Among The Living
Live Report

D-A-D – 77 au DIVAN DU MONDE 06/04/2014


 
C’est avec une certaine excitation il faut le dire que je me rends ce dimanche soir au Divan du Monde, pour assister à un anniversaire un peu particulier. En effet, les D-A-D(Disneyland After Dark) fêtent leurs 30 ans de carrière avec une tournée européenne marathon débutée en janvier et qui prendra fin en septembre prochain. Trop rare en France à mon gout, les danois aux  11 albums studio de grande facture ont le don d’enflammer toutes les salles où les frangins Binzer trainent leur cirque. Ce soir la mise en chauffe du Divan du Monde revient au groupe espagnol 77, à l’influence clairement assumée d’ACDC période Bon Scott. Pour les avoir vus au RAISMES FEST 2012 où ils m’avaient vraiment botté le cul, je ne pouvais m’attendre qu’à une prestation taillée pour ce genre d’évènement. Et la suite me donnera raison.
 
Grosse claque… Ok c’est du ACDC. Rien à dire la dessus, nous sommes bien face à un clone parfait de la période  70’s des Australiens. Et ? Me direz-vous !!  Et bien… ça dépote ! Ils n’arrêtent pas : le chanteur a la même voix quasiment que Bon SCOTT  et son frangin de guitariste est un hyper actif du manche, un fou furieux de la six cordes. 
 
 
 
Il court partout (il finira même dans la foule pour motiver la fosse à reprendre en cœur le dernier titre du set). Il est bien évident qu’il faut s’élever au-dessus de l‘éternel débat touchant chaque ersatz des terribles Australiens. Au crime de lèse majesté je préfère vouer mon énergie à  profiter d’une prestation brute et sans accrocs.
 
 
 
Les ibères vont faire monter la pression en à peine 8 titres, distillant un rock acéré et remarquablement bien interprété, le tout servi par une sono aux petits oignons. La fosse réagit comme il se doit au gimmick du groupe, mais l’effervescence reste ancrée sur la scène. Les frangins Valeta assurent un set énergique et  calibré pour les fans du genre. 
 
 
 
C’est indéniablement un excellent groupe de scène, accessible, proche du public. Si vous voulez prendre votre dose de pur Rock’n’Roll vintage à souhait, et si ces gars-là passent dans votre coin, alors n’hésitez pas une seconde, croyez-moi vous en aurez pour votre argent.
 
 
Autres frangins à l’affiche ce soir, dont la provenance nous fait faire un grand écart géographique, de la torride péninsule espagnole on passe dans le cœur rude mais toujours rock d’un Danemark iconoclaste.  D-A-Décume les salles depuis plus de 30 ans maintenant, toujours habité par le feu sacré d’un hard rock atypique et empreint d’influences venues d’un bush australien reconnaissable. Mais toute similitude avec un groupe de kangourous bien connus s’arrête là, on y trouvera certes une inspiration, mais surtout une identité propre et bien marquée.
 
 
 
Et de voir ces saltimbanques du Rock sur scène est une expérience assez unique en son genre. Comment ne pas faire un parallèle avec le cirque ? Se réjouir de voir entrer en piste les clowns et se prendre à leur jeu pendant 1h30. Jesper et Jacob, les deux frangins, font le show chacun dans leur rôle, tandis que Jigle bassiste azimuté et haute couture fait sa vie en électron libre. Les trois compères, membres originaux du groupe, sont épaulés par Laust Sonne batteur depuis 1998 et de loin le moins exubérant. 
 
 
 
La cohésion de la bande et la maitrise du set force le respect. Ici on se sent en famille et l’énergie qui s’échappe de cette formation est juste incroyable. Mais par-dessus tout c’est l’osmose entre les D-A-D et son public qui rend le spectacle si intense. Chaque couplet est connu sur le bout des doigts, reprit à l’unisson par un Divan du Monde aux deux tiers plein. 
 
 
 
C’est sur Riskin’ It All que les Danois ouvrent le bal, tiré de l’album éponyme. On donne dans le classique du groupe. Jesper harangue la fosse de sa voix à la fois rocailleuse et haut perchée, parfois donnant de la gratte, faisant monter un peu plus la température à chaque titre. Jacob, coiffé d’un haut de forme, stoïque, assure sans accrocs ses parties de guitare. 
 
 
 
 
 
Tout y passe, le meilleur de D-A-D porté par une base de fans au taquet. Et le spectacle est bien entendu assuré aussi par le plus improbable des bassistes de rock en la personne de Jig. Virtuose de la basse à deux cordes, aux nombreux instruments tous aussi improbables les uns que les autres (de la basse fusée à l’autre en tête de buffle, en passant par celle à néons…) , c’est un spectacle à lui tout seul. 
 
 
 
Le set défile et la pression ne retombe pas. On se plait à rêver que cela ne se finisse pas car la prestation est de qualité et la setlist savoureuse. J’ai adoré entendre des titres comme I Want What She’s Got, Bad Craziness ou encore l’hilarant I Won’t Cut My Hair . Mais l’heure file, et c’est après deux rappels et un finish sur It’s After Dark que les Danois quittent un public parisien aux anges. 
 
 
 
Le concert de ce soir vient de rentrer dans mon top dix 2014 avec une sérieuse option sur la première place. D-A-D manquait cruellement à mon tableau de chasse, les écoutant depuis leur tout début mais n’ayant jamais eu la chance de les voir lors de leurs trop rares passages en France. Je ne peux que vous recommander de les voir sur scène, l’endroit ou leur rock généreux et truculent ne pourra que vous séduire. Ce soir la magie D-A-D a encore agit.
 
 
Merci à 106db et Roger de Replica pour avoir rendu ce live report possible
 
 
Setlist
D-A-D
        Instrumental (Rin Tin Tin)
        Riskin’ It All
        Ride My Train
        Overmuch
        Cloudy Hours
        Nineteenhundredandyesterday
        Call of the Wild / Jonnie
        Monster Philosophy / Trucker
        Reconstrucdead
        Grow or Pay
        Something Good
        Everything Glows
        I Want What She’s Got
        Sleeping My Day Away
        Bad Craziness
 
        RAPPEL 1
        Jihad
        I Won’t Cut My Hair
 
        RAPPEL 2
        Laugh ‘n’ a ½
        It’s After Dark

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