler politique, allant à l’encontre d’une industrie largement aseptisée. Avec le titre Enola Gay – Hiroshima Today, Uli Jon Roth aborde la tragédie du nucléaire et ses conséquences sans retour. Preuve que le rock peut se faire porteur de messages à la symbolique forte !

 

Les heures de concert se cristallisent, semblant appartenir à un autre espace-temps. Uli Jon Roth et sa clique talentueuse tiennent le gouvernail d’un final endiablé sur All Along the Watchtower, avant de terminer en beauté sur une reprise de Jimi Hendrix. La salle est conquise par ce retour aux essentiels, qui ravira les puristes et les amateurs d’authenticité. En quittant la salle une fois la nuit tombée, il ne reste qu’une seule chose à souhaiter : souffler le 51ème anniversaire de scène d’Uli en sa compagnie !


 

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